‹ Le Château de Bagatelle, 1715-1908 d'après les documents inédits des Archives nationales, des Archives de la Seine et des mémoires manuscrits ou imprimésChapitre 70 sur 146 · I. Bévue de Paris, je^ juillet 1903. p · texte numérisé non relu

I. Bévue de Paris, je^ juillet 1903. p

i>. i':5 mai 1780.

o. Elles n'eurent leur désastreuse influence sur la Heine qu'à partir de 1783. Mémoires de Mme (Jnmpan.

4. Besenval (Pierre-Victor, baron de) né à Salerne. Il était lieutenant-colonel des gardes suisses dont le comte d'Artois était colonel.

.'). Le comle d'Adliéniar, personnaj^e assez insifinifiant, a\ ait cependant le malheur d'ennuyer la Heine. Marie-Antoinette ne trou\a rien de mieux pour s'en débarasser que lui faire donner l'ambassade de Londres. Il est vrai que Mme Campan dit que la Reine se reprocha plus tard cette légèreté.

DÉCORATION DU HATDIKNT 1:T FKTES 143

Mgr le comte d'Artois devait tenir les premiers rôles ; M. de Dillon les fats ; M de Besenval les financiers ; M. d'Adhémar les comiques ; M. de Coig-iiy les pères nobles ; enfin M. de Vaudreuil les raisonneurs'.

On appela Dazincourt et Dugazon pour dirii^er les répétitions, et bientôt chacun sut son rùle tant bien que mal.

Le jour si ardemment désiré arrivé, la foule des équipag-es assiégea Bagatelle, et le comte dWrtois vint au-devant de Leurs Majestés dans cet espace circulaire qui précède le château et où se trouvent six statues représentant le Silence, le Mystère, la Folie, la Nuit, le Plaisir, la Raison.

Leurs Majestés entrées, on laissa passer la foule des invités, et chacun put circuler dans les jardins, la maison, et les admirer.

Sous une tente dressée dans le jardin était placée une table abondamment servie ; chacun y prit place, et on remarqua que plusieurs sièges étaient vacants, notamment celui de la Reine. Gomme on allait s'en incjuiéter, le fond de latente s ouvrit et laissa voir les gradins d une petite salle de spectacle avec la draperie en velours qui fournit le rideau. L'opéra-comique de Sedaine fut mutilé par les comédiens, ce qui n'empêcha pas les spectateurs de leur faire une chaleureuse ovation. Cependant comme la Reine achevait un couplet, un coup de sifllet retentit.

Les spectateurs stupéfaits se regardaient ; mais la Reine, comprenant aussitôt qu'un seul parmi tous pouvjut se permettre un tel acte d'insolence, s'avança sur le bord de la scène et dit au Roi : (( Monsieur, puisque vous n'êtes pas content de mon jeu, prenez la peine de sortir, on vous rendra votre argent à la porte. »

Cette altercation fut applaudie, et le Roi, honteux, demanda pardon à la Reine de sa hardiesse, au moment où, après avoir ([uitté son costume de villageoise, elle entrait dans la salle de bal.

La fête se termina cependant assez bien, malgré cet incident, et chacun se retira satisfait.

1. Ces nicssiours l'aisaicnt parti du sahm {[uc Mme de Polij:;:uac uvail formé [)our plaire à Marie-AaloiiieHe.

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Le coinle d'Artois venait très souvent ;i Jia^ateile. Les écuries, dépôts temporaires, étaient sous les ordres du marquis de Poli*^nac. La cave s'c^mplissait ; en 1782. on y descendît 1.500 bouteilles de cliampa^iie sur 1(; compte de 7.000 bouteilles de la récolte de 1780, dont léchanson du prince prit livraison.

Le maître, lé^er et frivole, était toujouis accompagné d'un piquet dlionneur composé d'un olïicier supérieur, d'un lieutenant et de seize cavaliers de la j^arde royale. Cela n'empêcha pas de se produire le fait amusant suivant :

Antoiiie-Jeaa-Baptiste-Kobert Au<j;et, baron de Montyoïi, né à Paris le 28 décembre 1783, et destiné à la ma;j;istralure, devint avocat au Ghâtelet, puis maître des requêtes au conseil d'b^tat, et successivement intendant de la province d'Auver<;ne, de la Provence et de FAunis. Homme d'un caractère intèj^re, il dut se rlémettre de son intendance pour avoir refusé d'exécuter dans sa province la suppression des cours de justice locale ordonnée par le chancelier Maupeou. Cependant, en 1775, il devint conseiller d'Etat. Etranj^'^er à Baj^atelle, il s'y présenta pour la première fois avec une lettre d'introduction ; mais, s'étant égaré dans le parc, il avait pénétré directement dans le pavillon, et, trouvant l'antichambre et les salons du rez-de-chaussée vides, il s'était aventuré jusqu'au premier, où il avait rencontré le comte d'Artois, nu comme un ver, qui, par une chaleur torride, circulait dans Fappartement. Un mot spirituel qui échappa à M. deMontyon et que Bachaumont a le tort de ne pas nous rapporter, désarma le prince qui tonnait déjà contre l'intrus et brisait les sonnettes. Trois mois après, M. de Montyon était devenu j.;entilhomme de la chambre et familier du prince ; il lui resta fidèle jusqu'à l'exil '.

Il fut son chancelier (1780).

Ce fut lui surtout qui accompagna le comte d'Artois à Bagatelle, où il occupait l'appartement de la marquise de Polignac. Il se réfugiait dans la bibliothèque hétéroclite qui y ét^iit installée et qui, sous la direction de M. l'abbé de Vauxelles, qui résidait au Temple, et sous l'inspection de M. Rivière, recevait ses ouvrages du

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