‹ Le Château de Bagatelle, 1715-1908 d'après les documents inédits des Archives nationales, des Archives de la Seine et des mémoires manuscrits ou imprimésChapitre 63 sur 146 · Arch. nat.. IV · texte numérisé non relu

Arch. nat.. IV

i2. Les plans des bàlimcnls sont aii\ Aivli. nat.X III oSO ci rormonl neuf foDJIJos.

LA FOLIE d'aRTOIS 123

voulait se roiidro au pavillon, ou laissait à sa gauche le bâtiment des communs élevés sur caves dont les plus «grandes étaient établies dans la partie droite.

Au rez-de-cbaussée se trouvaient le logement du portier et deux ])etites pièces; au centredroit, un ij;-ran(l escalier derrière lecpu^l rayonnaient la panneterie, une serre, le i^i-oblet, les étuves, réchansonnerie, et, une autre serre ; tandis ({u'ii l'aile i;'auclie s'étendaient une écurie pour seize clievaux et une remise pour six voitures, et à l'aile droite, étaient le lavoir, la cuisine, la serre du chef et la rôtisserie.

Tin petit escalier situé à coté du loii;-ement du portier montait au premier éta'j^'e. En le montant, on trouvait une chambre à un lit, et huit pièces sans destination marquée. A l'aile droite, une chambre à un lit, et quatre pièces sans destination marquée, ainsi que le palier du ii;-rand escalier; tandis qu'à gauche se trouvaient deux chambres à deux lits, une à trois lits, une à quatre lits, et une à cin([ lits, ainsi qu'un petit escalier.

Quant au pavillon proprement dit, il se composait au centre d'une terrasse triangulaire couverte en plomb ; à droite, un appartement destiné à Mgr le comte d'Artois, comprenjint cinq pièces dont deux à un lit, les deux autres sans destination marquée et le palier du grand escalier; en plus deux chambres; à gauche l'appartement du concierge avec quatre pièces dont deux chambres à un lit, deux pièces sans destination marquée et le palier du petit escalier.

En entrant au premier étage on trouvait une pièce destinée, au l'"'" valet de chambre (lit à droite, l'antichambre, un petit escalier à droite et le grand escalier ; à gauche, antichambre de Mgr, cabinet de Mgr, plus à "•auclie, la chambre à coucher de Mi»!- et la yarde-robe; à droite du cabinet était le boudoir de Mgr avec un lit et un petit escîdier; tandis qu'à droite s'étendait également une suite de pièces, antichambre, cabinet du gouverneur, ch;uubre à coucher du gouverneur et sa garderobe, une chambre à donner et un petit escalier.

Au centre était le salon qui était haut d'un deuxième étage. A cette hauteur, combles du pavillon, étaient situés

124 msTCHRE ni: r.u.vw.M di: MAf;ATi;i.Lr.

([uolques logements Icisfjuolc ivs(;rvoir des h.iins, les chambres des valets de pied, antichambre, chambic, cabinet, petite serre, degrés, et la calotte du salon.

Les deux biUinients étaient rcdiés par un terre-|)lein formant terrasse et oii se trouvaient h; récliauU'oir, le passage aux degrés, 1 antichambre des gens et le passager bas pour ai'river à l'anticlnmibre (k;s gens.

Pendant que s'élevaient ces deux bâtiments, le maître jardinier Blaikie, que le comte d'Artois avait fait venir (l'Angleterre, traçait dans la propriété de Bagatelle ces allées sinueuses od'rant sans cesse de nouveaux aperçus auxquels on n'était pas habitués à l'époque. Dans le plan que l'on voit aux Archives et qui est l'œuvre du jardinier anglais, on remarque des étangs, des ruisseaux, des cascades, des mamelons, des rochers, un petit théâtre en plein air, une maison rustique, — influence de Jean- Jacques Rousseau, — et l'inévitable temple d'amour à colonnades qui orne alors tous les parcs et tous les jardins de fantaisie des grands seigneurs^ depuis celui de Trianon jusqu'à celui de Bagatelle.

Enfin dans le laps de temps que la Reine avait fixé à son beau-frère, tout fut fait, mais non parfait, car on travailla aux bâtiments et aux jardins jusqu'en J78b.

Cet étrange pari fut donc gagné. Le château fut achevé le 26 novembre, c'est-à-dire qu'il fut élevé en 04 jours.

Plusieurs cartons d'archives sont pleins des mémoires des entrepreneurs de Bagatelle et on y relève quelques particularités.

Ce sont des reçus dans ce genre :

.le soussigné. Inspecteur des bâtiments de Mgr comte d'Artois à Bagatelle, reconnais avoir reçu de Monsieur Pliilippe* provenant de la démolition du fief d'Artois la quantité de cinquante une toise, trois pieds, six pouces courant de tablette de vieille pierre de vingt pouces de large sur quatre à cinq pouces d'épaisseur pour être employé audit Bagatelle pour le service de Monseigneur, ce 2.'J juin 1779.

Briasse.

1. Apch. nal.. 0' l.'iSI. Philippe ('-lail, omployr au ^arde-irienble.

LA FOLIE IJ AU mis 1-25

Ia' luouLaiil des marchés faits par économie, de 1770 au 1''^" janvier J789, s'élève à \.l{)i.ii2 livres. î) sols, 8 deniers', sans compter tout ce qui fut dépensé sans marchés.

En elïet, le rôle des ouvriers- que llressy leur chef fut chargé de payer du Ki juillet 1780 au 2() décembre 1781 séleva à 108.().S8 livres, 1."] sols, "> deniers, et on acheta pour 174.1 8() livres, 2 sols, 10 deniers de matériaux pendant cette période. Il faut ajouter à cela J7î)..'i2() livres dues à divers fournisseurs les années 1778 à 1780 pour l'établissement des meubles au pavillon de j^agatelle, tant pour <( les logements de seigneurs » que pour les communs et pour le logement du gouverneur, somme qui ne fut payée qu'en I78.'i; même en 1782 on dépensa .'Î28.580 livres, 2 sols, 7 deniers, qui furent ' payées à la même époque.

Il faut ajouter à cela le coût de la pompe à feu qui s éleva à environ 30.000 livres, sans compter son entretien ', car, si cette machine appartenait à Mlle de Gharolais % depuis le temps (|u'elle ne servait pas. son état de détérioration était complet. De plus, il fallut refaire la canalisation entièrement, car les tuyaux étaient trop petits. C'est alors qu'on lit refaire la ponq)e à feu par les sieurs Perriers possesseurs de la pompe à feu de (]haillot.

Ils fournissaient également le charbon qui venait des fosses de Decize '*, pour une somme annuelle variant de 15 k l.()00 livres. On paya 50.000 livres aux frères Perriers rien que pour la machine.

Et quand on aura parlé des dépenses faites pour le jardin et qui s'élevèrent à plus de 200.000 livres, comme nous le dirons dans un autre ch(q)itre ; et qu on y aura joint les appointements des hommes que le

Page 1