LA FOL1I-: D ARTOIS
servit auprès du Hoi, et le ministre laissa échapper Toccasion d'une honorable retraite pour tomber quelques jours après d'une lourde et lég-itime chute
Il n'en fut pas de même de M. de Galonné, intendant de Valenciennes, Thomme le plus spirituel, mais aussi le plus taré qu'il y eût dans l'administration. Présenté par M. de Verg-enneSj soutenu par les amis de la Reine et du comte d'Artois, de (^.alonne fut agréé (2 novembre 1783).
Naturellement^ grâce à M. de Calonne, qui prétendait que la large économie consistait à dépenser beaucoup pour paraître riche et à paraître riche pour pouvoir emprunter beaucoup, tout fut payé (1784).
On sait, en ellet, que le comte d'Artois très obéré obtint de Louis XVI 14 millions qui furent payés par annuités '.
Kn 171)0, il restait à payer de ce crédit 3.G0().0OO livres. Sans compter que le comte d'Artois avait hypothéqué ses biens pour ITk.jOO.OOO francs, son passif s'élevait le l^i- janvier 1790 à 31). 250. 000 livres.
Dans sa dernière année (1780), on lui compte 0.500.000 francs de revenus et 0.900.000 francs de dépense ; soit, comparativement avec les cours actuels, une dépense annuelle d'environ 25.000.000 de francs par an.
Fa cependant, en dehors de son énorme iqDanage, le comte d Artois avait des rentes, redevances, concessions, bénéfices et privilèges de toutes sortes, qui lui venaient de ses deux duchés d'Angoulême et de Berry,
1. On lil daus^lc Joiininl de Louis XVI, publié par Louis NicolardoL, p. 2'M : (c Le comte d'Ai^tois notait pas moins avide (que le comte de Provence); on lui déli\ra irois fois une ordonnance de :2.(iOU.OOO livres et un beau jour, on lui envoya une ordonnance de 4 millions. Le conseil de S. A. R. avait représenté (jue Monseif^neur de^ait 44.600. 000 livres, 74.000 1. de rentes constituées et 908.700 1. de rentes viafières, et ((uc les créanciers étaient d'autant plus cxij;eants ([ue les dettes 'étaient exigibles.
Un an plus tard, le i'9 décembre 17Si, le premier Président disait à Ivouis XVI dans les remontrances du Parlement : « Lecrédit et la facilité d'emprunter, Sire, ne sont que des ressources dangereuses, si, au lieu d'être employées à libérer entièrement l'Etat de ses engagements, elles ne servent qu'à favoriser les dépenses superflues et cpii n'ont aucun objet d'utilité réelle. » Arch. nat., X''' 898i*. Voir Jules Klammermonl, t. III. p. 000.
1 ,*U) liisroiiu; di ciiatkai hi. i;a(.aii.ijj,
(le ses deux coiulés de; lN)il()U (il P(;iill)ièvre, des Tordes, des bois, des revenus domaniaux, la disposition et la vente des olïiees, (l(;s marais, des lais vl reliais d(; mer, le canal de la Dive et ses droits, les forg-es de la Meilleraye, sans compter les pêcheries, les grèves du Mont- Saint-Michel, etc., etc., une dotation annuelle de 2 millions 200.000 francs pour sa maison, 1 million .'iOO.OOD francs pour celle de sa femm.e, et 700.000 francs pour chacun de ses enfants.
Folie d'Artois î M. II. Gauthier-Villars, dans un article sur les Fantaisies carLograpJiiqucs , ne veut pas que le mot folie vienne de dépenses exagérées, et que cette dénomination n'ait rien qui puisse faire doutei* des facultés cérébrales des Français et particulièrement de celles du comte d'Artois. Elle viendrait tout simplement de : (( La Feuillue, comme Folie Saint-James, Folie Beaujon, ces maisons ayant été à l'origine entourées de bois ». Ce n^est pas notre a^ds, car, pour nous comme pour beaucoup d^autres, construire un palais en deux mois sans regarder à la dépense, est une folie ruineuse. En tous les cas, ces maisons ne furent construites que pour y faire des folies.