‹ Le Chateau de Chantilly pendant la Révolution: arrestations dans le Département de l'Oise enChapitre 42 sur 75 · Hé«U ùMgi Je im déUntioH de ChantiUf^ par M. BuoqiMU · texte numérisé non relu

Hé«U ùMgi Je im déUntioH de ChantiUf^ par M. BuoqiMU

PENDAHn: lA RÉVOLUTION. lii

sur le maitre-autel^ les actions les plus indécentes avec une prostituée '.

Chantilly eut aussi sa déesse Raison : c'est le 1 5 octobre 1 793 qu'elle daigna apparaître en public.

Le char triomphal traversa la pelouse et passa sous la fenêtre des prisonniers. <c Une foule de paysans^ raconte Mme de Bohm, formaient le cortège; de jeunes filles vêtues de blanc, parées de rubans tricolores, entouraient cette Raison, dont le costume et l'attitude dénotaient la bacchante la plus éhontée.

« Le district de Senlis administrant la maison d'arrêt de Chantilly avait ordonné de préparer aux firais des détenus un somptueux repas qui serait servi sur la pelouse et offert à l'armée révolutionnaire.

ce Des tables d'une étendue démesurée et de nom^ breuses banquettes furent préparées ; » nous vîmes avec horreur^ ajoute Mme de Bohm^ des femmes de la haute bourgeoisie^ venues des villes voisines^ s'y placer avec empressement^ mangeant, chantant, dansant avec les soldats de l'armée révolutionnaire et tous les figurants du cortège.

c( Des salves d'artillerie à poudre brisèrent et firent voler en éclat^ les vitres qui s'y trouvaient exposées. Les prisonniers consignés dans leurs chambres cherchaient à se préserver de ce danger inattendu en

« Lu Prisons m 1793, p. 26.

ii2 LE CHATEAU DE CHANTILLY

mettant des matelas contre les fenêtres. Un capitaine de l'armée révolutionnaire ayant aperçu à l'entresol une prisonnière qui, effrayée d'un tel vacarme, ne savait où fuir, tira sur elle deux coups de pistolet chargé à balle, la blessa dangereusement et en outre fracassa l'épaule d'un détenu qui se trouvait dans la même chambre'.

a Vers le soir, douze charrettes encombrées de femmes, d'enfants, de vieillards, de religieuses, entrèrent dans la cour du château. Les saintes filles, enveloppées dans leurs sombres manteaux, attendant avec résignation le coup funeste qu'elles croyaient prêt à les frapper, étaient calmes et silencieuses. Une joyeuse musique militaire précédait ce convoi. Les soldats, les curieux, la foule parée de feuillages formèrent des rondes autour des voitures, et les accompagnèrent jusque dans l'enceinte même de la prison, dont les portes restèrent ouvertes *. >i

Quelques jours après, le régime auquel était soumis le château de Chantilly fut l'objet d'explications delà part de CoUot-d'Herbois devant les Amis de la liberté et de C égalité dans la salle des Jacobins.

1 . La prisonnière ainsi blessée était la femme de M. Caron (Charles- Philippe), cultivateur, et économe d'uue métairie du prmce de Condé, à Vineuil. Elle fut atteinte d*une halle dans le côté.

Page 1