BELLE FILLE
de dix-huit deniers de cens annuel, et l’autre « relevait du fief de Geoffroy de Chaumont », qui consentit à la donation. Il en fut de même de Alpacia, femme du chevalier, et de leurs fils, Robert et Isembard. Après le décès de Guazo, ses enfants remirent au couvent les deux quartiers « avec les fruits, les bœufs et autres choses s’y rattachant au moment du décès ». Ensuite ils donnèrent à Marmoutier, « en revestiture, »
« un arpent et un champ ». Au nombre des témoins de cet acte on voit Umbaud, homme de Guazo , Guarin et Gausmer, clercs, Otbert , cellerier , Hildegarius ,
Guarin, Rainaud l’aîné, Ricard l’aîné et Robert l’aîné.
Ces chartes de donation sont comme un miroir dans lequel se reflètent l’esprit, les aspirations et les mœurs du moyen âge. Si « les monstres », ou revues militaires, et les luttes sanglantes sont comme l’écho tumultueux des instincts guerriers, c’est à la plume des scribes des cloîtres aux habitudes pacifiques qu’il appartient de nous faire le tableau des initiatives et des résolutions inspirées par les meilleurs sentiments de l’âme humaine. A cet égard, en dépit, ou peut-être à cause de leur caractère parfois officiel et convenu, les formules contenues dans les chartes pies de cette époque ne laissent pas que de présenter un vif intérêt pour l’observateur et le moraliste. Nous en prenons une au hasard des documents. « L’oubli, rongeur des choses passées, a coutume de les consumer et d’effacer les temps anciens sous les temps nouveaux. En conséquence, afin
que le souvenir des actes d’autrefois ne périsse pas dans les générations à venir, la mémoire fugitive doit être retenue par les liens de l’écriture, et ce qui s’échappe par suiLe du temps demande à être conservé par écrit, » lisons-nous en tête de l’un de ces parchemins.
D’ailleurs, en dehors des indications pieuses, on sait (pie ces chartes
Mariage de Denise et Sulpice, etc. ^ it l'ail cle la chapelle.
(Dessin de J.- P. Laürens.)