CHAUMONT . FAÇADE SUD - QUE S T
LES CHEVALIERS JEAN
partenances et le fié que le sire d’Amboise avait à Tours », dont cent livres « là ou monsieur Régnault Grobois, chevalier, les voudra assouer sur la terre au dit sire d’Amboise » ; et pour le complément des sept cents livres, « le dit sire leur baille sa terre de Duré en Gastine et au plus près de celle terre ».
Au surplus, « tout le resneignent (ou reste) de toute la terre des desdits père et mère, demoura oudit sires d’Amboise, ou qu’elle soit et quelle qu elle soit, sans ce que les dits Hues et Gillebert y puissent rens demander, se n’estoit pas loial eschouate qui leur pourroit advenir par coustume de la terre emprès la dabte de cestes présentes lettres ». Ainsi les parties se tiennent pour contentes et s’engagent « par la foy de leurs corps de non venir encontre ». Parmi les témoins de l’accord, on voit « M. Anseau, sire de Chevreuse ; M. Geoffroy de Vendôme, sire de la Châtre, et M. Jehan, son lils; M. Jehan de Montigny, Mgr Reignaut Grosbois, chevalier, et M. Nicole de Bapaume ». L’acte fut rédigé par Jean Morel, « clerc, tabellion juré du scel aux contracts de la chastellenie du dit lieu de Chaumont, » et notification en fut faite par le bailli de Chaumont.
On sait (pie Jean II éprouvait quelque peine à vivre en bon accord avec les religieux pontiléviens, et il en fut ainsi jusqu’au soir de sa vie. En ce temps, « Jehan, sire d’Amboise, » eut un « descort » ou différend avec les moines de Pontlevoy. Au dire de ceux-ci, de mémoire d’homme ils sont en possession « de jousticier par tous les lerreoirs qu’ils ont en la paroisse de Feins et en la ville », qui est du ressort de la châtellenie de Chaumont; Jean répond que cette justice lui appartient et que le lieu est « mouvant » non de sa châtellenie de Chaumont, mais de sa châtellenie de Montrichard. — Rs prétendent avoir en leur moulin de Saint-Martin un « boesseau segné en leur seigneurie qui soit jouste mesure à recevoir et à rendre le blé et la farine au dit molin » ; erreur, réplique Jean, « ils doivent prendre le dit boesseau seigné » de lui, ainsi que les autres « sougiés de la chastellenie de Montrichard ». — De mémoire d’homme, ajoutent-ils, les moines lèvent le péage au lieu dit La Guarette, sur les « passans et venans de la chastellenie de Saint-Aignan et d aillors entrans dans la terre de Pontlevoy » ; à tort, cela a été fait par eux « au préjudice de la chastellenie de Montrichard ». — Depuis le temps de la fondation de leur église, disent-ils, ils ont le droit de justice au lieu appelé la Mauboerie, relevant de Pontlevoy, du ressort de la châtellenie de Chaumont, dont serait aussi le dit lieu; non, réplique le seigneur, le territoire de la Mauboerie est « enclos dedans les bornes de nostre chastellenie d’Amboise », par laquelle nous appartient le droit prétendu.
LES CHEVALIERS JEAN
Or, « volaus le bien et la paix, » les parties décidèrent de s’en rapporter à un arbitrage et choisirent Philippe de Sonvigné, chanoine de Tours, et Bertaut Leelopier, chanoine de Saint-Sauveur de Blois; ils s'engagèrent à suivre la décision de ces « arbitrators ou aimables compositors », « sous peine de trois cents livres à paier de la partie non obéissante, à la partie obéissant à la sentence de jeuge, » sans d’ailleurs faire « préjudice ni en sesine ni en propriété » au seigneur ou au couvent. La durée du compromis, arrêté en « may 1313 », durera jusqu’à Noël suivant, après quoi les parties reprendront leur liberté.
Le seigneur de Chaumont ne devait pas voir son existence se prolonger jusqu’à cette limite et fut emporté au commencement de l’hiver. Par son testament, « en sa darriere volonté, » Jean laissa à l’abbaye de Pontlevoy une rente de vingt livres, pour avoir son anniversaire et a à tous les jours une messe pour l’âme de luy et de ses ancesseurs ». Mais il n’avait pas désigné le bien sur lequel la rente serait perçue; aussi Pierre, « sire d’Amboize, » par lettre du « lundy avant la feste saint André, en 1313 », confirma la volonté de son « seigneur et amé père, MKr Jehan »; cette rente sera perçue sur sa « taille de Montricliart, à la feste de Toussains, ou si tost comme la dite taille sera levée », jusqu’à ce qu’il ait assigné un autre lieu « souffisant » à la rente de vingt livres.
La vénérable douairière de Chaumont, avant de disparaître à son tour, prit les dispositions en rapport avec ses sentiments personnels. Jeanne choisit pour exécuteurs testamentaires Pierre, seigneur d’Arnboise, Hugues, seigneur de Chaumont, et frère Pierre Beaudoin. La défunte fit une fondation « pour le salut de son âme », en léguant une rente de dix livres. Afin de préciser les circonstances, en se conformant à la volonté de la légataire, les exécuteurs fondèrent une messe quotidienne, avec perception de la rente sur la dîme de vin et de blé de Civray : la pensée de Jeanne avait ainsi sa parfaite réalisation.
Servitudes du château.
Chaumont , façade du sud et de l’ouest.