LOUIS-ARMAND DE BOURBON
PRINCE DE CONTI
( Peint d'après le portrait qui est dans la galerie du palais de Versailles. )
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Louis-Armand de Bourbon, prince de Conti, pair de France, comte de Pézénas, châtelain de rile-Adam, second fils d’Armand de Bourbon et de Marie Martinozzi, naquit à Paris, le 4 avril 1661 . Il fut baptisé dans la chapelle du Louvre, et fut
nommé Louis par le roi et la reine sa mère, le 28 février 1662. Il épousa, le 16 janvier 1680, Anne- Marie de Bourbon (1), dite mademoiselle de Blois,
(1) Nous avons cité dans la notice de la princesse de Conti, n. 287, quelques vers qui furent faits à l’occasion de la passion qu’elle avait inspirée au roi de Maroc. Voici ceux que composa J.-J. Kousseau sur le même sujet : « Votre beauté, grande princesse ,
» Porte les traits dont elle blesse » Jusquesaux plus sauvages lieux.
» L’Afrique avec vous capitule ,
» Et les conquêtes de vos yeux » Vont plus loin que celles d’Hercule. »
légitimée de France, fille deLouisXIVet de madame de La Vallière.
Les soins dévoués qu’il prodigua à sa femme, qui était atteinte, à Fontainebleau, de la petitevérole, causèrent sa mort : il expira le 9 novembre i685.
Ce prince avait été fort dévot dans les premières années de sa jeunesse; mais bientôt il avait laissé là ses habitudes religieuses, et s’était lié avec ces jeunes seigneurs débauchés qui avaient formé à la cour, une coterie dont le libertinage et l’irréligion étaient les bases. Il faisait gloire de sa mauvaise conduite et de sa prodigalité, choses qui déplaisaient singulièrement au roi. A ces funestes penchans, il joignait de brillantes qualités , de l’esprit et de l’instruction. Il donna de bonne heure de son mérite et de son courage les plus hautes espérances. En i683, il fit sa première campagne, et se distingua aux sièges de Courtray et de Dixmude; en 1684, à celui de Luxembourg, où il commandait un régiment, il fit des merveilles de bravoure. Il désirait beaucoup aller combattre en Allemagne. Le roi, qui l’en avait empêché d’abord, le lui permit bientôt. Il partit avec son frère, le prince de La Roche-sur-Yon, et le prince de Turenne. Il as-
sista à la bataille de Gran, le 16 août i685, et à la prise de Nervhausen, le 19 ; il y déploya le plus grand courage.
Il mourut sans enfans, et fut enterré à Valéry, dans le tombeau des princes de sa maison.