LETTRE DU ROI A LA REINE MÈRE
DijoD, la avril i63i.
a Madame ma mère, j'avois espéré que ma dernière lettre obtiendroit de vous le contentement que je m'en estois promis , et auquel vous vous estiez engagée; mais au lieu de cela, j'ay veu par vostre lettre que, prenant de nouveaux prétextes pour continuer à demeurer à Compiègne, vous voulez me persuader qu'ils sont fondez en raison ; je ne les ay peu pénétrer, mais
36o RÉSIDENCES ROTALÏS.
Dieu j juste juge de mes pensées , sçay t que ceux qui vous donnent des méfiances, ont tort, et que je vous rendray tousjours le respect que je vous doibs, et obtiendray la bénédiction de Dieu qui est promise à ceux qui essayent die la mériter, ainsy que je fais par toutes mes actions. Pour les vous mieux exprimer, je vous envoie le sieur de Saint-Chauroont, lequel a aussi charge de passer outre, et vous dira mes dernières instructions ' sur lé subjecl de vostre acheminement où vous avez consenti d'aller, où tout respect vous sera rendu par mes subjects, lesquels ne sçauroient rien faire qui me soit plus agréable, ne pouvant changer d'advis, obligé à le suivre pour le bien de mon royaume; et vous, Ma-* dame, j'espère aussi que vous vous conformerez à mes désirs, ainsy que je vous en supplie, et de prendre créance aux choses qui vous seront dictes de ma part, tant par mon cousin le maréchal d'Ëstrées que par ledit sieur de Saint- Chaumont, et particulièrement aux assurances qu'ils vous donneront de la continuation de mon affection. »
' Les nouvelles instructions avaient le même caractère et le même but que les premières.
CHATEAU DE GOMPIÈCME. 36 1