Thierry, le Guide du voyageur
LES JARDINS DU COMTE d'aRTOIS 135
barbare dressée dans une clairière, une cabane de druide, une vigne à l'italienne, et l'inévitable temple d'amour, portique circulaire dans l'esprit de celui du Petit-Trianon, avec une répétition du fameux Gupidon brisant son arc et la devise de Voltaire : « Qui que tu sois, voici ton maître '. »
Le jardin à \i\ française qui s'étendait devant la maison, sorte de terrasse découverte donnant sur la Seine, les coteaux de Suresne et le Mont Valérien, ne comptait guère à coté des surprises et des encliantements du parc où seuls pénétraient le comte d'Artois et ses invités. Le commun n'y était pas admis ; tous les services se faisaient par la porte considérée maintenant comme porte secondaire et qui s'ouvrait, ainsi qu'à présent, sur la route de Suresnes à Neuilly.
L'entretien des jardins fut confié à vin<^t liommes, non compris les i>ardes de jour et de nuit, les portiers, les élagueurs, les taupiers, les éping-liers et l'homme de la pompe à feu.
On s'occupa également de dégager les avenues conduisant à Bagatelle, et un rapport fut adressé sur ce point à M. de Vaucelle, de la maîtrise des Eaux et Forêts, par Chalgrin.
« .'^0 septembre 1781. Userait nécessaire d'obtenir de la maîtrise la prolongation de la route partant de Bagatelle commencée en 1779, qu'il faudrait continuer jus(ju'à la croix d'Armenonville, allant de là à la porte Maillot pour Paris.
« Il en faudrait une autre partant de Bagatelle, allant à la porte des Princes qu il serait utile pour raccourcir le chemin de \'ersailles à Bagatelle, au lieu de passer par la Croix de Gatelan, comme il est d'usage actuellement. Cela éviterait qu'on se servît de la route du rond de Mortemart à la porte des Princes, qui est toujours fort mauvaise et risquable pour le passage de Monseigneur.
<( Il faudrait aussi obtenir le dressage et rélargissement de la route venant du château de Madrid, passant à Ba-
1. On employa, oonime (Miyrais, de la suie. On voit cju'en lT8i2, elle était devenue fort rare depuis qu'on en coiuiaissail rusai;e ; on en acheta 400 boisseaux à W IV. luii pour les (ei'res de Ha^alt-lle. Anli. nat. H* 370.
l'ÎO IIIS'IOFTU'; 1)1' C.WATKAV Dl! l'.AOATMM.K
j^alcllo, Mllanl ;i la porte do Lonj^chanip. (ju il csl impossible (le ne j)as iclaire et hoiiiher ii ikîuI" ])oui' en supprimer les turaiides mai'ées d eau, (jui y sont ce ((ui de\'ieiit dangereux lors des chasses en traîneaux. >>
De mênu^ on élargissait de i pieds la << route aux chats » qui conduisîiit de Bagatelle à la (^roix-Catelan.
Le 11 mars 1782, une visite tut laite à l:Jagatelle par Briasse. 11 lit aussitôt un rapport ou on lit: « Dans notre visite k Bagatelle, l'inspecteur des jaidins nous a représenté qu'il serait nécessaire que M. le surintendant voulût bien lui accorder quelques ouvriers de plus pour continuer et parfaire les dillerentes parties du jardin qui sont en soullVance. » Le 26, on lui donna une vingtaine d'ouvriers supplémentaires. Ilajoute: (( L'inspecteur nous a observé que l'objet seul des pépinières demandait d'autant plus de soins qu'il était arrivé au terme où il fallait repiquer plusieurs milliers d'arbres dont les graines provenant d'Amérique méridionale ou septentrionale avaient été semées depuis un an au plus et périraient faute de pouvoir être repiqués dans des terrains plus spacieux et préparés pour eux. »
Un curieux document du .]\ mars 1779 témoigne déjà du souci, ainsi que du désir qu'avait le comte d'Artois d'embellir Bagatelleet ses abords ':
Extrait des j^egistres du conseil dEtal:
Le Roy étant informé que, pour ragrément du pavillon de Bagatelle appartenant à M. le comte d'Artois son frère, il serait nécessaire de faire enclore 18 arpents deux perches du bois de Boulogne joignant ce pavillon ; d'ouvrir dans ce même bois une nouvelle route de 391 toises un tiers de longueur sur Ki pieds de largeur; d'élargir de 4 pieds la route qui va de Tangle de l'enclos de M. le prince de Gonty au carrefour de la route du Grand-Rond à Madrid dans la longueur de JoO toises ; que le chemin de la Grande-Queue soit redressé et fait surK) pieds de largeur au lieu de 12 qu'il a présentement dans la longueur de 150 toises et demie ; enlin de faire élargir et donner une forme de 10 toises de diamètre à trois carrefours du dit bois, et S. M. désirant non seulement procurer à M. le