‹ Le Château de Bagatelle, 1715-1908 d'après les documents inédits des Archives nationales, des Archives de la Seine et des mémoires manuscrits ou imprimésChapitre 29 sur 146 · Otte l'été eut lieu le !) septembre iT.'id · texte numérisé non relu

Otte l'été eut lieu le !) septembre iT.'id

'.]. Gianetta-Roza-lîenozzi Haletti, actrice de la Comédie-Italienne, née à Toulouse vers 1701, morte en ITOI. connue sous le nom de Silvia. Son mari, éf;alement acteur à la Comédie-Italienne, mourut en 17(»:2.

4. Pierre-Louis Duhus, tlit Préville, né à Paris le 17 septembre 17:21 ; il était entré à la Comédie-Française où il se lit applaudir dans les rôles de Crespin du I^ét/ataire iinirersei et des Folies amoureuses, de Sjjanarelle du Médecin malgré lui, de la Kissole du .Ue/uw/re Galant. On a pu dire qu'il avait le plus qu'il était possible approché de la perfection.

5. Robert Desbrosses, né à Honn, sur le Uhin, en 171!), fut acteur,

44 iiisifHiu; 1)1 (;iiAii:\i di; wmwtiajj-:

(^el ()|)(''i'a-C()mi(jUO iH.'ul du rcîstc^ dcMlié à Mme de Moiicouseil par 1 auteur, FavarL'% dont voici la lettre d'envoi :

Madame,

C'est pai' vos ordres (jiie j'ai comj)Osé ce pelil opéracomique: vous ave/ eu la honlé de me guider, je vous en dois le succès. Daignez en agréer l'hommage. Prétendre vous oll'rir un ouvrage digne de vous serait une prétention ridicule ; mais l'occasion de vous marquer mon zèle et ma reconnaissance est un avantage que je ne dois point laisser échapper.

Je suis avec le plus profond respect. Madame, votre très humble et très obéissant serviteur.

Fa VAUT.

Deux jours après, le samedi 11 septembre, ce même opéra-comique était représenté pour La première fois sur la scène de la Comédie-Italienne, à l'occasion de la j)rise de Port-Mahon. On peut donc dire que M. de liichelieu avait assisté à Bagatelle k la répétition générale dune petite œuvre faite en son honneur ^

On sait, par les notes que nous avons données dans le précédent chapitre, les relations qui existaient entre la famille de Mme de Monconseil et le roi de Pologne, Stanislas. Plusieurs membres de sa famille avaient des charq-es à la cour de Lunéville : elle-même avait été dame d'honneur de la feue reine de Pologne, Opalniska.

Or, Stanislas Leczinski-, alors souverain des duchés de Bar et de Lorraine, venait chaque année à Versailles

instrumentiste et compositeur, Tarliste dramatique réputée des Ftaliens, Marie Desbrosses, est sa iille.

1. M. le duc de I^uynes, t. XV, p. 221, dit : « Le mariage de M. de Bi'issac, et la présence de M. de Richelieu ont donné lieu à beaucoup (le l'êtes. — M. le président Ilénaull en donna une a\ant-hier à la noce de Brissac : musique, grand souper, l'eu d'artifice ; tout réussit à merveille. Mme de Monconseil en donna une hier (M. le duc de Luynes écrit le 10 septembre) à M. de Richelieu, à sa petite maison de Bagatelle dans le l)ois de lîoulogne: comédie laite exprès, chansons, pastorales, etc. »

i. l()77-l7(Hi.

FÊTES DOiNNÉKS A lîAGATELLl-: 45

voir sa fille, Marie Leczinska ' et. son ^'•ciulre, le roi de France.

Mme (le Monconseil désirait îirdeniment (jii'il lui rendit visite, et après bien des déniarelies uljtint la faveur quelle enviait.

Le mercredi 2 septembre IToG, le roi de Polo^nie ([uitta Clioisy et se rendit à l^agatelle, où il dîna. « Mme de Monconseil, qui sait que ce prince aime à man<i;-er de bonne heure, avait envoyé au-devant de lui pour savoir le moment précis de son arrivée. 11 trouva le dîner servi en descendant de sa voiture-, »

Le manuscrit de l'Arsenal donne les détails suivants :

« Ce divertissement tut l'ail, imaj^iné et exécuté en vingt-quatre heures. L'idée des principaux couplets, fut tirée dune lettre charmante du roi de Pologne à Mme de Monconseil sur un faux pas qu'elle avait fait et qui fut le motif de la visite de Sa Majesté k Bagatelle, dont elle ne l'instruisit que la surveille. Ce fut le 2!) septembre 175() que Sa Majesté arriva à Bagatelle k 10 heures du matin et se mit k table en descendant de carrosse ; la nécessité d'épargner le temps lit donner pendant le dîner le divertissement de la curiosité et de tous les couplets qui l'accompagnaient. »

Plusieurs Savoyards et Savoyardes étaient entrés en jouant de leurs vielles et en criant : « (Jui veut voir la rareté et la curiosité^ la pièce curieuse? » L'un deux posa la curiosité sur une table et en donna l'explication suivante : « Ah ! vous allez voir, messieurs et mesdames, tout ce que vous allez voir : Voici premièrement le château de Gommercy ; remarquez bien le château d'eau j)araît un ouvrage de la magie. Ah ! voilà maintenant le Malegrange-^ palais de féerie, où le goût l'emporte sur celui de la richesse et de la.magnilicence. ^'oyez combien de seigneurs et de belles dames y composent une cour brillante. Ah î vous n v vovez point de ces courtisanes a double visage, et la vérité n'v laisse rien à dire k la liât-

tarie. » Puis le Savovard chanta :

'2. Mémoires du duc de Lni/iies, à la tialc du lîU scplomhrc.

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