‹ Le Château de Bagatelle, 1715-1908 d'après les documents inédits des Archives nationales, des Archives de la Seine et des mémoires manuscrits ou imprimésChapitre 78 sur 146 · Lettres du î) rniotidor u · texte numérisé non relu

Lettres du î) rniotidor u

3. Journal des hommes libres, du 3 thermidor (21 juillet 1796), Aulard, t. III, p. 335.

4. Rapport du bureau centrai du 13 thermidor an lA' (31 juillellTOri) Aulard, t. III, p. 357.

HAr.ATRLLE SOIS I,A RKVOI,rTK).\ 109

cortèi^i'e de neig-es et de frimas ; mais qu'importe ! à Ba<^*atelle il y a bon fou et hou f»ite :

La saison froide et pluvieuse a totalement c'han<ié l'aspect fie cette ville, sans diminuer de ra<;rément qu'elle présente aux individus favorisés j)ar la fortune ; les promenades brillantes dc^^ Ghamps-FJysées. les rendez-vous à J^a^atelle, les courses à l^oulogne... ont fait place aux concerts, aux bals, aux réunions dans les lycées, les cabinets littéraires et académies de jeux' ...

(Test ainsi (jue la saison se passe ; on se l'appelle la i»-aillar{le chanson qui souli*^nait les promenades et les fêtes du comte d'Artois, où déjà les Parisiens voulaient se montrer :

Si vous voulez vous promener Dans ce bois, charmante Isabelle.

Nous pourrons, sans nous détourner.

Aller jusques à Ba<;atelle.

Quoi ! déjà votre pied mii;non Dans Ces sables tourne et chancelle Asseyons-nous sur ce gazon ; C'est le chemin de Ha«;atelle -'...

Tous s'occupent de la jolie propriété et de ses aj^-réables jardins, même les journaux de Mode:

() la jolie femme! O la jolie tournure! 0 le joli spencer! Tels étaient les cris d'admiration qu'arrachait hier à Bagatelle une de nos belles de la bonne roche — un spencer n'est à proprement dire qu'une parure ridicule en été, surtout chez une de ces modernes Angols, dont les traits plats et communs assertissent une démarche plus plate et plus commune encore. — mais un spencer attaché par la main du goût sur un corps dessiné par celles des amours, telles sui- la tiiillc en un mot de la délicieuse Sophie, oui. un spencer est alors le véritable costume des grâces ',

C'est une abondance d'articles célébrant les fêtes, le

i. Mi'tru. Correspondauco secrélc, t. W'I. p. iMT.

ri. o prairial an ^' (24 mai 1TU7), Aulard. I. I\'. p. i:i.).

3, L'Ami des Lois, du 3 brumaire au I\'. Aulai'd. t. 111. p. o37.

170 iiiSTOiFu; Ml ciiATKM i)i; \>,\(.yn:\AA:

goûl, la mode, le (•aj)ri((' pour lia^alcllc. et en lir(î (juolqiU's passa-^'-es vous l'oiil l'cH'id dnn ieu «larlilico :

Les IV'les (le la Penlecôle ont été célébrées comme au lemj)s jadis, et loiiles les houLiqiics étaionl fermées. J.es promenades publiques, les lieux eucii.'uilés de Tivoli, de Jj;i^;itelle. de Passy'. etc.. élaieut lempdis. et un étrau'ier rpii se serait trouvé transporté tout à coup dans ces brillants théâtres des plaisirs du jour, n"eût jamais deviné qu'il eût été en France, dans un pays qui a été et est encore la proie de tous les tléaux réunis - !...

On s"en est emparé ', ils ont été lourés, on en a fait des jardins et des maisons publiques, dans lesquels on neutre qu'après avoir consigné préalablement un ou deux sous. C'est à ces adroits calculs que nous devons Tivoli, l'Elysée, la Chaumière, l^agatelle, etc. Les accessoires consistent, dans presque tous ces établissements, en une illumination de couleur, un feu d'artifice, un aérostat, une salle de danse où lig-ure de pauvres filles à qui l'on a distribué des billets '^vatis, à condition qu'elles danseraient '.

Bagatelle ne perdra rien de son allluence, et nos aimables carracoleurs n'en seront pas moins empressés à y aller goûter le nectar et l'ambroisie que leur y promet le dieu du goût et de la variété... Désormais dès que la douzième heure du jour donne le signal du réveil, la douce Clarisse n'a que le temps de livrer ses appas aux heureux mystères de la toilette; il est déjà quatre heures; les ouvriers sont prêts; on arrive à Bagatelle, on dîne délicieusement, on se promène; la nuit approche.... on quitte ce séjour enchanteur... Aussi, vive Jjaga telle '■' !

La plupart des jeunes gens de Paris sont aussi ineptes qu'imprudents, ils passent les journées chez Velloni, à l'I'^lysée, à Bagatelle, dans les tripots, chez les filles et au spectable...'-

Paris, le 9 messidor. Le charmant jardin de Bagatelle fut hier le théâtre d'une scène assez plaisante. Un banquier huppé de Paris, que nous ne nommerons pas, y avait conduit

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