‹ Le Château de Bagatelle, 1715-1908 d'après les documents inédits des Archives nationales, des Archives de la Seine et des mémoires manuscrits ou imprimésChapitre 45 sur 146 · ÉTAT DES CONSTRUCTIONS DK 1 750 A · texte numérisé non relu

ÉTAT DES CONSTRUCTIONS DK 1 750 A

enduit g-énéral jusqu'à la hauteur des apuis de fenêtres du l^rand apartement après avoir avisé tous les joints pour en reconnaître d'autant mieux l'état des niui-s dans toute leui' étendue.

Nous avons examiné ensuite les autres bàtimens accessoires, où nous n'avons trouvé que quekjues réj)arations locatives. excepté à l'écurie principale, -en-dessus de hiquelle lo^e le jardinier ou concierge, dont les plates-foi-mes du plancher sont fendues et cassées, ainsi qu'une des pièces qui les suporlent, ce qui exij^e une réparation prompte.

Voilà ce qui nous a paru de plus essentiel en *>rosses réparations et qui nous semble devoir être suportées par Sa Majesté, et aussi il serait très difficile d'arbitrer ce à quoi cela pourrait monter; nous estimerions que, pour ne point exposer le Roi à une dépense arbitraire, l'on pourrait allouer une somme de 1^.000 francs à Mme de Monconseil qu'elle ferait employer aux réparations susdites, en se charj^eant de l'excédent s'il en survenait et dont les Bâtiments reconnaîtraient l'emploi.

A Paris, le 14 juin 17()4.

Gabriel Soufflot.

La pauvre mar([uise n'était pas au bout de ses peines, l^^lle fut encore déboutée de ses demandes. Dans la lettre de refus que lui adressa M. de Marigny, il est encore dit ([ue jamais Bagatelle n'a été considéré comme porte du bois, mais comme dépendant de lu Muette et appartenant au Roi, par conséquent tombant dans le casuel du gouverneur qui, par son droit, peut en disposer par rente ou autrement sans être tenu aux réparations foncières pas plus qu'à Madrid. Elle obtint seulement de faire faire à ses frais un mur de clê)ture.

Elle répondit alors ce mot à M. de Marigny :

Quoiqu'on perde son procès, l'usage est. Monsieur, de remercier ses juges ; je m'étais llattée qu'appuyée de votre suU'rage, j'obtiendrais une décision plus favorable; fondée sur ce qui a toujours été pratiqué par nos prédécesseurs ; mais puisque le Roy a prononcé, il ne me reste qu'à me soumettre, et à vous renouveler. Monsieur, les sentiments avec lesquels j'ai l'honneur d'être votre très-humble et très-obéissante servante,

Marquise ni-: Monconsku..

A Paris, le 25 mai.

8(; iiisioiiU': 1)1 cFiATRAi: m: i'.A(iATi:iJ,r:

l^illc lie se tint cependant j)as pour battue, et, avec une constance (li*^n(' (Tun meilleur succès, Mni(; de: Monconseil reprit ses démarclies.

(In nouveau rapport lui lait sans plus de résultat ; le voici :

Happorl (lu 2.') scp/cnihrc J "/()'>

Les places de portiers du bois de iioulof^ue ont été acquises par dilFérentes personnes, comme M. le Normant, Mme de Monconseil et antres, dans la seule vue de se procurer des maisons de plaisance ; outre ces portiers titulaires il y en a d'autres particuliers pour la sûreté des portes : en sorte qu'il n'est point de ces portes où il n'y ail une maison de plaisance, indépendamment du logement du portier particulier faisant le service.

Il n'est aucune des personnes qui ont acquis ces places de portiers qui ne demandent que les réparations de leur maison de plaisance soient faites par les bâtimensde\'otre Majesté, et elles se fondent sur ce qu'elles ne sont qu'usufruitières de ces maisons, qu'elles ont acheté cette jouissance fort cher, et que Votre Majesté entretient la clôture du bois de Bouloj^Mie et les logements des portiers.

... Entre autres personnes qui m'ont demandé des réparations, Mme de Monconseil, qui a acquis la petite maison de Bagatelle, me sollicite depuis longtemps pour faire faire par les bâtiments celles de la maison, sous le prétexte qu'elle est une des portes du bois de Boulogne.

Suivant le compte que je me suis fait rendre de ces réparations, elles sont considérables : mais quand elles seraient moindres, je croirais devoir suplier très humblement Votre Majesté pour éviter à l'avenir toute demande de cette nature de m'authoriser à mander à Mme de Monconseil, que \ otre Majesté m'ordonne de ne faire faire de réparations qu'aux seules maisons qui servent de logement aux portiers faisant le service et aux murs de clôture.

Le il avril 1767, elle prie M. l'abbé de Laville de faire parvenir à M. de Marigny un nouveau mémoire et la lettre suivante :

Dès l'année passée. Monsieur, le Boux votre ancien serviteur, m'avait assuré que vous voudriez bien m'accorder votre appui auprès de M. le marquis de Marigny pour la demande la plus juste et la])lus bornée ; cependant je ne vous cacherai pas^

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Monsieur qu'auparavant on lui a présenté Tobjet sous des voies très mal fondées, ainsi qu'il vous sera facile (Vcn ju^er par Texposé du mémoire cy-joinl, (|ui répond aux objections et établit le droit sans réplique ; mais comme le meilleur a besoin d'asile, je vous aurai la plus incij^ne des obligations de vouloir bien appuyer mon mémoire et en démontrer la justice à M. le marquis de Mai ignv ; accorde/.-moi, Monsieur, celle d'être persuadée des sentiments de reconnaissance que j'en conserve, ainsi que tous ceuxavec lesquels j'ai l'honneur d'être votre...

De Monconseil.

11 avril.

M, l'abbé de Laville remit la lettre et le mémoire à M. de Vahinv, qui, donnant le tout à M. de Marig-ny, lui demanda quelle réponse il devait faire.

(( Je vais représenter la question au Conseil, » dit-il.

Du rapport d'avril 1707, on peut extraire les passag-es suivants :

La maison a toujours été regardée comme appartenant au roi et dépendant du château de la Muette. Tombant dans le casuel du «gouverneur qui, par un droit de ce gouvernement, peut en disposer viagèrement, soit par vente ou autrement sans être tenu aux réparations foncières pas plus qu'au château de Madrid ni autres dépendances qui se font aux dépens des Bâtiments du Roy comme bailleur de fonds.

C'est la première fois qu'on a formé cette diiïiculté pour la maison de Bagatelle dont M. de Tournehem avait jugé les réparations foncières comme si justes qu'il les avait toujours accordées et ordonnées tant pour mur de clôture, du nouveau potager donné par le lîoi à Mme de Monconseil qu'autres de pareilles espèces pour les fondations.

Or, dans l'intervalle, Mme de Monconseil avait fait réparer tant bien que mal les bâtiments de Bagatelle, afin de les rendre log-eables'. Afin de forcer, pourrait-on dire, la main des conseillers, elle écrivit, le Ti mai 17(17, la lettre suivante :

.levons (mot illisible) Monsieur, de prendre la liberté de vous importuner aussi souvent, mais vous savez le proverbe sur les gens qui n'ont qu'une alï'aire; je crois la mienne si juste que je

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