LA FOI.IE I) ARTOIS
Arhiil de Hnçfnlollo — Lofi cona/riicf/ons (lu nouveau c liai eau.
Lo comlo d'Artois aclirlo Ba^alollo au pi-inco do (^hiniay. — \Wlang^C!" l'ail los plans dos nouveaux l)âtlin(Mits. — l'^xlrail du journal do Bacliauinonl. — LoUros do Moivy à Mario-Tliôrôso. — La dirootion dos hàlimouls, — Lo plan g-ônôral. — l)osori|)lion dos hâtinionts. — Ai)erçu des jardins. — Liai dos dô|)onsos. — La pompe à feu. — Premières réparations. — Pauvrolé de Belanfji'er. — Les dé|)onses do Mme la comlesse dWrtois. — Les oréanoos du comlo d'Artois.
Le passag-e du prince et de la princesse de Chimay à Bai^alelle do 1770 à 1775 n'a laissé aucune trace intéressante.
Le comte d'Artois, second frère de Louis XVI, étourdi, bruyant et libertin, avait le cœur ouvert et 1 humeur facile. 11 avait tous les défauts de la jeunesse sans qualité saillante ni caractère déterminé.
Ayant habité Bap^atelle quelques jours, chez son capitaine des chasses de Saint-Ciermain, M. le prince de Chimay,il se prit d'une véritable passion pour cette demeure et décida d'en faire en un tour de main un château.
La maison de l^a^atelle, à cette époque, tombait en ruine, et la réparer eût été trop onéreux. M. le prince dllénin en écrivit au directeur des Bâtiments du Hoi, en I77() et Soutïlot adressa à son chef la lettre suiv.'uite :
Monsieur
Il y a quelques temps que M. le prince d'I^^ynen (Ilénin) me lit rhonneur de me parler du niauvjus état de la maison
IIS iiisKUHF i»r f:fiATi:\r in: r. xc.atki.m:
appelée Ha^alcllc. près du rliàlcau de Madrid ; jay ccliiy de liiy répondre (pie je savois, depuis loiii^teinps, rpie celte maison ne valoil l'ien. el (pie si I on v louchoil, on j)on\oil seniî^a^uer dans de i^randes dépenses cpie Mme de Monconseil V en avoil laites quand elle en avoil la jonissanee, sans que cela eut pu ajouter l)eaucoup à la solidité: mais que n'y pouvois rien sans ordre. 11 se l'ahalit sur les chaperons du mur qui est clôture du bois; comme c'est un entretien que nous Taisons, et (pi il y a des brèches et des brèches à réparer aussi dans d'autres endroits, j'ai fait commencer par celui-là. et c'est un objet de très petite consé((uence ; mais il n'en seroil })as de même de la maison, et j'ai vvu. Monsieur, devoir vous en piévenir.
SoUIFLoT.
Il fallait donc acheter la maison, la démolir et tout i\^ faire.
M. le comte d'Artois sio-na le contrjit d'achat de la maison et des terrains attenant k la propriété de Bagatelle, à Mme la princesse de Ghimay le 1'''' novembre 1775, devant le Pot d'Auteuil, notaire, qui en garda la minute '.
Monseio'neur devait verser à Mme de Cliimav la
somme de .'^6.000 livres avec le mobilier.
Les quittances furent signées les 27 février 1776(o.oo3 livres, 14 sols, 3 deniers, savoir 2. 2o0 livres sur le prix principal et le reste sur les intérêts) ; o juin 1778 ^o.440 livres, 15 sols, 1) deniers, sçavoir parcelle de 5.250 livres sur le principal et le reste sur les intérêts) ; 1*"^" septembre 1776 (5,360 livres, 6 sols, 6 deniers, paricelle de 2.250 livres sur le principal et le reste sur les intérêts); 2 décembre 1.77t] (^autre parcelle de 2.25(1 livres pour solde de ce qui reste dii sur le capital .
Mais un point d'un grand intérêt restait en litige. En vendant son domaine de Ba""atelle. Mme de Monconseil n'en avait pu vendre l'usufruit qui restait une autorisation à obtenir du lioi. Xi M. de Boisq:elin, ni M. de la Regnière^ni M. Pierre de Ghimay nel'avaient obtenu; or.
1. -Vrch. naf. W 307. Il y a en jiote du contrat: celte \ente n"est qu'une jouissance à \'\e sur la tèfe de Mme la marquise de Monciinseil.
LA FOMi; d'artois 1 19
dans les contrats successifs de la vente du dornaine qui furent faits de 177:^ à 177i, une clause spéciale stipulait « qu arrivant le décès de la dame de Monconseil avant le prince de Cliini;iy (Pierre de Ilénin ), successeur de ladite dame de Monconseil. il scrnit Iciiii ilc lui /'cnihouf.^cr la somme de 15. 01)0 livres faisant partie des 21.000 livres, prix dudit usufruit, de laquelle, néanmoins, o/lr senti/ dccharrfcc au cas (pie le sieur jjrinco de (!/ii/)uii/ obtint du Jioi un brevet personnel de eontinuation dudit usufruit, sur quoi, ouï le rapport, Monseii^i-neur croyait pouvoir se Uatter dobtenir de la tendresse du lloy son frère ladite continuation d'usufruit.
« Monseigneur étant en son conseil a autorisé et autorise les sieurs ses conmiissaires nommés par arrest de son conseil du 24 septembre 1775 à passer et signer le contrat de vente de l'usufruit de ladite maison appellée Bagatelle sans que la clause de subrogîdion au remboursement des 15.000 livres en cas de décès de la dame de Monconseil avant le sieur prince de Chimay y soit insérée et même de consentir que Monseigneur n y soit pas subrogé, leur doni^ant k cet elfe t tout pouvoir'. »
En possession de la maison, le comte d'Artois fit venir son premier architecte Bélanger, qui aussitôt décida de raser les bâtiments existants et de tout reconstruire d'après des plans nouveaux, ([u il dessina et fit exécuter avec une rapidité cpii émerveilla les Parisiens et la cour.
Mais laissons la parole à Bacliaumont :
22 octobre 1777. U y a dans le bois de Boulo<;ne une espèce de vide-bouteille appelée Bagatelle. Le prince (comte d'Artois) annonce un ^oiit décidé pour la truelle, cl, indépendamment des bàtimenls de tout espèce cpiil a déjà entrepris, au nombre de quatre ou cinq, il a le désir (retendre et d'embellir celui-ci ou j)lut(")t de le chanj^er complètement et de le rendre digne de lui. Il a j)ris une tournure fort ingénieuse pour se satisfaire au\ frais de (pii il appartiendrait. 11 a parié 100.000 francs avec la Heine que ce palais de fée serait commencé et achevé durant le voyage de Fontainebleau, au point
1. Arch. nal. IV 388, p. 43. Résultat du cdusril du '2'.) oclohro 177.J. si^ur Haslard tM Daujou. ^'()i^ appc^ndiccs,
120 iiisioiFU; 1)1 niAiiiAi i>i; i!\(,a i i;f.i,i;
d'y donner une IV'le à S. M. ;iu rclonr. Il \' ;i liiiil cents ouvriers. I/;ircliilecle de S. A. li. csix-rc bien l;i l'.'iire •^a'^ner.
Déjà^ en 1775, Mercy-Ar«^('iiteau, (^ui instruis.'iit Mario lérèso (le lui écrivait
Thérèse de tous les faits et j^-estes de la cour de France,
M. le comte d'Artois, qui ne soccupe que de IVivoliléSj a imaginé de venir souvent chasser le daim dans le l)ois de Boulo{;ne. La proximité de Paris attire à ce> chasses un nombre de jeunes j^ens, hommes et femmes. Le prince après la chasse, donne à dîner dans de petites maisons de campa<;ne situées dans le bois de Boulogne; les dîners sans donner lieu à des indécences, sont cependant beaucoup trop gais. La Reine n'a pu résister aux sollicitations pressantes que lui a faites AL le comte d'Artois de venir à ces chasses qui ne sont que des promenades. Quoique, comme de raison, S. M. ne soit jamais restée à aucun des dîners qui terminent les chasses, cependant on a vu à Paris avec regret que la Reine s'associât aux parties de plaisir de M. le comte dArtois qui, par sa légèreté, perd de plus en plus dans l'opinion publique...
Mais le comte d'Artois, qui n'avait pas craint d'apprendre de Placide et du Petit-Diable, l'art de danser sur la corde raide, se souciait peu des remontrances de Mercy. Son idée était de faire élever un petit château, et il lit élever un petit château avec ses communs. Si bien que Mercy put écrire à la Reine- à la date du 19 novembre 177 7 :
Par dessus cela, peu de jours avant le départ de Fontainebleau, M. le comte d'Artois imagina de fair-e raser une petite maison qu'il a dans le bois de Boulogne et que l'on nomme Bagatelle, et de faire rebâtir de fond en comble, arranger et meubler cette maison sur des plans nouveaux pour y donnei' une fcte à la Reine quand la cour quittera Choisy pour rentrer à Versailles. 11 parut d'abord absurde à tout le monde de vouloir tenter et achever une pareille entreprise en six ou sept semaines ; c'est cependant ce qui a été exécuté au moyen de neuf cents ouvriers de tout genre, qui ont été employés jour et nuit à ce travail. La circonstance la plus inou'ie. c'est que les matériaux manquent, surtout en pierre de taille, en