‹ Le Château de Chaumont dans l'histoire et les artsChapitre 30 sur 68 · R 0 F F 1 G NA C , BEAUVILL1ER ET R OCII E C II 0 U AR T · texte numérisé non relu

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de dame de Chaumont rendit l’aveu du domaine dont l’acte original

est conservé aux Archives nationales.

A l’été de 1733, une pieuse solennité apportait l’allégresse au cœur de la population en même temps qu’une édifiante distraction pour les regards de la foule, toujours éprise de ce qui charme les jeux. Après des travaux à l’église de Saint-Martin, on procéda à une nouvelle bénédiction. « Le quatre juillet 1733, lisons-nous dans le registre de paroisse, a esté bénite la chappelle du prieuré de Saint- Martin de Chaumont, par moy curé soussigné ayaïnt obtenu le pouvoir et la permission de Mo1' l’illustrissime evesque de Blcis, assisté de Mre Augustin Rabereau, mon vicaire, avec toutes les cérémonies requises, et en présence de M. Turmeau, procureur de seigneurie du comte de Chaumont, du sieur Millet, et autres habitans de la paroisse de Chaumont: ! signé ) Crochet, curé; Rabereau, vicaire; Turmeau. »

La dame de Chaumont, qui, durant son absence, s’associait de cœur aux manifestations de la vie religieuse sur l’étendue de ses domaines, eut d’ailleurs la consolation de trouver un soulagement à son veuvage dans l’affectueux attachement de l’enfant qu’elle avait eue du duc de Beauvillier. Marie -Henriette — c’est son nom — réunissait en sa personne les nobles qualités d’esprit et de cœur de son père, et promettait de faire le bonheur de l’époux auquel elle unirait son existence. La duchesse ne put qu’accueillir avec satisfaction la demande qui fut faite de la jeune fille par un gentilhomme de la famille de Rochechouart de Mortemart. Les joies de cette union contribuèrent à adoucir les angoisses de la séparation cpie la mort se chargea de réaliser, en l’année 1736, entre la mère et ses enfants bien-aimés.

La famille de Rochechouart de Mortemart prend rang parmi les plus nobles lignées françaises. Le bâton de maréchal y touche le chapeau de cardinal par dessus le front de maints chevaliers de l’ordre du Saint-Esprit. Le Poitou, sous de beaux mausolées de marbre et de bronze, en l’église des Cordeliers abrita, au soir du xvi° siècle, les cendres des ancêtres René de Rochechouart et de sa femme Jeanne de Saulx. Gaspard, l’aîné de nombreux enfants, donna le jour à Gabriel, et ce puissant duc de Mortemart eut la satisfaction d’être père de trois fdles célèbres pour leur beauté et leur esprit, sans compter un duc et maréchal de France. A peine est-il besoin de rappeler le nom de Marie-Madeleine, qui fut supérieure de Fontevrault et dont les éminentes qualités et les rares connaissances firent la correspondante admirée des lettrés et des artistes de son temps, qui l’appe-

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lèrent la « Reine des abbesses » ; encore moins est-il besoin de réveiller le souvenir de Françoise-Athénaïs , qui, pour être marquise de Montespan, n’en séduisit pas moins le cœur du Roi-Soleil, non plus que de Gabrielle, qui épousa le marquis de Thianges. Quant à Louis- Victor, comte de Vivonne et maréchal de France, son génie facile recherchait de préférence le commerce des esprits les plus cultivés, et les talents précoces de sa fille excitèrent l’admiration de Huet, le savant prélat. La réputation du maréchal de Vivonne et de ses proches nous a été transmise, en particulier, par un contemporain, peu enclin

Meillant , gravure du département des Estampes.

à l’indulgence. « Lui, sa femme, ses trois sœurs et ses filles, écrit Saint-Simon, auraient fourni l’Europe d’esprit et du ton le plus inimitable; ils avaient le don de dire des choses plaisantes et singulières, toujours jeunes, et auxquelles personne, et eux-mêmes en les disant, ne s’attendaient. »

Sans atteindre à ce degré étincelant de renommée universelle, Louis de Rochechouart , duc de Mortemart, joua un rôle considéré. Il fut lieutenant général des armées et gouverneur du Havre, et mestre de camp du régiment de Mortemart-infanterie. Son mariage avec Marie -Henriette de Beauvillier eut lieu le 17 décembre 1703. Il apportait d’ailleurs à sa fiancée les plus beaux titres, et à ceux de duc et pair de France il ajouta ceux de premier gentilhomme de la chambre du roi, prince de Tonnay-Charente , grand d’Espagne, marquis de Mézières-en-Brenne , comte de Buzançais, seigneur de Paluau et Argy en Berry, de Lumigny, La Malmaison et autres lieux.

Par suite du décès de la duchesse Henriette-Louise, le domaine de Chaumont échut à son petit-fils Charles de Rochechouart. Un acte

ROFFIGNAC, BEAUYILL1ER ET ROCHECHOUART

clu 15 novembre 1736 nous montre Charles-Auguste de Rochecliouart de Mortemart, duc de Rochecliouart, pair de France, « premier gentilhomme de la chambre du roi, prince de Tonnay- Charente , comte de lluzançais, grand d’Espagne, seigneur d’Argy et de Palluau, Chaumont, Lumigny, La Malmaison et autres lieux, maistre de camp du régiment de Mortemart-infanterie , mineur émancipé d’age, seul et unique héritier — sous la réserve de sa légitime de droit ou coutumière — de délimité dame Henriette-Louise Colbert, duchesse de Reauvillier, veuve de Paul duc de Beauviliier. son ayeule maternelle ». Le seigneur est dit demeurant « à Paris, en son hostel, rue Saint-Guillaume, quartier Saint- Germain, paroisse Saint-Snlpice ».

Par-devant notaire à Paris, le 15 novembre 1736, comme propriétaire de Chaumont , il reconnut (pie cette terre est chargée envers les dames de Moncé de 500 livres de rente à Noël, et « du droict de pâturage et pacage pour les porcs qu’elles ont dans leur métairie du Pau, et pour les porcs de leurs fermiers dudit lieu, dans les bois de la seigneurie de Chaumont; suivant l’arrêt du conseil d’État du 27 juillet 1636 », ordonnant qu’on leur paie cette rente pour l’extinction de sept

Meillant, le château et la chapelle, état actuel. Sep tiers de Sel à prendre Sur le

péage et les revenus de Chaumont; et selon la sentence rendue au bailliage de Bléré, le 5 mai 1702, entre les dites dames et le duc de Beauviliier. Partant, le duc s’oblige à remplir ces obligations sous la garantie de ses biens meubles et immeubles. La même reconnaissance à l’égard des dames de Moncé fut faite par le seigneur de Chaumont en 1740.

A cette dernière date, la seigneurie avait changé de famille, et avait été acquise, cà l’automne de 1739, par l’ancien maître des requêtes Nicolas Bertin. L’année suivante, le' 29 septembre, Bruno -Maximilien Berlin,

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conseiller au Parlement, « demeurant à Paris, isle et paroisse de Saint-Louis, du présent au chasteau de Chaumont, » comme ayant procuration, du 12 octobre 1739, de « messire Nicolas Berlin, chevalier, seigneur de Chaumont, maître des requêtes honoraire, demeurant ditte isle et paroisse de Saint-Louis », fit la reconnaissance féodale dont il vient d’être question. « En conséquence de l’acqnest, déclare-t-il, qu’a fait le dit seigneur Berlin, notre père, de la seigneurie de Chaumont et ses dépendances, de M. le duc de Rochechouart,

Chaumont, aile occidentale, façade sur la cour.

par contract passé devant Deshayes nro du Châtelet, le dit 12 octobre dernier, » il reconnut que le seigneur s’oblige à payer aux dames de Moncé la rente qui leur est due sur la terre de Chaumont: [signé] « Bertin de Yaugien ».

Avant de poursuivre, nous ferons remarquer que depuis lors l’illustre famille de Rochechouart n’a pas cessé de conserver des rapports avec Chaumont. On sait que le superbe château de Meillant, dont les annales se rattachent si intimement à l’histoire de la famille dhCmboise, est actuellement la propriété de M. le marquis de Mortemart, qui entoure d’un culte fidèle le beau monument, ses œuvres d’art et ses glorieux souvenirs.

Le nouveau seigneur ne paraît pas avoir fait de fréquents séjours à son château. Du moins il s’y montrait de fois à autre, et, le 8 janvier 1748, on voit à un mariage « Me Maximilien Bruno de Yaugien ,

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