VENTE DU CHATEAU PAR LES DOMAINES
ladv Blcssin2:ton, et s'était lié d'amitié avec lui. Bientôt, il fut un (les invités habituel de Compiègne et de Fontaine])leau.
Mais tout clianp;-e.
« On est à la lin d'août 1870 ; l'Impératrice, tous les jours de beau temps, vient rechercher le jeune prince qui jase sous l'œil paterne du vieux général Bachon avec les fils du sénateur Veuillard et les fils du docteur Gonneau.
« L Impératrice lunche avec ses dames d'honneur et les personnes amies sur la belle terrasse qui domine la plaine de Saint-James, et les potins vont leur train comme vous pensez.
« Dans le lointain du parc, un grand vieillard un peu voûté, le marquis d'IIertford-Seymour, appuyé sur le bras robuste de Richard Wallace, arrive juste devant le château, en même temps que l' empereur et son fidèle, le général Fleury, tous deux en civil.
(( (Quelles nouvelles? crie l'Impératrice. — Bonnes pour vous Madame, dans vingt-quatre heures la guerre sera déclarée à la Prusse.
(( Je la verrai toujours s'élançant vers Napoléon, pâle comme un spectre, lui étreindre les mains, et se précipitant vers le petit prince l'élever en l'air en criant : (( A Berlin ! A Berlin ! » Et tout le cortège suivit les souverains jusqu'à la grille d'honneur, quhélas ! aucun ne devait plus franchir.
« A ous avez sans doute entendu dire, malgré ses souffrances intolérables, combien le nuuxjuis aimait le franc rire eraulois,
« Quand nous revinmes au château, il avait le front pensif, la tête inclinée vers la terre. Tout à coup, se redressant d'un air vraiment prophétique il dit : « Pauvre (( France ! pauvre Paris ! pjuivre })etil ! Ah ! cette « femme va nous plonger tous dans l'abîme ! î »
« Au fur et à mesure (pie les désastres se succédaient aux frontières, lord llertfoi'd avec l»ichard \\allace, organisa cette splendide ambulance de marche pour la({uelle il fit un premier versement de .'iO.OOO francs.
« Plus l'ennemi s'avançait, plus ce grand vieillard décli-
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u.iiL. liicliard s'cîll'orçail d(; lui caclicr lus nouveilcs du dehors '. .. »
Le mar([uis d Ilcrllord ('Xj)ira et son convoi mit (juaire heures pour se rendre an Père-Lachaise, (< à travers Paris bouleversé par les préparatifs niilitaii'cs. aii^ité par Icdlervescence populaire - ».
On peut voir à la Hihliothècpie nationale la pli(jto^raphie dune toile d'Alfred Decaen qui " représente Ihéiili(M' du trône sortant en calèche de J>aj^'atelle. escorté d'un détachement de spahis, l'ne éléi^ante construction Louis X^^ occupe, au tond de la composition, le milieu dune ample demi-lune entourée de g-rilles et de pilastres surmontés de vases de pierre ».
En 1852, quand la plaine dite aujourd'hui d'entraînement fut comprise dans le bois de Boulogne, le mar([uis (rilertford dut faire refaire la pom2:)e à feu. On ne pouvait alors arriver à Bag-atelle que par des chemins poudreux et effondrés. Pour abriter la première machine, on avait établi tout simplement un hangar autour duquel étaient venues se grouper successivement des constructions rustiques, des maisonnettes des plus primitives, espèces de cabarets où venaient se désaltérer nos pères.
« Ces constructions formaient l'ensemble de ce qu on appelait pittoresquement la Maison-Rouge, si connue des canotiers et canotières de l'ancien et bon vieux temps, qui n'auraient jamais manqué d y faire escale, attirés par les frétillantes fritures et les lapins sautés de la mère Laporte, la vénérable épouse du père Laporte. garde de ladite pompe. Détail curieux à signaler, c'est 1 architecte Fontaine qui l'avait nommé à cet emploi en 1811. Ce brave Laporte était pensionné par le marquis d'Hertford. Il vit à son grand regret démolir en 1861 ce vieil engin
1. Passafj:e d'une lettre de M. A. de Keroyà M. Cambis, de septembre 1890, publiée par M. Circaud dans le Bulletin de la Commission municipale liislorique et artistique de Neuilli/sur-Seine.
:2. Le titre et lu pairie avec les biens substitués passèrent à son cousin le j^énéral Francis-Georj^e-IIeryh Seymour, né en 1812, lord chambellan de la Reine.
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qu'il a\ ait fait marcher, tant bien ([uv mal, pendant cinquante ans.
(( A cette époque, le marquis d'IIertford, commanda une machine nouvelle à la maison Derosne, Cail et C"", et le vieux Laporto. malg-ré son j^-rand à^e, — 84 ans, — voulut hi faire lonctionner le prtMuier'.
« Ce fut pour recevoir cette nouvelle machine que M. Léon de Saug-es, architecte du vieux marcpiis, exécuta le <»'racieux pavillon que Ton voit aujourd'hui sur la rive droite de la Seine, faisant face aux terrasses de l^a*>atelle.
« Pour rendre homma^-e à la vérité, nous ajouterons que le préfet Ilaussmann pri;i le marquis d'IIertford de faire disparaître la Maison-Roui^e et de la renq)lacer par un bâtiment plus en harmonie avec le nouveau jardin paysager qui avait été exécuté par M. Al[)lian(l, d'après les plans de 1 architecte Ilittorf.
« Le programme imposé à M. de Sauges était de dissinuder le séjour d'une machine à vapeur. Il fallait ([ue Lédilice, isolé de toute construction, contentât à la lois les points de vue de Bagatelle, d'où on l'aperçoit de tous cotés, puis en même temps qu'il eût l'élégance et la sveltesse sans maigreur.
« M. Léon de Sauges adopta la forme rendez- vous de chasse, et plaça le bâtiment renfermant la machine entre la Seine et le monument. 11 lit un lo^-ement ;ni nu^canicien et à sa famille dans le soubassement, en contre-bas de la terrasse.
(( Au-dessus de celle-ci. il éleva le pavillon formant salon et servant de base à une tour-belvédère dans laquelle passe le tuyau de cheminée du foyer (|ui chaulfe la vapeur. Le sommet de cette cheminée a la forme d'un vase -. »
Il est tel aujourd'hui qu'il était alors, et on peut toujours admirer son élégance. Le chemin de la pompe à feu fut supprnné le 20 décembre ISG.S et le terrain (pii mesurait 3.201 mètres carrés fut payé à loi'd llertfoi-d, 8.200 francs soit 2 fr. TiO le mètre.
1. La pompe à feu de lîclaii^^ci* a\ail, foùlé 30. 000 j'raïu's. •2. Ai'l. de M. .1. (lardoiior dans le Moniteur di's Archiiccica, p. :21j--MG.