DIT LE SAINT , ROI DE CASTILLE ET DE LÉON
( Peint sur bois. )
Ferdinand III, fils d' Alphonse IX, roi de Léon , et de Bérangère, reine de Castille, né en 1200, monta sur le trône de Castille , en 1 1 1 7 , après l'abdication de sa mère, et sur le trône de Léon, en i23o, après la mort d'Alphonse. Il réunit ainsi pour toujours ces deux royaumes.
Il épousa en premières noces Béatrix de Souabe, dont il eut Alphonse X, son successeur; et, après la mort de cette princesse, Jeanne, fdle de Simon, comte de Ponthieu; elle donna le jour à Eléonore, femme d'Edouard I, roi d'Angleterre.
Ce prince avait un caractère remarquable par son courage el ses vertus. 11 fit avec succès la guerre
aux rois maures de Grenade et de Murcie, et les força à se reconnaître tributaires de la Gastille. Les villes de Cordoue, de Séville, de Xérès, de Cadix lui ouvrirent leurs portes après des sièges glorieux pour ses armes, et il méditait la conquête de Maroc lorsqu'il fut enlevé par une hydropisie, le 3o mai ii5z.
Ferdinand III fit rassembler toutes les lois de ses prédécesseurs en un seul code régulier, sous le nom de Las Partidas; il fonda l'église métropolitaine de Tolède et l'université de Salamanque.
En 1 67 1 , Clément X mit au nombre des saints ce prince, qu'on peut du moins placer justement au rang des monarques les plus sages et des plus vaillans capitaines de son temps.
ROBERT DE FRANCE
Robert de France, comte de Clermont en Beauvoisis , seigneur de Bourbon , de Charollois , de Saint-Just en Champagne et de Oeil, chambrier de France, sixième fils de saint Louis et de Marguerite de Provence, né en 1^56, marié en 127:2 à Béatrix de Bourgogne, dame de Bourbon, de Charollois, et de Saint-Just, fdle unique de Jean de Bourgogne, seigneur de Charollois, et d'Agnès, dame de Bourbon; mort le 7 février i3i7.
De son mariage avec Béatrix, dame de Bourbon, est issue la branche de Bourbon qui est montée sur le trône trois cents ans après, en la personne de Henri IY. Il n'avait que douze ans quand il perdit son père devant Tunis. De retour en France, à peine eut-il atteint l'âge de porter les armes, qu'il
accompagna le roi Philippe-le-Hardi dans son expédition des Pyrénées, en 1271, et se signala par sa vaillance.
Dans un tournois qui lut donné au prince de Salerne, héritier de la couronne de Sicile, Robert, qui aimait à briller dans ce genre d'exercice, reçut des coups terribles dont il se ressentit toute sa vie. Sa raison même en était parfois altérée.
Le 2 5 août 1298, il porta avec ses frères le corps de saint Louis sur ses épaules, de Saint-Denis à la Sainte- Chapelle, au milieu des bénédictions du peuple.
Il fut bon, juste et généreux. 11 fonda l'hospice de Saint-Julien de Moulins, et fut enterré aux Jacobins de la rue Saint-Jacques, sous un tombeau de marbre. Le célèbre Santeuil a consacré cette épitaphe latine à ce père de tant de héros et de rois :
« Hic stirps Borbonidum , hîc primus de noinine princeps : Borbonii hic régnant, invito l'unere, Mânes. »