M., pièce
LA FOMi: d'artois 121
chaux et en plâtre et qu'on ne voulait pas perdre de temps l'. les chercher, M. le comte d'Artois donna Tordre (jue des patrouilles du régiment des gardes suisses ' allassent à la découverte sur les grands chemins pour y saisir toutes les voitures qu'elles rencontreraient chargées de pareils matériaux susdits. On payait sur-le-champ la valeur de ces matériaux ; mais, comme cette denrée se trouvait déjà vendue, il résultait de cette méthode une sorte de violence qui a révolté le public.
Los travaux, en edet, marchaionl rapidement, sous la direction de huit personnes reconnues pour leur adresse et leur savoir, et dont voici la liste- :
Pension
Chalgrin '
Intendant
livres
Helanger
1'' architecte
lO.liOO
Moireau
(]ontr(")leur
(i.noo
Mnlard ' J^riasse
Inspecteurs
Goulouly
Dessinateur
Château
\'érilicateur
l.SOO
Hlailvie
Inspecteur des jai-d
ins 1.800
Avec de tels hommes, le château de Bagatelle ne devait pas tarder à devenir un bijou d'architecture '.
Les esprits étaient las des lig-nes sévères qui fomentent l'ennui, et, tout en admirant les dessins de Le Notre, on reconnut tout à coup que la nature ne plantait rien au cordeau, et l'on rêva d'allées capi-icieuses, de ravins, de mamelons, de sources et de rivières, de rochers, d'étang-s, de lacs, d'îles, de ponts hi/.arres, de maisons rustiques, de kiosques à la turque et à la chinoise.
1. Le iviiinicul dos ijardcs suisses occnpiiil la ('iiS(MMi(Mh> ( '.oiii'hcxdif.
'2. Ai'cli. nal. H' :;7!i.
'.'>. Il ttdicliait l.l'Ot) livres par au pour ses livrées. Arcli. nal.. K' 37S.
K Mulard fui dt>placé le I iiO\-, 17SI. Yoiv sa lellre de ee jour. Areli. nal.. U' :i7!).
n. Uèf^lenienl pour ladmiuisl ration des hàlinienls de "Sh^v le comte d'Artois. Soumission de M. H(>lant;er. Si^né Ciiarles Philippe; pour ampliation : de \'erdun : sij;ué par Helanji:or le 9 ian\ ici- 1781. Areli. nat., \V M\).
122 insioiiu; di rii\ii:Ar dk wac.aw.iaa:
Louis X \ avait (h'-ja coimncucé h nioflKicr les soini)lucuscs (Icincurcs en faisant constj'iiirc sur la fiu de son ]'è«^'-no le l^etit- Tiianoii. Le siniph; mol de l'rianon, (jui j)ai'aît si souvent dans les mémoires et récils liistori(iues, s aj)|)li(|ue au domaine et au palais créés par Louis XI\' à 1 extrémité de N'ersailles et destinés, comme \(t lut Marly.à permettre au lloi de se reposer des fati*,'-ues (|u'occasionnent une vie continuelle de représentation.
On subissait l'influence anglaise. Déjà, le duc d(^ Chartres à Mousseau (Monceauj et le maréclial de Hiron avaient réalisé ce nouveau rêve. Et tandis que Marie- Antoinette inventait le hameau du Petit-Trianon. le comte d'Artois, épris de luxe et de dépenses, jetait à la Reine le défi de construire Hag-atelle en soixante-quatre jours. 11 est vrai qu'il n'avait alors que dix-neuf ans.
Il avait bien pensé à s emparer du couvent des moines du Calvaire situé au mont Valérien, mais il fut retenu par le Roi qui le blâma publiquement de son peu de scrupules envers les choses relig-ieuses.
Ayant reçu l'ordre de construire le château, Alexandre Belang-er se mit aussitôt à l'œuvre.
Le 21 septembre 1777, il demanda les instruments nécessaires pour faire ses plans, ses croquis, des dessins et les aquarelles que l'on remarque à la Bibliothèque nationale et aux Archives. Ce furent « dillerentes espèces de papier, des ustensiles, des instruments de mathématique ', etc. ».
Grâce au zèle de l'intellig-ent architecte, bien secondé par (^halgrin et par Blaikie, le château fut construit en soixante-quatre jours, et les jardins prirent leur forme anglaise, telle qu'on la désirait.
Il y avait trois bâtiments - : les écuries, les communs et le pavillon de Bagatelle. Les écuries étaient sur une cour, dite cour verte, qui donnait sur le bois de Boulogne, et de l'autre coté par la cour, dite des oflices, sur le chemin de Saint-Denis à Versailles.
(Juand on venait du bois de Boulogne et que l'on