‹ Le Château de Bagatelle, 1715-1908 d'après les documents inédits des Archives nationales, des Archives de la Seine et des mémoires manuscrits ou imprimésChapitre 50 sur 146 · De Lescure, LXXIIl · texte numérisé non relu

De Lescure, LXXIIl

LEvS AMIS DE MADAME DE MONCUNSEIL î)7

homme de bon air mît sur sa liste » ' ne travaillât si bien « par l'esprit, par la gràee, par la flatterie, par la crainte, par ses beaux yeux qui lui ét;nent restés, p;u' cette lang-ue de vipère qui ne faisait que des blessures' mortelles » -, qu'elle arriva non seulement à la considération, mais au respect.

Elle pesa sur la jeune cour et sur la littérature, gardant une despotique domination ; k ce point même qu'une présentation à la cour, en i7()0, ne suffisait pas: il fallait être agréé par Mme de Luxembourg. L'aveu du roi donnait le rang, l'aveu de la maréchale donnait l'opinion. Elle s'éteignit le 23 janvier 1787. « Elle resta jusqu'à sa dernière heure une vieille charmante, pleine d'esprit et de vivacité \ »>

Toute autre était Mme la comtesse d'Egmont, connue pour une brillante héroïne de fêtes et de plaisirs '\

Fille du séduisant et galant duc de Richelieu et de la princesse Elisabeth de Lorraine, héritière des Guises, elle fut privée de sa mère alors qu'elle était encore fort jeune. Sophie-Jeanne-Septimanie de Richelieu fut tendrement élevée par la duchesse douairière d'Aiguillon. Son père ne cessa de l'adorer, à travers l'extrême dissipation de sa vie corrompue.

Elle l'accompagna, du reste, dans son gouvernement de Guienne, et ligura en reine au milieu des fêtes qu'il y prodigua. Elle s'était fait elle-même par sa grâce et sa beauté une sorte d^empire qui s'étendait jusqu à Paris et même jusqu'à Versailles.

De ce moment, la comtesse d'Egmont fut l'hôtesse obligée de toute fête. Elle assiste aux magnifiques réjouissances que le riche Bordeaux du xvni*' siècle multipliait ■% et on la retrouve dans les galantes journées arrangées par Favart que l'aimable marquise de Monconseil donnait

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