‹ Le Chateau de Chantilly pendant la Révolution: arrestations dans le Département de l'Oise enChapitre 41 sur 75 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

Vormée rérolutionnaire i Chantilly. — Ses désordres. — Fête de la Raison. — Collot-d*Herbois à la séance des Jacobins. — La cornmone de Paris enToie Marchand k Chantilly. — Nouveau régime des délrnns. — Perdrix remplace Notté. — Nourriture des prisonniers mise en adjudication. — Arrivée de Martin et de Maisoncelle, agents du Comité de sûreté générale. — Visites minutieuses dans le château. — Repas en commun. — Un soldat se noie dans les fossés. — Conduite des détenus à ce sujet. — Départ de plusieurs convois pour Paris. — Péripéties du voyage. — AITaire du château de Villotran.

Au mois d'octobre 1793, le Comité de sûreté générale de Paris avait envoyé à Chantilly un détachement de l'armée révolutionnaire^ composé de 260 hommes pour remplacer la gendarmerie qui faisait le service intérieur du château.

Ce détachement arriva à dix heures du soir^ à la lueur des torches > au bruit des tambours, remplissant les airs des cris : Ça ira! et traînant deux canons. Il fut logé chez les habitants de Chantilly^ mais le 18 brumaire (8 novembre)^ sur la réclamation transmise à cet égard^ au conseil permanent

mèche allumée^ restaient constamment braquées devant l'entrée principale du château.

Les détenus étaient aussi^ de temps en temps^ soumis à la 'visite d'individus qui se prétendaient chargés de missions particulières. On ignorait s'ils venaient de Chantilly^ de Senlis ou de Paris. Un jour un de ces individus nommé Sergent^ monta sur le pied de la statue du Connétable^ en face de l'entrée du château et prononça un discours des plus violents dont quelques phrases parvinrent jusqu'à la galerie des plombs. Ce discours qui n'avait d'autre but que d'exciter la population contre les malheureux détenus, fut suivi d'un auto^da-fé où l'on brûla quelques tableaux de la maison de Condé qui n'avaient point été vendus*.

C*est à cette même époque que fut célébrée partout la fête de la Raison. La commune de Paris avait chaîné deux de ses affidés^ nommés Clémence et Marchand^ de diriger dans le département de TOise ces sortes de saturnales.

Marchand présida à celle de Senlis. Il en ordonna le rit^ nomma les femmes qui devaient y figurer^ fit enlever de l'église métropolitaine^ où il entra à cheval^ les vases sacrés, les ornements du culte catholique^ et poussa l'impudence jusqu'à se permettre^

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