VI AVANT-PROPOS
plus qu'à rétat de tradition ; sans doute elle a pu conserver l'éclat de certains noms, le souvenir de grandes actions valeureusement accomplies et le prestige qui s'attache toujours aux grandes fortunes, mais elle a perdu ses privilèges^ civils et politiques. Quant au clergé, dont les titres et les prébendes semblaient exclusivement réservés, comme apanage, aux fils de famille que le droit d'aînesse privait de leur part dans Théritage paternel, il n'existe plus. Celui d'aujourd'hui se recrute en grande partie dans les classes peu aisées, et les superbes bénéfices d'autrefois ont eu le même sort que les privilèges de la noblesse : tout s'est fondu devant l'égalité des droits et des devoirs proclamée dans la nuit du 4 août 1789, Mais, à son tour, le tiers-état semble se diviser et former deux classes bien distinctes : la bourgeoisie proprement dite et le peuple, c'est-àdire les prolétaires. On a beau répéter que cette division est absurde; que la ligne de démarcation entre la bourgeoisie et le peuple est souvent imperceptible; que l'ouvrier de la veille pourra être le bourgeois du lendemain : cela est vrai ,