R 0 F F I G N A C , BEAUVILLIER ET ROC II ECHOUA RT
bouche enfoncée, des yeux d’esprit et perçants, le sourire agréable, l’air fort doux, mais ordinairement fort sérieux et concentré. Il était né vif, bouillant, emporté, aimant tous les plaisirs. Beaucoup d’esprit naturel, le sens extrêmement droit, une grande justesse, souvent trop de précision; l’énonciation aisée, agréable, exacte, naturelle, l’appréhension vive, le discernement bon, une sagesse singulière, une prévoyance qui s’étendait vastement, mais sans s’égarer; une simplicité et une sagacité extrêmes, et qui ne se nuisaient point l’une à l’autre. » Comme une aimable et majestueuse assemblée de famille, en la galerie du château de Saint- Aignan , outre le portrait du duc Paul, on voit réunis ceux de Claude, de Honorât, de François et de Paul-Louis de Beauvillier, avec de charmants petits portraits des duchesses de Saint- Aignan.
Les brillantes et fortes qualités de l’homme d’Etat recevaient un lustre particulier de son goût pour les lettres et pour les arts. Il avait son fauteuil à l’Académie française et se plaisait aux entretiens avec les esprits les plus cultivés, sans d’ailleurs se refuser à y composer quelque quatrain avec Chapelle ou tout autre immortel. La mort, qui n’a pas l’habitude de distinguer entre les coups qu’elle frappe, emporta le duc Paul le 31 août 1714. Comme il avait, hélas! vu mourir avant lui ses deux fds, « qui promettaient toutes choses, » les domaines de Saint-Aignan passèrent à son frère utérin Paul-Hippoly te , et la terre de Chaumont demeura à sa veuve.
Henriette - Louise Colbert garda fidèlement la mémoire de son époux, et ce culte, après avoir été l'honneur de sa douce vie d'épouse, fut la consolation de sa mélancolique existence de veuve. Sa carrière se prolongea pour la joie des déshérités, car elle était parfaitement bonne la dame de Chaumont et d’Aix-d’Angillon , la duchesse de Beauvillier et de Saint-Aignan. La main bienfaisante qui fonda et dota l’Hôtel- Dieu de cette dernière localité ne dut pas manquer de répandre les bienfaits sur les bords de la Loire, où son mari avait laissé un impérissable souvenir.
L’intendant du domaine, dès le commencement du xvme siècle, était Henri de Lomnior. Après avoir vu par ses soins vigilants, le 23 mai 1704, enregistrer au greffe de la chambre de Blois l’hommage que le duc de Beauvillier avait rendu au roi pour la terre de Chaumont entre les mains de M. le chancelier, nous voyons, le 30 décembre 1716, enregistrer de même les lettres de la foi rendue par la duchesse de Saint-Aignan et de Beauvillier. L’année suivante, en son absence de Chaumont, César Cotereau fit l’aveu pour le fief de Monteontour, paroisse de Youvray. Puis, le 13 février 1729, la duchesse en qualité