Récit ohrégi de la détention à Chantilly, par M. Bacquet
PENDANT LA RÉVOLUTION. i89
lui valurent le surnom de Saneha-Pama, Il commença p^r s'emparer de tous les vivres que les détenus avaient Êiit acheter fort cher pour les malades. Ensuite il fit dans chaque chambre une inspection des plus minutieuses. M. Le Prou de Berthecourt fort souffrant^ pâle et amaigri^ lui réclama^ chapeau bas^ une méchante volaille qui lui appartenait : c( Mets ton chapeau^ répondit Buzotti^ la tête de veau craint le froid; » et il refiisa d'accorder ce qui lui était demandé.
Un peu plus loin^ Mlle Bucquet lui présenta une requête du même genre, dans l'intérêt de son père malade. Cette demoiselle était petite et quelque peu disgraciée par la nature, c Tu es si gentille et si bien faite^ charmante citoyenne, réphqua Buzottî^ qu'on ne peut te rien refuser; ton père aura des œufs au jus à son diner^ »
Bientôt après ce fut le tour de M.|.Des Courtils de Merlemont qui^ par suite d'une attaque de goutte^ était assis dans un fauteuil. Buzotti lui lança alors quelques plaisanteries auxquelles M. Des G)urtils répondit sur le même ton. a Allons^ s'écria Buzotti^ quoique aristocrate tu es assez bon b ; mais dès qu'on ne
marche pas on n'a pas besoin de poulet. »
Quant au farouche Martin^ il revint de temps à