‹ Le Château de Bagatelle, 1715-1908 d'après les documents inédits des Archives nationales, des Archives de la Seine et des mémoires manuscrits ou imprimésChapitre 98 sur 146 · BAGATELLE ACHETÉ PAR LA VILLE DE PARIS · texte numérisé non relu

BAGATELLE ACHETÉ PAR LA VILLE DE PARIS

1-ienvoyé à huitaine, le jugement fut prononcé en faveur du demandeur.

Depuis que le château appartienl à la \ ille. il est destiné à servir à des expositions.

Au mois de décembre 190.'"), le conseil municipal vo* tait, sur la proposition de M. Jousseliii, la résolution suivante, concernant l'aiiectation du domaine de Bag-atelle :

Toul en conservant d'une manière générale, les dispositions actuelles du i)arc. son aspect élégant. soii;né et paré, il serait possible de créer dans les 2."") hectares de ce domaine, un jardin de collections non pas botaniques et purement scientiliques, mais de collections horticoles d'arbustes et de vég"étaux d'ornement groupés avec méthode.

Nous n'avons encore nulle pari en France de jardin de cette nature, et, sans vouloir copier rétablissement anj^lais de Kew. on pourrait s'en inspirer pour réaliser cette tentative intéressante.

Les plantations actuelles du parc constituent déjà un beau fonds d'arbres d'ornement du climat de Paris; il n v aurait qu'à les compléter successivement en suivant un ordre de classement par essence.

On consacrerait, d'autre part, à des collections spéciales, des emplacements convenables par leur disposition, leur sol ou leur exposition: on y trouverait, par exemple, unrosarium. une collection de plantes de rocailles, de plantes aquatiques, sarmenteuses ou i;rimpantcs. des variétés de clématites, de vij^iies vierjj^e, de chèvrefeuilles, avec les plus belles liliacées, etc., etc.

Le développement, et on {)eut dire la prépondérance de lindustrie a«iricole de la ré<;ion de Paris, qui doit lutter maintenant contre d'imj)ortants rivaux (rAngleterre, d'Américjue. de Belgique, de Hollande et d'Allemagne, justifierait un eifort de cette nature, et nous avons tout lieu de croire que la plupart des horticulteurs nous prêteraient volontiers leur concours. Ces expositions permanentes et instructives de Heurs donneraient à ces horticulteurs le moyen de mettre en lumière leurs plus récentes productions, tout en permettant aux amateurs, toujours plus nombreux, d'y trouver charme et prolit.

210 iiisioilti, 1)1" (;ii\ii;\i ni; itAc \'lf;i,i,i-:

Ainsi disposé, le pai'c de J>;ii;aLelle scriiiL oiivfM"! ;iij public dans les mêmes conditions que les squares de Paris cL le même rèf^lcmenl y serait ap[)lical)le.

S'inspirant de ce ([ui |)récè(le, M. (Jueiitin-ljaucJiart et plusieurs de ses collègues déposèrent une proposition concluant :

1" Au vote du principe de rétablissement à Ba;^'"atclle d'un parc botanique, dunestaliond'étudede botanique et de culture:

"2'^ A For^anisation de cultures botaniques appliquées à Tart. ainsi qu'à celle dun musée et d'exposition des arts de la plante dans l'un des pavillons du parc:

3*^ A l'envoi d'une déléj^ation du conseil aux jardins de Kew, près de Londres, proposés comme le type dont il y a lieu de s'inspirer, sans se borner cependant à une copie servile;

4" A la désignation d'une commission spéciale composée de membres des 3® et 4*^ commissions, qui auraient à s'occuper de tous les détails d'organisation de la création projetée à Bagatelle.

Renvoyée aux commissions et à l'administration pour étude préalable, cette proposition reçut son accomj^lissement en partie, et chaque année on peut admirer dans les jardins de Bagatelle, des essais de mosaïque et la roseraie.

De même, Bagatelle fut choisi sur l'initiative de M. HoU pour que chaque année fut donné une exposition rétrospective des Beaux- Arts. L'entrée étant payante, le tiers de la recette fut alloué à la ville de Paris pour augmenter son patrimoine artistique.

La première exposition fut donnée dans le palais du domaine de Bagatelle du 12 mai au 30 juin 1900. Il y fut exposé 226 œuvres d'art signées par loO artistes parmi lescpiels on remarquait les Eugène Boudin, les Carolus Duran, les Georges Garteau, les Gharpentier, les Gourtois, les Durot, les Galland, les Jeanniot,les Meissonier, les Rixens, les Stetten, les Weerts et les Toulmouche.

hagatelij: acfjktk pai; i-a vu. m: di: i'Aius 211

Une nouvelle exposition rétrospective de portraits de femmes (1870-1900) y fut ori^-anisée parla Société nationale des Beaux-Arts, du mercredi 15 mai au dimanche IT) juillet 1007.

Les portes furent ouvertes de 0 heures du matin à () heures du soir, et le prix d'entrée fut ainsi fixé :

10 francs le mardi 1 i mai, jour du vernissage ;

:2 iVancs le mercredi 15 mai, jour de l'ouverture ;

o francs les vendredis ;

Le premier dimanche : matinée û francs ; après-midi, 1 franc:

Les autres dimanches : matinée H fiancs : après-midi, 0 fr. 50 :

Les autres jours de la semaine, sauf le vendredi, 1 franc toute la journée.

Seuls, les sociétaires français et étran^'ers ayant au moins six années de sociétariat furent admis, dans leur section respective, à exposer leurs (cuvres et à en présenter deux. l>eauc()up en présentèrent davantage.

Un éblouissement, un charme des yeux ! un réi^j-al comme bien peu d'ai listes, même parmi les })lus solidement réputés, ne nous en procurèrent jamais; véritable bouquet de merveilles, qui appellent la sui-prise et Tad mi ration î '

En vérité, 1 17 artistes sont représentés par 170 œuvres.

Pouvons-nous les citer tous? ce n'est guère du cadre de cet ouvrage^ mais, cependant nous ne résistons pas au désir de citer quelques-unes de ces œuvres.

Ainsi, comment ne pas s'arrêter devant les Cabanel. dont les trois portraits sont admirables? surtout celui de la duchesse de Luynes et de ses enfants.

Et non loin, nous voyons le portrait de Mme Bartet, dans son rôle d'Adrienne Lecouvreur \ (L Courtoisj. La superbe artiste est bien telle que nous hi connaissons, lière et douce, cest-à-dire deux fois femme.

Mais quels sont ces tons, déjà gravés dans ma mémoire ? je connais cette layon, c'est Chaplin 1 Oui. c'est

i. .louniul le Gnuloi's du 10 mai 1907. .\rfick' : l'arisiana.

212 iiisTOiiiK 1)1 ciiA'iKAi i)i: i'.A(, \'ii;ijj:

le j^orlrail de Mme de iKcrsaint, c'est le, portrait de Mme de la l^ochefoucauld. (Ju(d charme dans cette peinture! quel p(!intreî Je le vois encore dans son hôtel de la rue de Lisbonne, aujourd'hui démoli, et dans sa charmante propriété dit Jouy-en-.Iosas. où j'ai ])assé dlieureux jours avec son fils Robert, ami tioj) lot (lis]:»aru (,'t son fils Arthur. On s y rencontrait aussi avec le sublime Mihîdy Munkaczy, qui passait des journées entières immobile k contempler Thorizon et ([ui,à force de fixer les yeux sur la nature, a été bu par elle.

Qu'on se rappelle son Christ^ exposé au salon de 189y, qui fit dire au poète :

Le Christ livre sou corps aux iufàmes bourreaux. Livide et calme, il est, sous la fureur humaine. Son doux regard pardonne et sa douceur ramène : Eux, ont les yeux de sang des farouches taureaux.

Au loin vers l'Infini s'envolent les oiseaux Effrayés du spectacle. Encore c'est à peine. Planant sur la hauteur qui de douleur est pleine. Si les fiers lammargiers quittent les hauts réseaux.

Seigneur (^dirist! ton martyre au bonheur nous convie Pour nous rendre meilleurs, tu nous donnes ta vie, Aux ténèbres, pourtant, existent des humains.

0 Seigneur ! 0 Christ saint ! Si l'un dans sa furie S'éloigne de ton ciel, se plaît dans la tiirie. Pour le sauver encore attache-lui les mains !

Gustave Doré a fait un portrait en médaillon de Sara h Bernhardt qui est ce qu'il y a de plus parlant. C est d'un charme infini. La grande trag-édienne est coiffée d'une étoffe arabe, mais de tons chauds, et cela s'harmonise avec un nuag^e de poudre sur les cheveux, qui fait vibrer les yeux, grands et expressifs.

On admirera le ton des chairs du portrait de la duchesse de Vallombrosa. Cabanel a répété l'original, il a fait là une beauté.

Nous citerons le portrait de Mlle Sabine (Pannemakerj, travail délicieux ; le portrait de Mme Henry Fou-

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