‹ Le chateau de CompiègneChapitre 16 sur 40 · CHAPITRE VIIL · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIIL

LOUIS-PHI LIPl^R l^^.

Jje vœu national avait prononcé; Louis-Phi- Hppe , duc d'Orléans, était monté sur le trône aux acclamations du peuple. Ijsl Belgique^ heu reuseet fière de renouer avec la France les liens d'une ancienne fraternité, avait choisi pour roi le duc de Nemours. Le roi des Français refusa cette couronne pour soq fils, mais il la vit avec plaisir sur le front de la princesse Louise, sa fille aînée. Le mariage de cette princesse avec S. M» Léopold^ roi des Belges, devait être célébré à Compiègne : les ordres furent donnés pour rendre le Château digne de cette auguste solennité, a Le roi Louis-Philippe, dit M. Fontaine, porta sur le Château de Compiègne ces regards péné-

RESIDENCES UOlTALES.

trants, cette attention suivie dont toutes les autres maisons royales ont ressenti les heureuiL efTets. 11 reconnut que l'habitation moderne élevée par Louis XV sur les constructions de Tancienne demeure des successeurs de Clovis', n'avait pas toute la majesté et la dignité nécessaires à la représentation royale; il trouva que cette résidence de nouvelle date manquait de grandeur dans les choses qui devaient être d'ap< parât, et que le nouveau Palais de Compiègne ne différait des grandes maisons de particuliers riches que par la masse et l'étendue de ses bâtiments. Il fit agrandir, en y ajoutant des tribunes, )a chapelle, qui était trop petite, et il la décora d'un superbe vitrail ^. On construisit en même temps à l'extrémité de l'aile du Nord, près de la porte Chapelle, à la place du jeu de paume, une belle salle de spectacle^. De nombreuses aug-

* 11 y a eu successivement à Compiègne quatre résidences royales : i^ le €hâteau de Clovis et de Charlemagne y au milieu de la ville; vt? le Palais iJe Charles- le-Chauve, sur les bords de l'Oise ; 3^ le Palais de Charles Y , qui disparut pour faire place au quatrième , le Château actuel , bâti par Louis XV.

' Le roi a fait restaurer les tableaux que renferme le Chàteau. Voir, aux pièces justificatives, l'état des peintures et sculptures , divise par appartements.

' ' Cette salle ne fut entièrement terminée qu'en i833, mais elle servit i^ndant les fêtes du mariage.

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mentatioiis et des emhellissements euriehiiént rintérieur du Château. Le roi a fait voir à Compiègne, qu'en art, en architecture, comme en politique , la sagesse et la raison ont été conslam* ment ses guides. »

Le Roi, la Reine, madame Adélaïde, le duc d'Orléans, le duc de Nemours, le prince de Joinville, le duc d'Aumale^ le duc de Montpensier, arrivèrent à Compiègne le 4 août 1 832. La suite de LL. MM. et de LL. AA. RR. se composait, pour le Roi, de MM. les généraux Athalin^De^ laborde, Heyraès,de Rumigny, Berthois, de Chabot; de MM. Boyer, le comte Dumas, le comte J.de La Rochefoucauld, aides de camp du Roi ; MM. de Perthuis et Marounier, officiers d'ordonnance. — Pour la Reine : Madame la comtesse de Bondy, madame la comtesse Sainte- Aldegonde , madame de Chanterac et M. le comte Anatole de Montesquiou. — Poui'le prince royal : MM. les généraux Baudrand et Marbot, aides de camp ; M. de Monguyon, officiel* d'ordonnance; M. de Boismilon, secrétaire des commandements. — r Pour madame Adélaïde : Madame la comtesse de Montjoie , madame la comtesse de la Tour-du-Pin, et M. le comte de Chastellux, chevalier d'honneur. — Pour les princesses : Madame la duchesse de Massa, madame |a comtesse d'Jf ulst, madame de Mallet,

madame Angelel, et M. le comte de Canouville.

Le roi des Belges arriva le 6 août, à cinq heures du soir. Sa Majesté ëtait accompagnée de MM. le comte Lehon, ambassadeur de Belgique à Paris, Van de Weyer , le comte d'Arschot, grand maréchal du palais, le général d'Hann, le général Chasieler, grand écuyer, Van Praét, secrétaire intime, et Lebeau^ médecin.

A l'entrée de Compiègne, on avait dressé un arc de triomphe^ sur lequel flottaient les drapeaux français et belge. On lisait sur le frontispice : La ville de Compiègne au Roi des Belges^ et plus bas : ji Vheureuse alliance de la France et de la Belgique. Le sous-préfet de l'arrondissement et le maire, à la tête du corps municipal, attendaient Sa Majesté. Le maire lui adressa ces paroles :« Entrer , Sire, dans cette cité. Votre a Majesté y trouvera des cœurs pleins de dévoue- « ment et de respect pour son auguste pera sonne,... Heureux hymen que celui qui va a don nier pour reine à un peuple, notre plus a fidèle allié, une de ces princesses, modèle de (( toutes les vertus, issue de cette dynastie qui ce fait et consolide chaque jour le bonheur de la ^ France. »

Au milieu du pont , à la limite des anciennes provinces de l'Ile de France et de la Picardiejes ouvriers du port avaient aussi élevé un arc de

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tdomphe avec les couietirs des deux nations. On lisait sur un drapeau français : Çu^ Dieu protège f alliance de S, A. R. la princesse Marie^Louise tT Orléans! Le 2^ régiment de carabiniers et le 9^ de cuirassiers étaient rangés eu bataille dans l'avenue ; les lanciers de Nemours formaient Tes* corte, et le 1 1^ léger, avec ia garde nationale de Compiègnè^ formait la haie depuis le commen* cernent du pont jusqu'au Château. Des cri« mille fois répétés de Fii^e le Roi! Viife téopold! Vii^e la Belgique! éclatèrent à l'arrivée des voitures. Le roi Louis^Pfailippe et sa fan^ille reçurent leur futur gendre au bas du grand escalier du Cbâ* teau.

I^e lendemain, la famille royale et le roi Léo* pold firent une promenade dans la forêt, dont ils admirèrent la magnificence toujours croi»^ santé ^; et, le 8 ao6t, à midi, le Roi des Français et le Roi des Belges, accompagnés des ducs d'Orléans et de Nemours, du prince de Joinville et d'un nombreux et brillant état-major, se rendi* rent à cheval an champ des manœuvres^ où ils passèrent en revue la garde nationale de la ville et des environs, une compagnie du 8^ d'artille* rie de ligne, trois bataillons du 1 1^ l^^S six ^^

' Voir, aux pièces justificatives, le tableau de la contenance et des progrès de b foret de Compiègne.

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cadrons du 12^ de carabiniers et quatre du 9^ de cuirassiers. Malgré la moisson , qui semblait devoir retenir dans les champs la plus grande partie de la garde nationale rurale , la revue fut aussi nombreuse qu'animée. Les communes qui n'avaient pu envoyer un grand nombre d'hommes habillés , s'étaient fait un devoir d'envoyer au moins des députations; partout l'enthousiasme le phis vif éclata sur le passage de Leurs Majestés; il redoublait à l'aspect de la Reine^ qui suivait dans une calèche découverte, avec madame Adélaïde, les princesses Louise, Marie et Clémentine , et les ducs d'Aumale et de Montpensier '. Le 9 août , à onze heures du matin, la cour royale d'Amiens, en robe rouge, fut admise à présenter ses félicitations aux Rois. Le premier président, M. de Gambon, porta la parole; le Roi lui répondit avec une profonde émotion :

c Je suis vivement sensible à ce que vous me « témoignez au nom de la cour d'Amiens. Aucr cun sacrifice ne m'a jamais coûté quand j'ai <c cru qu'il pouvait en résulter un avantage pour <c la France. Celui que je fais en me séparant de

c( ma fille ma fille... elle sera heureuse!... Le

a caractère et les vertus du roi Léopold en sont le

' Journal des Débats,

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c< sûr garant. Cette union assure la bonne intellicc gence et les meilleurs rapports entre deux pays u qui ont tant d'intérêt à les entretenir, et dont «c la langue, les habitudes, les mœurs, sont les et mêmes depuis si longtemps. Ce n'est pas seu- « lement notre intérêt, c'est aussi celui de l'Eu- « rope, qui exige que la Belgique soit maintenue a dans le position où elle se trouve aujourd'hui; ce c'est quand il sera bien reconnu que cette po- « sition est bien affermie, que l'Europe respirera, a C'est alors que la paix sera consolidée aux « yeux de tous; que nos alliances seront bien a assurées > et que la France atteindra ce degré a de prospérité que je me suis toujours efforcé (X de lui conquérir, et que je cherche à asseoir « sur la base inébranlable du règne des lois et « de la fidélité à ses engagements. »

Après la réception , le Roi, accompagné de M. le duc d'Orléans , et tenant par la main le jeune duc de Montpensier , descendit dans la grande galerie, où se trouvaient rassemblées des députations de la gardé nationale de Beauvais, de Gravilliers, de Crépy, de Pont-Sainte-Maxence et d'autres communes. Sa Majesté fut accueillie avec enthousiasme, aux cris réitérés de Fii^e le Roi ! Vwe le duc (T Orléans ! Vwe la famille royale l A deux heures , les officiers de la garde natio-

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nale de Compiègne, et le peloton de garde nationale à cheval de Paris , qui avait figuré à la revue de la veilleuse réunirent dans le grand vestibule du Château. Le roi Louis-Philippe et le duc d'Orléans y descendirent et passèrent dans

i tous les rangs.

I On procéda ensuite à la célébration du ma-

riage civil dans le salon qui précède les appartements du roi : M. le duc Pasquier, chancelier et président de la chambre des pairs, remplissait les fonctions d'officier de l'état civil '. Les témoins étaient, pour le roi des Belges : M. d'Arschot et M: de Mérode; pour la princesse Louise : MM. le marquis de Barbé-Marbois, le comte de Portalis, le duc de Bassano, le duc de Choiseul, et MM. Bérenger, Dupin, Delessert et Gérard, députés. M. d'Arschot était à la droite, avec les pairs de France; M. de Mérode à gauche, avec les députés.

Le soir, à neuf heures, le cortège se rendit à la chapelle du Château, dont les tribunes, garnies de velours rouge à crépines d'or, étaient occupées par les dames et officiers des deux maisons royales. A la droite de la princesse Louise étaient

* On ne lut pas le contrat de mariage ; c'est une pièce diplomatique dont les ratifications avaient été échangées à Bruxelles, ayant le dépait du roi Léopold.

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le Roi des Français, le duc d'Orléans en officier général, le duc de Nemoui^ en colonel de son régiment, le prince de Joinville en aspirant de mariqe , le duc d'Aumale en soldat d'infanterie légère, et le duc de Montpensier en artilleur; à la gauche du roi Léopold, étaient placées la reine des Français, les princesses ses filles et madame Adélaïde. Derrière se trouvaient les dames de la cour, et madame la comtesse Lehon, femme de l'ambassadeur belge à Paris ; puis la maison civile et militaire des deux rois et des princes, les ministres et un grand nombre d'officiers généraux. L'évêque de Meaux officia suivant le rite habituel : il adressa aux nouveaux époux une courte allocution, puis il bénit les anneaux, et, après toutes les formalités remplies, il déclara que devant l'Église le mariage entre le roi des Belges et la princesse Louise-Marie d'Orléans était achevé. On remonta dans le salon , où la cérémonie du mariage fut célébrée suivant le rite de la religion réformée, que professe le roi Léopold ^Tout le monde admirait la gi*ace, l'élégance, la beauté de la nouvelle reine des Belges, et surtout l'angéiique expression de cette bonté héréditaire, dont elle devait, à son tour, donner tant d'exemples sur le trône!

' Voir, aux pièces justificatives , le procè^verbal officiel de cette cérémonie.

54o RÉSIDENCES ROYALES.

Tandis que cette auguste solennité se célébrait sous les lambris du Château , la ville s'illuminait, les maisons se pavoisaient de drapeaux tricoloresy des transparents reproduisaient les chiffres entrelacés des illustres époux, et, dans Favenue qui conduit à la foret, un bal réunissait la foule joyeuse.

Le lo, au soir, dans le jeu depaume, transformé comme par enchantement en une charmante salle de spectacle, les artistes de TOpëra-Comique

jouèrent le Prisonnier et Picaros et DiégOy où Martin retrouva la fraîcheur de sa voix mélodieuse, et mérita d'augustes applaudissements. Le lendemain, la famille royale parcourut les bois de Villers-Cotterets , et visita au retour les majestueuses ruines de Pierrefonds '. Deux jours après, le bruit des fêtes et des pompes nuptiales avait cessé; les rois et les reines avaient rejoint Paris ou Bruxelles, et le Château de Compiègne était rentré dans le silence et dans la solitude.

Cette résidence royale reprend, en i833, son éclat et son mouvement : 7,000 bommesde troupes viennent camper autour de Compiègne: le 36* et le /^o,^ régiment d'infanterie de ligne, sur un terrain attenant à la route de Paria; le j^^ ré-

' Dans une des tours , on voit sur le mur une large pierre dont rinscription rappelle cette promenade.

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giment de lanciers à Claroy, Coudun et Margny; le 2® régiment de lanciers à Venette et à Jaiix : le duc de Nemours avait le commandement de ces deux régiments; le 2* de cuirassiers et la i'® batterie du 8® d'artillerie occupent les quartiers de cavalerie de la ville et le quartier des grandes écuries du roi, Le général Blanquart, commandant en second, a pour chef d'état-major le lieutenant colonel, depuis lieutenant général Aupick. Le commandant supérieur est un général jeune et charmant, superbe à cheval, brillant au feu, le plus séduisant des hommes comme le plus élégant des princes : c'est cel^ii, et notre cœur se déchire à ce souvenir, c'est celui dont la perte prématurée a fait couler tant de larmes véritables des yeux des rois et des peuples ; c'est le duc d'Orléans ! Il a pour aides de camp les généraux Bandrand et Marbot ; pou r officiers d'ordonnance, les capitaities, depuis colonels, comte de Mont*guyon. Chabot Latour, Bertin de Vaux, duc d'Elchingen. Le prince s'est déjà familiarisé avec le danger, il a eu sa part du laurier d'Anvers, il aime le soldat, dont il est aimé; il veut, dans ces combats de loisir, qui sont l'image et l'école de la guerre, exercer et préparer les troupes h des combats plus sérieux, et s'instruire lui-même dans l'art des manœuvres. Ce premier essai réussit à merveille; et lorsque, le la août, le Roi, ac-

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compagne du prince de Joînville, passa les troupes en revue dans Tavenue des Beaux-Monts, Sa Majesté les félicita sur leur bonne tenue et sur la précision de leurs mouvements. C'était remercier dignement le commandant supérieur et les officiers généraux qui avaient secondé ses efforts. Le Roiy selon son usage, termina cette bonne journée par un grand dîner et un spectacle où tous les officiers furent invités.

En i834» un nouveau camp d'instruction, également placé sous le commandement supérieur du duc d'Orléans, fut assis sur le plateau de Margny. Il était formé du 1 1® léger, desaa% a5®, 3i®, 35® de ligne, de deux batteries du 8* d'artillerie, des a® et 3® régiments de dragons, et des i^^ et a^ régiments de carabiniers. La division d'infanterie était commandée par le général Schùeider, la i^ brigade par le maréchal de camp Galbois, la a^ par le maréchal de camp Roussel. Le général Blanquart commandait la division de cavalerie, dont la i'® brigade était sous les ordres du maréchal de camp Grouchy, la a® brigade sous les ordres du général Marbot. Le Roi arriva au camp le la septembre, et, après la revue, il fit distribuer une gratification aux sous-officiers et aux soldats.

Le campde 1 836 fut une honorable répétition des deux que nous venons de rappeler; mais nous avons recueilli, et nous reproduisons, avec

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un juste empressement, rallocutiou chaleureuse que le prince royal adressa aux troupes le a octobre, veille du jour où le camp de Compiègne allait être dissous :

ex Messieurs 9 en arrivant au terme de cette ce grande réunion militaire , je veux vous faire ce moi«-méme mes adieux à tous, et vous renier- Q( cier du zèle avec lequel vous avez non-seu- « lement secondé mes efforts, mais surtout coma pris ma pensée. J'ai trouvé en vous tout le déce voueinent que demande en temps de paix le <c service militaire^ lorsque l'espoir d'un danger a prochain n'est pas là pour enflammer les ima- « ginations et pour adoucir la monotonie des ce devoirs de l'officier.

<x L'ariditéd'une instruction qui n'a point pour « but immédiat la guerre^ a disparu à vos yeqx , « en songeant que le bien delà France ne nous ce demande pas notre sang; elle nous a imposé ce une autre tàche> celle de conserver pendant « la paix, où tout s'énerve et s'amollit, le dépôt ce sacré de l'esprit militaire. Aujourd'hui que, « pour le moment , les occasions d'acquérir de <c la gloire nous sont interdites, nous trouverons « une consolation dans la conscience d'avoir « rempli nos devoirs. Nous serons heureux si a l'amour de la patrie, qui nous anime tous, de-*

544 HESIOEMCES ROYALES.

« vient un lien qui réunisse bientôt tout ce « qu'il y a d'élevé et de généreux dans toutes or les opinions, dans tous les partis, sous l'uni- « forme d'une armée , l'armée qui n'opposera « jamais à ses détracteurs que son dévouement « toujours désintéressé et ses services quelquece fois méconnus.

a Nos travaux sont finis, Messieurs, nous alic Ions nous séparer, et ce n'est pas aans émotion a que je vous quitte. Vous avez été pour moi une ff véritable famille, et en vivant au milieu de ces « troupes si bonnes, si intelligentes, remplissant a si gaiement leurs devoirs les plus pénibles, « vous comprendrez que je m'y suis attaché de « cœur. De loin comme de près, je resterai toua jours identifié à vos intérêts, et en cessant a d'être votre chef, je resterai toujours votre « ami. »

L'année 1837 fut marquée par deux grands actes chers à la nation comme à la famille royale : le mariage du duc d'Orléans et l'amnistie. Un ange d'amour et de clémence vint s'asseoir sur le premier degré du trône, et, après les fêtes de Fontainebleau et de Paris, le prince royal , impatient de présenter à l'armée la princesse Hélène , son épouse, la conduisit, au mois de septembre, à Compiègne, où 120,000 hommes étaient

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rassembles. La première division d'infanterie était commandée par le lieutenant général Âchard, ayant sous ses ordres le maréchal de campDurocheret, pour la première brigade; pour la seconde, le maréchal de camp Moline de Saint-Yon, depuis ministre delà guerre. Le lieutenantgénéral Schramm commandait la seconde division d'infanterie; S. A. R. le duc de Nemours commandait la première; le général, comte d'Houdetot, la deuxième, l^ division de cavalerie était sous les ordres du comte Dejean; la première brigade était commandée par le maréchal de camp de Létang, la deuxième brigade par le maréchal de camp Blanquefort. Le colonel A.upick était chef de Fétat-major général. Le colonel, marquis de Laplace, commandait lartillerie.

On avait formé deux camps : le camp d'Orléans et le camp de Nemours. Dès qu'on apprit que le Roi devait venir les visiter, les troupes se mirent à Toeuvre pour les embellir et les décorer par cette foule de petits monuments , de colonnes, de chiffres en fleurs, de jardins, d'obélisques en verdure , d'inscriptions où l'esprit français s'exhale avec autant de bonheur que de gaieté. Chaque régiment a son a^•chitecte, son ingénieur, son sculpteur, son

poëte : ainsi, un fourrier du 34* régiment de

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ligne , nommé Vigier, avait composé les vers suivants :

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