LE DUC
« Us épuisent d'or les provinces ,
• Farcissent leur avidité,
. Ne laissant partout, môme aux princes,
• Que la seule mendicité.
» Plutus avecque ses richesses » Est seul objet de leurs caresses , » Et Thémis ne parle jamais, » Car on la traite comme folle, » Et en lui ô tant le palais
• On lui fait perdre la parole.
• On voit chargé de bénéfices , » Et sous une mitre en repos,
Mais enfin le Parlement fit sa paix avec la cour. Le duc de Longue ville revint de Normandie pour offrir à son tour ses hommages à la régente. « Cette » princesse le reçut gravement. Il en parut interdit; » il pâlit, puis devint rouge; et ce fut toute sa ha- » rangue (i). »
Anne d'Autriche, toujours inquiète de l'influence du prince de Condé, prit le parti de le faire arrêter avec le prince de Conti et le duc de Longueville. « Cela fut résolu dans une conférence entre la reine, » Mazarin et moi, dit le cardinal de Retz. Le 1 8 jan- » vier i65o, lorsqu'ils vinrent au conseil, Guitaut, » capitaine des gardes de la reine, arrêta M. le » Prince ;Cominge, lieutenant, arrêta le prince de » Conti, et Cressi, enseigne , arrêta M. de Longue- » ville... On prit les armes, que je fis aussitôt poser
» Un âne embourbé dans les vices ,
» Qui sait mentir bien à propos.
» On voit des chevaux de carrosses
» Courbés sous le poids de leurs crosses.
» Pourquoi travailler nuit et jour,
• Puisqu'une once de bonne mine, » A plus de poids dedans la cour
• Que deux cents livres de doctrine? »
LA. NORWAPID1E.
« Paris attend la victoire de notre juste fureur ; nos forces unies arrache- » ront des palmes à l'envie , cl notre colère légitime trouvera parmi les na- » lions et la postérité des admirateurs sans imitation , et non pas des imila- » leurs sans admiration. »
(1) Mémoires de madame de Molteville, tome vi.
» en marchant avec cinq ou six flambeaux devan f » moi par les rues. M. de Bouillon alla en diligence à » Turenne : M. de Turenne se jeta dans Stenay (i). »
Déposés d'abord au château de Vincenues , ces trois
princes furent transférés de là à Marcoussis, sous le prétexte que Turenne s'avançait avec les Espagnols pour les délivrer; ensuite au Havre, sous la conduite du duc d'Harcourt. C'est là que Mazarin vint les trouver lui-même pour briser leurs fers : Condé, Conti et Longueville revinrent à Paris le 16 février i65i.
Depuis cette époque le duc de Longueville renonça aux factions qui avaient troublé l'État. 11 vécut moins à la cour que dans ses terres, où il savait se faire aimer. On voulait qu'il défendît la chasse aux gentilshommes ses voisins. « J'aime » mieux, répondit-il, des amis que des lièvres. » « M. de Longueville, dit le cardinal de Retz, avait, » avec le beau nom d'Orléans, de la vivacité, de • » l'agrément, de la dépense, de la libéralité, de la » justice, de la valeur, de la grandeur, et il ne fut «jamais qu'un homme médiocre, parce qu'il eut » toujours des idées qui furent infiniment au-dessus » de sa capacité. »
(1) Retz, tome h.