‹ Le Château de Bagatelle, 1715-1908 d'après les documents inédits des Archives nationales, des Archives de la Seine et des mémoires manuscrits ou imprimésChapitre 28 sur 146 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

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A BAr.A'lKLLi:

Drdicacc» à la Hciiio. — Vcic h roccasion du mariage de (^rcilc de .M()iic()I»s(m1 avec M. de la Tour du IMii. — l'rle j)()iii' la naissance de (lécilc-Su/.anno (l(> la Tour du Pin. — Fclc en l'Iionncnr de M. do Hichclicu. — Une lelli-e de Favail. — Diner eL l'ète en l'honneur du roi Stanislas Leczinski à Ha^alelle. — i-'èle donnée au roi Slanislas I.ec/.inski le 5 sepIcMuhre IToT.

Le succès (le Mme de Pompadour auprès du roi, et par cela même son inlluence^ avait enlevé de l'esprit de Mme de Monconseil l'idée de devenir sa complaisante en lui procurant de nouvelles maîtresses.

Guidée par son caractère facile^ toujours jeune et ^aie, et voulant occuper ses loisirs, elle se mit à donner djins sa maison de Bagatelle des fêtes qui restèrent comme un modèle de ce que l'on faisait de mieux à l'époque, par la g-alanterie et l'impromptu.

Les renseignements très circonstanciés que nous pouvons donner au sujet de ces fêtes ont été pris par nous dans trois petits volumes manuscrits, aujourd liui à la bibliothèque de l'Arsenal ', et qui furent olferts à la reine Leczinska avec la dédicace suivante :

A i..\ ukim:

Sur ces vers consacrés à votre illustre Père, (irande reine, un niomenl dai<jfue/. jeter les yeu\.

J'ay londé iespoir de vous plaire

Sur un titre si glorieux. '

Le zèle et le respect leur donna la naissance

Stanislas se plut à ces jeux :

La ^aîté des humains est une récompense

Pour un roi qui les rend heureux.

Et quel fut mon bonheur, le jour que sa présence

1. Bibliothèque de l'Arsenal, niss. 3.2(»*». 3.i>T0, ii.i'TI.

42 iiis'ioiHi; 1)1 ciiAïKAi i)i; iîacai i;[jj-;

IIoiioiNi col ;isile, où l'.il loiid.'iieiil nos vomjx !

l'^iiclunités (If; le voir, empressés de l'eiilendre, ■

\os mnins le c'ouronn*nent de fleurs.

Vènùiré diiii respect relig-j'eux et tendre,

Sur ses pas nous versions des pleurs,

(^)ue le sentiment l'.iit répandre

l'^t qui sont le charme des cœurs.

Le voilà, disions-nous, ce roi sensible et juste. L'appui des malheureux, et l'exemple des *,''rands, Héritier de l'esprit et des vertus d'Auf,^uste ; Il protèf:;e, il éclaire, il chérit les (alens.

S'il faut que son ran^ en impose

Il rassure par sa bonté.

Jouir de notre amour est sa félicité, Pour hommage, il ne veut que le bonheur qu'il cause. Si Ton connaît un roi qui vous donna le jour A ces traits signalés du monarque et du sa^e, Sa fille qu'on adore y pourrait à son tour

Reconnaître aussi son image.

Qui ne les voit en vous, ces dons que vous tenés

De votre céleste origine

Tels que ces rayons émanés

D'une source pure et divine Pour servir au bonheur des peuples fortunés.

Ainsi, quand l'équitable histoire

Pour son chef-d'œuvre le plus beau Gravera vos portraits au temple de Mémoire Un pinceau suffira pour ce double tableau ;

Et les Muses de la Patrie En traitant ce sujet pour elles plein d'appas

N'ont qu'à répéter pour Marie

J^es éloges de Stanislas.

Si nous en parlons plus longuement dans un autre chapitre, nous sommes obligé de dire ici que Mme de Monconseil, quoique ayant toujours cherché à éloigner d'elle son mari, en avait eu trois enfants : un fils mort en bas âge ; une fîlle, Cécile-Marguerite-Séraphine, qui vers 1745 avait une quinzaine d'années ; puis une autre fîlle qui, née le î) avril 1750, fut baptisée sous les noms d'Adélaïde-Félicité-IIenriette et surnommée bientôt par les amis de la maison : Bijou. ■

La première des fêtes données à Bagatelle le fut à Toc- ■

FÊTES DONNÉES A HAGATELIX 43

casion du mariao^e de Cécile de Monconseil avec M. de la Tour du Pin.

En voici le résumé :

Des villao^eois avant à leur tête les jeunes fiancés se présentent devant le niagister du villa«^e qui leur tient une harangue. Puis, Lucas et Ninon chantèrent une suite de couplets taquins sur l'amour.

L'essai fut heureux ; quoi(jue court, le divertissement fut très g'oûté des invités, et Mme de Monconseil, encouraii'ée, donna une nouvelle fête à l'occasion de la naissauce de Cécile-Suzanne, hi tille de Mme de laTour du Pin.

Le prolog-ue se composait d'un dialog-ue entre une jeune ïee, un génie et Lubin; puis, ces mêmes personnages chantèrent un certain nombre de couplets, et quand ils eurent fini survint une vieille fée.

La pièce de résistance était une comédie en vers VAimint jardinier \ et la fête se termina par un vaudeville de circonstance.

Parmi les personnes qui formaient l'intimité de Mme de Monconseil était la comtesse d'Egmont, cette reine des fêtes, fille du maréchal duc de Richelieu. Aussi, (juand celui-ci revint de son expédition de Minorque et qu'il vint visiter la gracieuse marquise dans sa petite maison du bois de Boulogne, il y trouva une grande atîluence de monde et assista, surpris, à une fête qui venait d'être rapidement préparée en son honneur -.

On y joua le Mariage par escalade avec son prologue, et les acteurs furent les comédiens ordinaires qui interprétaient les pièces de Favard, c'est-à-dire : Mlle Haletti ^ Mlle Silvia, M. Prévile '^ et M. Desbrosses \

1. L'Amant jurdinier, ou la Plaisanlerie de cainpayne, est uno comédie composée par Favarl, et qui l'ut imprimée dans ses onivres avec (inehfues chani;ements sous le nom de le Jardinier suppose.

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