‹ Le Chateau de Chantilly pendant la Révolution: arrestations dans le Département de l'Oise enChapitre 43 sur 75 · Us Pr'uons en 1793, p · texte numérisé non relu

Us Pr'uons en 1793, p

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Voici comment le procès-verbal de la séance du 20 octobre 1 793, présidée par Dubarran, rendit compte de cet incident.

c( Une société avertit que le château de Chantilly est rempli de procureurs, avocats, notaires, piqueurs, valets de chambre, goujats^ cuistres et autres valets de l'ancien régime.

a Collot-d'Herbois : J'observe à cet égard que dans le temps que j'étais avec mon collègue dans ce département, après que j'eus pris la résolution de corwer" tir le château de Chantilly en prison j la société de Versailles qui en est voisine fournît une idée excel* lente; c'est que Tégalité, trop méconnue et qui est surtout bannie des prisons, fût au moins conservée dans celle-là. Ainsi l'iiristocra te à cinquante mille livres de rente ne fera pas bonne chère, ne couchera |)as sur le duvet, tandis que son compagnon le malheureux sans-culotte mourra de faim et couchera sui* la paille. Là on tire au sort les chambres, on partage le dîner; s'il entre une bouteille de vin, s'il y a 20 sous de dépense, tout cela est partagé et réparti entre tous; celui qui n'a rien ne paye rien. (Applaudi.) »

Marchand^ le représentant de la commune de

Paris, qui était chargé par elle de mettre au pas le

département de l'Oise, partageait entièrement les

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mêmes idées. Le 20 octobre 1793, avant de quitter Chantilly, il vint, accompagné de Tétat-major de Parmée révolutionnaire, faire une visite au château, parcourut l'intérieur de la prison et manifesta son mécontentement de voir quelques détenus vêtus encore avec une certaine élégance relative. Il adressa à cet égard des reproches sévères au commissaire Notté et se récria surtout contre la liberté qu'on laissait à chacun de prendre ses repas isolément. « Je veux, dit-il, que les sans-culottes partagent la table et le logement des muscadins; c'est la volonté expresse de la nation, exécutez-la, ou j'en rendrai compte à la commune ^ »

Dès qu'il fut parti, Notté s'empressa de mettre à exécution une partie de ce programme. Il rassembla dans la cour les prisonniers les plus pauvres et leur délivra des espèces de billets de logement qui leur donnaient droit au partage des chambres occupées jusqu'alors par ceux qu'on appelait les riches. H poussa même l'insulte au malheur jusqu'à forcer des femmes à céder moitié de leur local à des hommes qu'elles ne connaissaient pas et d'une tout autre condition; c'est ainsi que Mme de Bohm, qui, jusque-là, avait habité avec son enfant et sa sœur, une seule

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