MEDAILLONS PAR NINI ( G.&LEB.IE DU CHÂTEAU DE CHAUMONT
liôliocj . L richul zenbcrger, Paris
LE RAY
RENAISSANCE
Voici que nous arrivons à la série de Chaumont, qui a l’avantage inappréciable de nous offrir les produits mêmes de la manufacture, la plupart retrouvés sur place. C’est d’abord un médaillon d’une savoureuse venue figurant « J.-D. Le Ray de Chaumont, intendant des Invalides », signé « J. B.NINI. F. 177! . » Ce buste, au front large et découvert, aux cheveux courts et à la physionomie empreinte de bonté, d’intelligence et d’humour, fondus en une forte expression de vie, est comme le trait d’union entre l’atelier de Paris et celui de Chaumont. C’est le médaillon grand module, que l’artiste exécuta sans doute pour donner au seigneur l’idée de sa manière, dégagée des accessoires mondains. L’étoile, empruntée au blason de famille et qui sépare les mots de la légende, peut symboliser l’éclat du rôle du Mécène, aussi bien que la gloire de leur pensionnaire.
Près du seigneur, également en grand module, paraît sa femme, « Thérèse Jogues Le Ray de Chaumont », née Des Ormeaux, qu’il avait épousée en 1750. La tête, à la fois fine et résolue, s’encadre dans une chevelure remontante, dont les longues boucles frisées retombent sur les épaules et la poitrine, découvertes et frangées d’un corsage bordé de dentelle nichée. La signature du maître est suivie de la date 1774. Ces médaillons sont bien à leur place dans les collections de Chaumont. D’une grande finesse de traits et très ressemblant à sa mère est « Jacques-Donatien Le Ray de Chaumont », à la chevelure rattachée sur la nuque et l’habit à jabot plissé, avec ou sans légende (1783), que l’on voit à Blois, au musée et chez M. Petit.
Non moins remarquable est la sœur de celui-ci; j’ai nommé « Thérèse Elizabetth (sic) Le Ray de Chaumont 1785 », à la tête bien assise et encadrée de cheveux dont les longues boucles retombent sur la poitrine en partie découverte ; les mots de la légende sont séparés par des fleurs de lis faisant l’office de points. Ce dernier médaillon fait partie des collections de Chaumont, et nous ajouterons qu’au cours des fouilles faites au mois d’avril 1905, on a retrouvé divers morceaux, dont un fragment d’un médaillon de Thérèse, cette fois en terre brune, sur lequel on lit « Th. Le... 1785. » Dans la famille des seigneurs prend place également « Michel Foucault », ancien médecin du roi, de grand module, au profil jeune avec de longs cheveux retenus en arrière par un ruban attaché sous le menton, et à l’habit enveloppé des plis ondoyants d’un manteau; les étoiles qui précèdent et suivent la légende, ainsi que la coquille du milieu, sont empruntées aux armoiries de la maison : « d’argent à la fasce de gueules chargée de deux étoiles du champ, accompagnées en pointe d’une coquille d’or (?)■-. »