CHAPITRE XV
1870 - 1001. Los ambulances. — Le Trianou (1(^ Hanalelh» — Phi- Lanlliropie de Hichaid Wallaco. — Amélie Caslelnaii. — Sir Murrav Scott.
Après la mort du mai'([uis crilerlforcl, le domaine de Bag-îitelle passa entre les mains de son parent et ami Richard Wallace, qui le soi^^na durant sa maladie avec un dévouement filial ^ ; il lui légua aussi ses valeurs en portefeuille, ses collections et les propriétés qu'il avait achetées de son vivant.
Son premier devoir fut d'accomplir les vcrux du marquis d'Hertford ; la iT;-uerre sévissait : il fit transformer les musées du boulevard des Italiens, de la rue Tait])out et d'Aguesseau en spacieuses and)ulances.
Epris du désir de rendre de i^rands services humanitaires, il créa le s])lendide hôpital Ilertford. les chapelles de la rue de Villiers et de la rue Rassano, des orphelinats. Il donna de perpétuels secours aux malheureux, offrit son aumône à toutes les bonnes œuvres, contribua à permettre à la ville de Neuilly de soutenir ses pauvres, et mit le sceau à sa popularité en créant les fontaines Wallace, œuvre du sculpteur Lebourg, g-rand prix de Rome.
11 se plaisait infiniment dans le joli domaine de Bagatelle et il entreprit les transformations que le marcjuis d'Hertford n'avait pas voulu accomplir, après avoir fait transporter les collections en Angleterre.
Dès 1873, il choisit son architecte, et ce fut M. Léon de Sauges.
Il fit abattre le « bâtiment des pages » qui se trouvait au premier plan, cachait le pavillon principal, res-
1. En raison des soins quil lui a douars piMidanl une cruelle maladie.
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tr(M<^'iiait los al)()r<ls cl (lissunulail ranivcc. liichard Wallacc aimait les lignes droites U la IraïK^-aise et les axes ; il [)ri( donc un j^rand parti et lit place nette en détruisant l'avant-corps de fond en cond)le. augmentant (Fautant la coui' d lionneiu', (pi il Icrnia simplement à l'entrée pai- deux pavillons de gardes. A droite et ii ^•auche de cette vaste arrivée, il ménai^-ea deux lonjrues terrasses au niveau du vestibule du pavillon de Jkdan^'-er, établissant sous celle des deux qui re^ij-ardait la Seine, pour le service des domestiques, douze chambres et les nouvelles cuisines et dépendances qui prenaient jour sur le bois de Boulogne, et réservant le dessous des terrasses qui donnaient sur le parc aux magasins aux marbres, caisses et matériel dépendant des grandes collections formées par lord Ilertf'ord, qu'il allait considérablement augmenter'. Richard ^^'allace transpc>rta les collections en Angleterre et transforma Bagatelle.
Sa femme était française, son lils fut soldat.
Lieutenant aux cuirassiers de la gai'de, ofïicier d'ordonnance du "-énéral ^'inoY, Georq-e A\ allace, avec le 1.3'' corps, échappe au général Tumpling et de Mézières rentre à Paris. Richard s'y enferme.
« Çà et là, sont venus prendre place quelques beaux bustes de Houdon et de Pajou, des meubles de Boulle et de Riesener, des commodes de Gafïîeri, un charmant plafond de Boucher orne le boudoir de l'ouest, et, sur les murs, quatre panneaux de Lancret provenant du pavillon de Marly semblent faits pour cette pièce. Dans le ])oudoir de l'est, on a mis un plafond de Lemoine, le beau portrait du comte d'Ai'tois enfant, peint par Boucher en collaboration avec Oudrv, et les vues de Bagatelle peintes k l'huile et à la gouache par Moreau le jeune, ^'oilà pour le rez-de-chaussée.
« Au premier étage, k peine entré dans le petit appartement, on voit qu'il a pris un air plus moderne ; mais tout ce qui tient aux murs même a gardé son caractère. La chambre du comte d'Artois n'a plus les tapisseries qui en faisaient une tente. On a substitué une cheminée
1. Ou estime ces collections à plus de 2 millions. Ch. Vriarte.
à une autre, chanj^'é la loriiie des fenêtres pour obtenir plus (le jour: mais on a j^ardé les jolis bronzes dessinés par Bélanger pour le i^rand maître de 1 artillerie. Et là encore, dans la proportion jointe h la i;M-àce. et l'appropriation parfaite de cliandji'es minuscules aux îdses du corps humain. L'escalier (|ui mène du rez-de-chaussée à ces chambres fait penser à celui d'un yacht par sa dimension. Il est re""ardé comme un véritable chef-d'(euvre pour la facilité de l'accès et ce privilèg-e de rester presque monumental sur les mesures les plus modestes. Au surplus, ces petits appartements, avec leurs dép;^a2;-ements secrets et rindépendance absolue de cha([ue pièce par rapport à la pièce voisine attestent la préoccupation du comité d'Artois et sentent (( la petite maison ^ ».
Après la répression de la Commune le capitaine Wallace avait donné sa démission. Il mourut dans une ])ièce du Trianon qui dès lors resta fermé. Richard A\'allace entretenait à Bag-atelle vin<:t jardiniers sous la direction d'un chef habile.
Depuis plusieurs années Richard, Wallace, se renfermant dans son g-rand œuvre, restait isolé dans son paradis. Bagatelle, et ses souffrances se calmaient un peu. Suivant son désir, dans la cluimbre et dans le lit du marcjuis d'IIertford le grand philanthrope s'éteignit le dimanche 20 juillet 1890.
Le domaine passa entre les mains de sa veuve, née Amélie-Charlotte Castelnau, qui vécut })eu à Bagatelle et qui à sa mort institua pour son légataire universel son secrétaire sir Henri Murrav Scott.
1. Nous si^uuloiis inic niouotiraphio du chàlcau de lîa^aLcllc. l'aile par M. Gu(!'rinet, éditeur d"ou\ radies documeutaires sur les arts décoralil's. (|ui ohliul l'autorisation iiuniic-ipale de l'aire plioto.urapliicr les intérieurs et détails tant du pa\illou du comte dWrtois ([ue ilu Trianon. C'est une suite de cent planches sans texte.