AVANT-PROPOS. VI
mais la séparation n'en existe pas moins dans les esprits et elle y est entretenue par cette foule malheureusement toujours grossissante d'envieux, de déclassés et d'ennemis du travail qui ont voué à la société une haine éternelle parce qu'elle les a rejetés de son sein comme un élément impur. Ce sont ces gens-là qui ont fait, en grande partie^ la Commune de 1871, qui ont incendié nos richesses nationales, qui ont cru supprimer la famille en brûlant des milliers d'actes de naissance ou de mariage, et dont la fureur s'est portée principalement sur le casier de police, cet état civil du crime qui les gênait tant.
Ce sont ces gens-là qui nous menacent encore et qu'il faut combattre à outrance. Arrière donc cette prétendue division entre le peuple et la bourgeoisie. Que l'exemple du passé soit au moins un enseignement pour l'avenir! Le peuple est un et doit rester tel. Jl n'y a plus désormais que deux camps, deux partis : celui de l'ordre et celui du désordre. Que les honnêtes gens se comptent : grâce à Dieu, ils sont encore les plus nombreux; qu'ils se groupent donc et qu'ils
vin AVANT- PROPOS.
serrent de plus en plus leurs rangs ; qu*iis fassent surtout cesser les mesquines rivalités de caste et de fortune qui n'ont plus aucune raison d'être aujourd'hui, et puisqu'on parle d'une ligue ayant en vue la ruine de la société, formons tous, petits et grands, la ligue du bien et la société sera sauvée.
15 juillet 1872.