‹ Le Chateau de Chaumont dans l'historie et les artsChapitre 2 sur 26 · X PRÉFACE · texte numérisé non relu

X PRÉFACE

Foulques Nerra, Gelduin avait mérité le surnom de démon de Saumur. A partir du moment où il reçut du comte de Blois Eudes II , rival de Foulques , le domaine chaumontois, Gelduin peut être considéré comme le lion génie de Chaumonf , et son histoire se lie intimement à celle de la contrée tout entière. Mais il était réservé à la famille d'Amboise de donner au château et à la seigneurie tout le développement que comportait une situation privilégiée. Trois d'entre ses membres portèrent le nom de Sulpice, six reçurent celui de Hugues, trois furent appelés Jean, sans parler de quelques prénoms divers. En ce qui les concerne, les seigneurs de Chaumont prirent une part brillante aux grands mouvements politiques et religieux du moyen âge, et on salue leurs exploits, en particulier dans la campagne de la conquête de l'Angleterre et au cours des croisades. Tandis que les chevaliers bardés de fer chevauchaient par monts et par vaux, parfois pour porter secours à l'opprimé et d'autres fois pour soutenir des luttes intéressées, les nobles châtelaines, l'auniôniére à la ceinture, répandaient les bienfaits et faisaient bénir une main habituée â panser les infirmités humaines. Les dames de Cliaumont, dont nous saluons le bienfaisant passage, se rattachent aux familles de Jalignv, de A'endôme, de Saint-Verain , de Beaumont et de Joinvillc, et une union enviée fit couler dans les mêmes veines le sang des seigneurs de Chaumont et celui des comtes de niois, alliés à la maison royale d'Angleterre.

Au sortir de la guerre de Cent ans, quand la France reprit possession d'elle-même, une abondante et féconde réserve de sève chevaleresque, amassée au cours du moyen âge, s'épanouit sur la tige de Pierre d'.\mboise, le confident de Louis XL Avec lui, et surtout en la personne de ses enfants, l'histoire de Chaumont revêtit un éclat inconnu auparavant, qui rayonna jusque sur les cimes les plus élevées dans l'Etat et dans l'Eglise. Mais aussi, quelle merveilleuse couronne d'enfants le clievalier Pierre devait au dévouement de sa femme, Anne de Bueil, qui connut dix-sept fois les douleurs et les joies de la maternité !

L'aîné, Charles 1", préluda à l'ascension glorieuse de la famille, qui atteignit son apogée avec Charles II : celui-là, le reconstructeur du magnilique château, et celui-ci, le grand maître dont les mérites et la réputation s'étendirent par delà les Alpes. Il est vrai que, parmi les lauriers cueillis par le grand maître, brillent en première ligne les avantages artistiques dont il dota les bords de la Loire et la France elle-même. Mais, dans ce concert harmonieux, une place tout à fait

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