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DUC DE LONGUEVILLE

Henri d'Orléans H, duc de Longueville, fils de Henri d'Orléans I, duc de Longueville, et de Catherine de Gonzague de Clèves , né le 27 avril 1 5g5 ; marié i° à Louise de Bourbon; 2 0 , le 2 juin 1642 , à Anne-Geneviève de Bourbon; mort le 1 1 mai i663.

Lorsque les grands seigneurs de la cour de Marie de Médicis s'élevèrent contre la scandaleuse faveur du maréchal d'Ancre, le duc de Longueville prit parti pour les princes dans cette querelle qui faillit à renverser la régence. La cour, pour apaiser ce prince, lui donna le gouvernement de Picardie, à l'exception de la citadelle d'Amiens, que le favori se réserva, comme place de sûreté. Moins flatté du don que blessé de l'exception , le duc de Longueville osa s'emparer à main armée de Péronne, dont Concini était gouverneur : il soutint même avec succès

son usurpation contre les troupes que la reine lui opposa en 1616. « Après l'entreprise de Longue- » ville, disait Sully à Marie de Médicis, votre au- » torité n'est plus rien pour les affaires et pour le » conseil ; elle est touté entre les mains du prince » de Condé. » Mais cette opposition cessa en 1620, lorsque Louis XIII se décida à marcher en personne contre la Normandie, dont le duc de Longueville était gouverneur : ce duc écrivit au roi une lettre pour l'assurer de sa soumission. Dans les premières années de la régence d'Anne d'Autriche, il fut envoyé à Munster comme plénipotentiaire, pour travailler à la paix générale qui se traitait en 1647 entre l'empereur, la France et toute l'Allemagne. A son retour en France, la reine lui fit un accueil plein de bonté, et lui donna ses entrées au conseil , privilège dont les princes du sang avaient seuls joui jusqu'alors. Ces faveurs ne l'empêchèrent point de se jeter dans le parti de la Fronde. Lorsqu'en 1649 Anne d'Autriche enleva le roi de Paris, le duc de Longueville avait d'abord suivi la cour à Saint-Germain ; mais , sur une lettre de la duchesse sa femme, qui le rappelait dans la capitale avec le prince de Conti, il se remit en route pour Paris. Le prince de Conti fut enchanté de quitter Saint-Germain, où il

régnait uii lel désordre, un tel abandon , « que la » duchesse d'Orléans et Mademoiselle avaient cou- » ché une nuit sur la paille , et qu'en peu d'heures » la paille était devenue si chère à Saint-Germain , » qu'on ne pouvait pas en trouver pour de l'ar- » gent (i). » Quant au duc de Longueville, il s'arrêta sur le chemin de Paris, et dit au prince de Conti : « Monsieur, retournons auprès du roi, et ne » mettons point le feu aux quatre coins de la France , » comme il est indubitable que cela arrivera par » notre séparation. » Ce jeune prince, qui était plus complaisant pour sa sœur que le mari pour sa femme, demeura inébranlable dans sa résolution. Leur arrivée imprévue donna l'alarme à la bourgeoisie qui gardait la porte. Elle refusait d'ouvrir; . il fallut aller chercher le coadjuteur. Gondi courut à la porte avec une escorte, aux flambeaux, ce qui donna à l'entrée du prince un air de triomphe. Dès le lendemain il s'éleva des difficultés pour le commandement général. « Le duc de Longueville avait » un brevet d'un de nos rois , par lequel il préten- » dai t devoir passer irara éd i atemen t après les pri nces » du sang : il croyait de plus qu'un bâtard du sang » royal de Valois, tel que le comte de Dunois dont

(1) Mémoires de madame deMotlcville, tome v.

» il était descendu , qui a eu l'honneur de rétablir » le roi sur le trône de ses aïeux, méritait de devenir » légitime et de prendre ce rang dans le Parlement, » ou du moins de l'emporter sur le duc d'Elbeuf(i).» Après maints débats, il fut convenu que le prince de Conti serait généralissime; que le duc de Longueville l'aiderait de ses conseils, et que le duc d'Elbeuf serait son lieutenant -général. Quelque temps après, les affaires de la Fronde ne paraissant pas aussi brillantes que ses partisans cherchaient à le faire croire, le duc de Longueville partit pour la Normandie, afin d'y recruter un nouveau corps de troupes (2).

(1) Mémoires de madame de Motteville, tome v.

(2) On trouve dans le recueil des pièces de la Fronde un Dialogue de M. de Longueville. et de la Normandie sur les misères de la France.

M. de Longueville lui parle en vers, et la Normandie, plus humble, lui répond en prose : .

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