Voir appendice ii
Mmes de Bassompierre, et de Talmont; M. le maréchal de Goigny, l'abbé de Boulïlers. M. le duc de Luynes, M. de la Galaisière, M. de Croix, M. de Gursay, frère de Mme de Monconseil ; le président llénault, M. de Tressan, le chevalier de Listeiiois, et quelques autres dont les noms ne nous sont pas parvenus.
Mais, parmi cette réunion d'aimables et ^'•alantes femmes, autour desquels papillonnaient les hommes à la mode, il faut citer en premier lieu Mme la maréchale de Luxembourg".
Madeleine-Anii;'élique de Neufville-Villeroy ' avait épousé, le lundi 15 septembre 17:21, Joseph-Marie duc de Boulïlers, né en 170G. Voilà ce qu en dit M. de Lescure :
(( Les deux époux avaient trop le même esprit, le même caractère et surtout le même tenq:)érament, pour qu à une époque comme la Ké^ence leur union fût loni,'-tenq)s tranquille et dij^-ne -. >•
Le duc de Boulïlers ne tarda du reste pas à se compromettre dans une scène de débauche di^ne des jours les plus cyniques de la cour des Valois. Il y litroui^ir les plus eiîrontés, si bien qu'il souilla les bosquets de \ ersailles.
Mais l'impudeur n'était-elle pas alors maîtresse de la cour? La vie éhontée du duc de Boulïlers lui lit son renom et il le porta lièrement jusqu'à sa mort (juillet 1747).
Il laissait un lils qui prit le titre de duc de Boulïlers et qui venait d'épouser Mlle de Montmorency de Flandre (avril 1717).
Mme de Boulïlers, riche de plus de 80.000 livres de rente, dont la mort de son lils (septembre 1751) allait lui laisser l'entière disposition, était entourée de nombreux amis. Elle avait gardé auprès de la reine la faveur dont son mari était honoré, et, en juillet 1747, elle se retira de la cour, obtenant pour sa belle-lille la place de dame du palais, décidée à vivre dans le calme et la considération
1. Pctitc-fille du maréchal de Villcroy, née en 1707, morte en 17N7.
2. Prélacc do la correspondance de Mme du Delland par ^L de Lescure. GXLIII. Voir aussi le Journal de Barbier cl les Mémoires de Miilhieu Marais.
96 iiisioiMi; i)i; ciiAiiiAi: hi: I'.A(.a i i;ijj:
auxquels clic avait droit pai' s(jn iioin, ses amitiés et sa ioi'lune.
Cet exil volontaire surpi'it quei(jue peu ceux (|ui la connaissaient pour avoii" été une des |)lus g-alantes lennncs de la régence et du règne.
Puis, soudain, on apprit qu elle épousait un de ses
anciens amants, à la paroisses de la Madeleine, dans la
nuit du 2(i au 21 juin IT.'iO. Ln mois plus tard, M. le duc
de Luxembourg prêtait serment entre les mains du roi
(24 juillet) pour la charge de capitaine des gardes du
corps ' .
En chanq-eanl de nom, elle voulut obtenir la considéra '
ration. Elle s'appliqua dès lors, par sa grâce, son tact, son habileté et sa patience, à effacer le mauvais souvenir de ses nombreuses galanteries.
11 a fallu à cette femme, jadis si décriée, et dont la honte courait les rues, d'être fredonnée par les palefreniers et les soldats aux gardes qui savaient, comme tout ^ ersailles, les malins couplets de Tressan, lequel n'avait pas volé le soufflet dont ils furent payés - :
Sur Tair : De l'amour tout suhil les lois.
Quand Boufïlers parut à la cour, On crut voir la mère d'amour:
Chacun s'empressait de lui plaire, Et chacun Tavait à son tour.
toute une série d'adroites manœuvres pour arriver à exercer <( depuis 1750 la tyrannie de la mode et du bon ton, laissant à Mme du Deffand le gouvernement des choses de l'esprit '' ».
Car on ne comptait pas ses amants : c'était MM. de Eirmacon, de Riom, de Richelieu, de Luxembourg, de Duras, le comte de Paul Saint-Maurice, le comte de Frise, l'auteur Chassé, pour ne citer que les principaux.
Cela n'empêcha pas que celle (( qu il fallait que tout
1. Voir les Mémoires du duc de Luynes^ [. Xlll, p. 203, 270, 376 ; t. IX, p. 268, 457 ; t. X, p. 288.