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» afféteries et les grimaces. La galanterie me déplaît » infiniment, et j'aurai toujours pour but de le té- » moigner dans toutes mes actions. J'ai beaucoup » d'aversion pour la parure, et ne tiens point de » temps plus mal employé que celui que l'on met » à s'ajuster. Il est vrai que la négligence que j'ai » pour cela est excessive. J'aime la liberté et la » commodité sur toutes cboses, et suis ennemie » jurée de la contrainte et des complaisances. Une » des choses qui me touchent le plus est une con- » versa tion jolie et spirituelle, exempte de toutes » sortes de médisances et de railleries piquantes : » je ne les puis souffrir, non plus que les personnes » qui prennent plaisir à rompre en visière ; et peut- » être ^uis-je un peu trop délicate sur ce chapitre. » J'ai la dernière fidélité pour mes amis, et je garde- » rais le secret qu'ils m'auraient confié quand bien » même ils voudraient rompre avec moi. Je ne » m'emporte point de telle sorte contre mes en- » nemis, que je ne sois toujours en état de leur » faire justice. Je n'ai pas moins d'aversion pour » l'hypocrisie, l'artifice et la dissimulation. Je ne » parle ni bien ni mal, mais beaucoup trop vite; )> mon style de lettres est fort commun, et je n'é- )> cris que lorsque je ne m'en puis dispenser. J'ai
» trop peu d'application pour les choses qui ne » me concernent pas, mais je faiS beaucoup de ré- » flexions sur mes actions. J'aimerais assez le bien » et l'abondance; mais ce désir ne procède princi- » paiement que de l'envie que j'aurais d'en faire » part à plusieurs. Je suis si aisée à servir, que l'on » m'accuse de trop d'indulgence pour les personnes » qui sont auprès de mqi. Je me vante de connaître » assez tôt ceux que je fréquente.
» Voilà à peu près l'opinion que j'ai de moi- » même : c'est aux autres à juger si je me fais justice » ou grâce. »
Marie-Charlotte de la Trémouille, mourut le i[\ août 1682. Elle avait été l'une des dames de mademoiselle de Montpensier.