‹ Le Château de Chaumont dans l'histoire et les artsChapitre 42 sur 68 · CHAUMONT, FAÇADE OCCIDENTALE IA LOIRE ET UNE PARTIE DU BOURG · texte numérisé non relu

CHAUMONT, FAÇADE OCCIDENTALE IA LOIRE ET UNE PARTIE DU BOURG

Chaumont, le château, le bourg- et la Loire, vue prise cl'une barque.

VISITE DU CHATEAU

... Le temps où nos vieilles romances Ouvraient leurs ailes d’or vers le monde enchanté, Où tous nos monuments et toutes nos croyances Portaient le manteau blanc de leur virginité.

A. de Musset, de famille blésoise, Poème de Rolla.

es souvenirs que nous avons évoqués, en interrogeant les témoins les plus autorisés, ne ressemblent pas à ces restes qui tombent en poussière dès qu’ils voient le jour. Loin de là : à la différence de plus d’un manoir dont le temps a dispersé les assises et que l’on est réduit à ressusciter par la pensée, Chaumont se dresse dans sa majestueuse splendeur, et les événements que nous avons racontés prennent corps et revivent dans l’ensemble et dans les détails de ce monument admirable. Nous ne saurions donc clore ce travail d’une manière à la fois plus logique et plus opportune que par une visite du château.

Suivant les habitudes stratégiques du moyen âge, Chaumont fut d’abord une forteresse formant un camp retranché assis au sommet du coteau. Sur le point culminant on dut construire une tour en bois ou

VISITE DU CHATEAU

donjon, destinée à servir tout à la fois de point d’observation et d'ouvrage de défense. Puis, quelque donjon carré en pierre, dans le genre de celui de Montbazon (sans doute de dimension plus restreinte, car autrement on en retrouverait la trace), acheva de faire de Chaumont un « lieu fort » au xie siècle, qui vit les luttes épiques entre les comtes de Blésois et d’Anjou. La nécessité de défendre l’entrée de la province, dont Chaumont était comme la clef, ne permettait pas de rien négliger à cet égard, et les puissants suzerains s’entendaient à sauvegarder leurs droits, sinon à excursionner dans la sphère limitrophe.

Le moyen âge, en particulier à l’époque de la guerre de Cent ans, ne manqua certainement pas d’ajouter à l’importance de la forteresse; le xve siècle, qui, sur les bords de la Loire, a laissé dans le château de Langeais un type superbe d’architecture féodale, imprima tout naturellement son cachet en la robustesse des murailles protégeant la place chaumon toise. De ces ouvrages de 1ère médiévale, il demeure des restes bien caractéristiques dans la partie inférieure du bâtiment au sud-ouest, et sans doute aussi dans les terrasses au nord.

Enveloppé dans la disgrâce des membres de la Ligue du Bien public, Pierre d’Amboise vit sa demeure démantelée , du moins partiellement, par ordre de Louis XI. Mais, lorsque le seigneur fut rentré en grâce, nous l’avons dit, il se reprit à relever son castel. L’aile occidentale se rattache en partie à ce premier travail, soit du côté de la cour, soit du côté de la campagne. La disposition*du bâtiment et des ouvertures, aussi bien que celle de l’escalier en spirale dans une tour polygonale, accuse nettement cette époque. 11 en est de même de la grande tour ronde à l’extrémité ouest avec les portions adjacentes. Son caractère, ses baies de défense, son chemin de ronde avec mâchicoulis à consoles ornées d’arcatures flamboyantes, établissent nettement cette opinion, d’accord avec la tradition populaire qui lui a conservé jusqu’à l’heure actuelle la désignation de « tour d’Amboise ». Mais, ainsi que nous le savons, c’est surtout à Charles Pr et à Charles II d’Amboise, en possession de hautes dignités et d’une grosse fortune, que revient l’honneur d'avoir donné à Chaumont la physionomie qu’il présente actuellement et qui en fait l’une des œuvres les plus remarquables de la France.

Dans notre désir de tenter au moins une esquisse générale, nous souhaiterions avoir à notre disposition tout à la fois le compas de l’architecte, le crayon de l’archéologue et le pinceau de l’aquarelliste. Comment exprimer le charme pénétrant du site, qui domine une des plus belles vallées du monde, arrosée par le plus grand fleuve de France? Avec quelle majesté sereine le château, au travers des roches

VISITE DU CHATEAU

abruptes et des arbres séculaires, paraît plonger ses racines dans les ondes dorées du fleuve, tandis que les cimes altières de ses tours découpent leur silhouette à la fois grave et fleurie sur l’azur d’un ciel doux et clément comme celui des contrées méridionales. Soit que le regard remonte ou descende, soit qu’il fouille devant soi les îlots ou les bourgades semés çà et là, on ne se lasse pas d’admirer la magnificence du spectacle. Tout y est grand, superbe, impressionnant : l’étendue des horizons sans limites ouvre sans cesse de nouvelles perspectives , et les rideaux de verdure , tendus comme à dessein , ne servent qu’à multiplier les délices du panorama, dont chaque saison renouvelle les décors de la façon la plus heureuse.

Une longue avenue d’environ six cents mètres , ombragée d’arbres séculaires, suit la déclivité du coteau et, en ménageant au regard de perpétuelles surprises sur la vallée , conduit au plateau et amène à la porte d’entrée qui regarde le sud. Dès l’arrivée, saisissante est l’impression produite par le caractère imposant, hardi et élégant tout ensemble de ce monument de premier ordre. Il déroule ses fossés, ses murailles et ses logis de la façon la plus logique pour la protection qui était sa raison d’être, du moins à l’origine. Tandis que ses ailes se développent larges et spacieuses du côté de la vallée, comme pour l’envelopper de leurs bras puissants, il se resserre et se ramasse du côté de l’entrée, afin d’offrir le moins de prise possible à l’ennemi.

De là, sa forme trapézoïdale, qui le fait ressembler à un superbe et

Cour du château : Entrée et escalier d’honneur.

VISITE DU CHATEAU

grandiose éventail de pierre blanche , ouvragée comme une dentelle. Ou plutôt c’est un puissant organisme dans lequel le torse et la colonne vertébrale présentent à l’offensive une carrure redoutable et une infranchissable barrière, tandis que les bras, avec leurs poings de colosse formés par deux tours , défient l'escalade du côté de la Loire. Mais faisons trêve à ces souvenirs belliqueux. A l’ombre de ces toits hospitaliers et fleuris, Mars a cédé la place à Minerve, et, au lieu du cliquetis des armes, l’on n’y entend plus que le doux langage des Muses. Nous pouvons visiter à loisir celte charmante demeure, sans craindre d’éveiller les appréhensions d’aucun guetteur et avec la certitude de ne rencontrer que des visages accueillants.

Bien que la pente des douves ait été adoucie, on devine aisément l’aspect plus altier et plus redoutable qu’elles donnaient jadis à la forteresse. Deux robustes tours à toit conique, rondes au dehors et octogonales au dedans, plongent leurs assises dans les fossés et défendent l’entrée par leur cuirasse de pierre de 2m d’épaisseur ; l’une mesure 9m,80 de diamètre total, et l’autre 9m,20, et le passage entre les tours mesure 9m,20 de long sur 5m dans œuvre. L’une et l’autre offrent des voûtes élégantes à huit nervures prismatiques avec leurs consoles décorées de sujets variés; les culots sont ornés, dans celle-là de grotesques parmi lesquels un blason vide, et dans celle-ci de culots plus simples, parmi lesquels un écu vide et un tonneau. Un sous-sol, destiné à la défense et servant de casemate sur les douves, et aujourd’hui occupé par les servitudes, règne sous la plus grande partie du château, dont une cuisine voûtée au xvn° siècle, qui mesure 9m,20 de longueur; on y descendait jadis par un escalier en vis à gauche de l’entrée. Ces couloirs souterrains se prolongent sous l’aile occidentale et sous une partie de la cour.

A l’extrémité se dresse majestueuse « la tour d’Amboise », qui a quatre étages; ronde à l’extérieur, elle est octogonale à l’intérieur; ses murs ne mesurent pas moins de 3m, 70 d’épaisseur, et son diamètre total est de llm,20. On descend au rez-de-chaussée par un escalier en vis à coupe octogonale pratiqué dans l’épaisseur du mur, et qui mesure 1 m, 90 de diamètre; à la partie inférieure, il évolue au nord-est et il se déplace à partir du premier étage. La chambre du premier étage présente la même forme, et celle du second est un rectangle de 4m,60 sur 4m,50; elle agrémente actuellement son austérité féodale sous d'intéressantes tentures de cuir, des meubles et des objets curieux. Le troisième étage est aussi rectangulaire, et le dernier mesure 5IU,20 de diamètre. Les voûtes sont bien appareillées et sillonnées des élé-

VISITE DU CHATEAU

«•antes nervures prismatiques qui caractérisent le xve siècle, ainsi d’ailleurs que les cheminées qui mesurent lm,55 de long avec un manteau de 0m,35. La tour communiquait avec le bâtiment par un petit pont-levis dont on voit la trace, et au rez-de-chaussée un escalier donnait sur les douves. Cette disposition indique que la tour devait servir de donjon, ou de dernier refuge, en cas de siège.

La partie orientale, qui mesure 24m entre les tours, n’offre pas des dimensions moins imposantes ; l’épaisseur des murs à l’endroit de la pièce qui sert de cuisine est de 2m, et la longueur de celle-ci est de IL" le sous-sol est recouvert de voûtes du xvne siècle à plein cintre.

Elle se termine par la tour dite de « Saint- Nicolas » , en raison du voisinage de l’ancienne église paroissiale. Cette tour, dont les murs ont 3m,40 d’épaisseur et (pii offre un diamètre total de 12ra, est également ronde au dehors et octogonale à l'intérieur.

Le sous-sol était défendu par des meurtrières que l’on a murées. La voûte est sillonnée d’élégantes nervures prismatiques aboutissant à des culots diversement décorés. Parmi les motifs on voit deux écus aux armes d’Amboise qui accusent bien les constructeurs, une coquille, des feuillages, un lapin broutant des choux, et une chauve-souris. Une tourelle intérieure, qui mesure 2m,20, forme un escalier en spirale, dont le noyau est gracieusement prismatique; elle s’adapte à la tour et fait communiquer les étages de celle aile conduisant à la chapelle, à laquelle elle confine au sud-est.

Un superbe chemin de ronde, jadis destiné à surveiller les abords du château, olfre aujourd'hui une galerie agréable pour observer l’horizon et présente aux regards du visiteur un panorama des plus pittoresques. Dans la partie du xv° siècle, la tour d’Amboise et le logis adjacent, les consoles des mâchicoulis plus rapprochés ont leur hase taillée régulièrement, et les intervalles sont ornés d’arcatures trilobées;

VISITE DU CHATEAU

les fenêtres qui éclairent le chemin de ronde ont le linteau droit. L aspect est différent pour 1 autre partie du chemin de ronde, bien plus considérable, qui va de l'entrée de la tour du Roi à la tour Saint- A icolas. Les baies qui 1 éclairent et alternent avec des meurtrières ont leur sommet en plein cintre, et les mâchicoulis sont rehaussés de

moulures du xvi° siècle tant à la base qu’au sommet des consoles.

Le chemin de ronde a environ lm de largeur et lm,40 de haut jusqu’à la petite fenêtre, qui mesure elle-même 0m,75. Dans le mur du chemin de ronde et adossées à la tour sont taillées des niches avec siège pour les hommes d’armes. Les tours de l’entrée sont coiffées d’un toit conique, et celles des extrémités ont leur cône terminé par un lanternon ; le dessin de Gaignières, que nous avons reproduit, indique le caractère des épis et des emblèmes figurés qui couronnaient jadis la toiture , à laquelle ils donnaient un cachet d'élégante légèreté.

Absolument féodal par sa situation , sa structure et son allure imposante, Chaumont, à l'instar d’un élégant chevalier de la Renaissance , porte une cuirasse agrémentée des charmes de gracieuses arabesques. La majestueuse porte d’entrée , avec ses deux tours, n’a pas été privée de celte décoration. Les consoles des mâchicoulis sont ornées de motifs auxquels nous reviendrons, et au-dessus de la porte, comme pour en adoucir l’air martial, une Vierge pacifique sourit dans une niche finement sculptée. La tour de droite, dite «. de Diane », est rehaussée d’un panneau sculpté dans lequel un aimable dais abrite les armes d’Amboise; et celle de gauche, dite « du Roi », est décorée des armoiries du cardinal Georges d’Amboise. On leur voit, plus anciennement, la désignation « de Pontlevoy » et de « Montrichard ». De leur

Escalier d'honneur, détail des pilastres.

VISITE DU CHATEAU

côté, les annales du moyen âge nous fourniraient peut-être telle autre appellation, dont l'origine tient à quelque circonstance de la décoration, comme celle de tour « Saint-Georges », par suite de la présence du blason et de quelque figure du légendaire chevalier.

A la différence de la tour d’Amboise et du logis qui y attient, où les murs gardent leur sévérité martiale, le château construit par Charles se montre festonné de motifs qui reposent le regard.

Un double cordon, — triple pour les tours, — coupe heureusement la ligne et encadre avec harmonie les fenêtres du rez-de-chaussée, cependant qu’une frise déroule sur les trois faces ses symboles qui piquent la curiosité du visiteur. Plus d’un auteur s’est mépris sur le sens de ces motifs, mais il ne peut exister aucun doute à cet égard. Elle est formée de petits monticules fumants qui alternent avec des C entrelacés.

Le premier motif est un rébus, bien dans le goût de cette époque, sur le nom de Chaumont ou mont chaud, et le second est destiné à rappeler les prénoms du constructeur Charles d’Amboise et de son épouse Catherine de Chauvigny, ainsi que nous l’avons indiqué.

Nous franchissons la douve sur un pont dormant qui se termine par un double pont-levis, l’un à cheval et voitures pour la grande porte, et l’autre à piétons pour la petite porte. Nous nous trouvons sous un porche spacieux qui embrasse l’espace compris entre les tours, et qui mesure une longueur totale de 14m sur 5m,60 dans sa grande largeur. Devant nous s’ouvre une vaste cour ayant la forme d’un quadrilatère; sa face orientale, du porche â l’extrémité de la chapelle qui la termine, mesure 3bm de longueur; l’aile opposée a 39m, et la largeur de la cour est de 29m.

VISITE DU CHATEAU

La cour d’honneur emprunte un caractère particulièrement grandiose, non seulement au site qui domine la vallée de la Loire, mais encore à l’ordonnance de la construction. Sans parler des détails des fenêtres ou des portes, l’attention se porte sur le remarquable entablement à coquilles, lequel a été refait d’après les dessins de celui qui avait disparu. Cette corniche, à la fois robuste et gracieuse, est inspirée de celles que l'on remarque à Amboise, à l’Hôtel-Joconde et à Château -Gaillard, dans lesquelles nous devinons l’influence des artistes italiens amenés par Charles VIII. En remontant la Loire, ce type harmonieux a fait une étape à Chaumont avant de trouver sa perfection dans l’entablement du palais de Blois pour la partie François I,r. Chaumont, ici comme en plus d’un point, a servi de trait d’union entre Amboise, berceau des arts, et Blois, leur épanouissement, toujours sur les bords de la Loire, dont le rôle artistique n’a pas été moins glorieux que le rôle militaire.

Il est un autre superbe morceau d’architecture et de sculpture dans lequel Chaumont a encore joué le rôle de précurseur : c’est l’escalier à pans coupés qui se dresse à l’angle sud-est de la cour. Il y a tout un monde entre cet escalier et l’escalier polygonal du xv° siècle avec sa modeste porte au tympan à arc en talon orné d’un écu, timbré d’un casque et soutenu par deux femmes, escalier qui est appliqué à l’aile occidentale. Autant celui-ci, d’ailleurs un peu mutilé, se distingue par une simplicité froide, autant le premier se fait remarquer par une grâce chaude et colorée. Encore a-t-il perdu une partie de son élégance par la construction de la galerie, qui est cause qu’il ne fait plus autant saillie sur le logis et qu'il ne montre plus que trois pans au lieu de quatre. A l’examen, en effet, il est facile d’observer que la porte qui ouvre sur cette galerie moderne était primitivement une fenêtre donnant sur le dehors.

Par sa forme et sa direction, cet escalier est bien caractéristique de la transition entre l’ère ogivale et la libre Renaissance ; on y découvre les derniers et rares vestiges de l’époque qui disparaît, et surtout les inspirations encore un peu confuses de l’ère qui s’ouvre. Et, à ce point de vue, il y a tout lieu de le rapprocher des pilastres de la chapelle du Sépulcre de Solesmes, oîi brille un caractère identique. Le pilier central épannelé est rehaussé de quatre bandeaux sculptés comprenant chacun dix sujets ou compartiments en manière de fleurons : le premier montre des feuillages, des plantes et une tête feuillagée; le second, des feuillages, des plantes, des fleurs, deux dauphins et un rébus de Chaumont formé par un mont chauve sans flamme; le troisième, des feuillages avec deux dauphins, et le quatrième de même ;

VISITE DU CHATEAU

aux feuillages et aux fleurs viennent s’ajouter des feuilles de laurier imbriquées et une figure. Il est à remarquer que la décoration se déroule sur un pilier de style flamboyant et se rattache aux premières inspirations de la Renaissance. La porte est entourée d’un tore croisé aux extrémités, et la corniche est ornée de fleurs avec un ruban ajouré. Au-dessus se développe une large frise dans laquelle, au centre de deux grands enroulements, sont les armes de Georges d’Amboise timbrées du chapeau. La présence de l’insigne cardinalice permet de dater l’escalier d’une manière assez précise et indique sa construction entre les années 1498 et 1510. Les fenêtres ont leur appui suivant la direction montante de l’escalier, ainsi qu’on le remarque à celui du château de Blois. Celle de l’ouest, qui a été transformée en porte donnant sur la galerie, est rehaussée de motifs sculptés parmi lesquels des feuilles et des fruits de figuier.

L’escalier, d’excellente dimension , évolue avec une élégance parfaite, et l’emmarchement de pierre dure et très blanche mesure environ 2m,50 de largeur. Sur le pourtour intérieur règne une bande de grands feuillages ajourés du meilleur efl’et, et le noyau en torsade ne laisse rien à désirer pour la perfection de la ligne et de l'ornementation. La paroi enveloppante, outre la frise feuillagée , est décorée d’une pittoresque série de culs-de-lampe qui appartiennent bien à l’époque de transition ; parmi les motifs dont nous avons reproduit les plus intéressants au cours de cette étude, on observe de petits personnages au milieu des fleurs, un buste d’homme, des oiseaux becquetant des fruits, une femme entre deux hommes, et quelques sujets empruntés à la flore de la contrée. Une gracieuse série de niches, inspirées tout à la fois de l’ère flamboyante et de la Renaissance, se déroule le long du noyau avec une variété qu’agrémentait encore la présence de statuettes disparues. On a eu l’excellente idée de placer dans les fenêtres les armoiries des seigneurs qui ont possédé Chaumont. Le couronne-

Couronnement de l’escalier d’honneur.

VISITE DU CHATEAU

ment en forme de palmier, qui devait terminer l’escalier ainsi qu’on le voit parfois, n’a pas été posé; mais la restauration l’a doté d’une voûte harmonieuse, et cet escalier, qui dessert les ailes du château, se distingue par une rare élégance.

Il est à rapprocher de celui du palais de justice de Rouen, et l’on

remarque qu’il lui ressemble par sa forme polygonale , mais qu'il s’en distingue en ce que le style de celui-ci s’inspire plus des traditions ogivales, tandis que dans celui de Chaumont visible est l’empreinte de la nouvelle école à laquelle on doit tant d’œuvres de premier ordre. Il y a tout intérêt à comparer également cet escalier avec ceux de Blois et de Meillant. Au château blésois, en regard de a la vis » exquise de François Ier, on voit se dresser les deux esca-

Escaliers de monuments historiques. liers Louis XII de forme

Page 1