‹ Le chateau de la Chevrette et madame d'EpinayChapitre 18 sur 30 · LE CHATEAI} DE LA CHEVRETTE · texte numérisé non relu

LE CHATEAI} DE LA CHEVRETTE

riche d'ailleurs, et d'une fig;ure intéressante, un peu dévot, un peu musicien, un peu g;raveur, il n'en faut pas davantag[e pour être à la mode, à là cour et à Paris. . . Il avait entrepris de recueillir un cabinet de tableaux français, et il mettait du zèle et du patriotisme dans l'exécution de ce projet. On trouve, dans ce cabinet, les premiers ouvragées de Greuze, dont le principal est le tableau du Père de famille.

Lui-même avait publié, en 1764, le Catalogue historique du cabinet de peinture et sculpture fran-çaise de M. de Lalive, introducteur des ambassadeurs, honoraire de P Académie royale de peinture à Paris. a Un peu graveur, » disait-on de lui tout à l'heure, il avait appris le dessin avec Natoire, Fauteur des « tableaux de Psyché » qui décoraient le salon de la Chevrette. On se rappelle la gravure qu'il avait faite des vues de la Chevrette et de la Briche dessinées par Francueil ; il a gravé, en outre, un portrait de son père parRigaud, et deux portraits de lui : l'un peint par le même artiste, l'autre dessiné par Cochin, et placé en tête du Catalogue ci-dessus. Ces planches sont médiocres, — je laisse de côté le reste de son œuvre, — malgré l'aide qu'on dit qu'il se fit prêter (1) . « Un peu musicien, » il jouait de la harpe ; Carmontelle l'a représenté avec cet instrument, dans un troisième portrait, qu'on voit à Chantilly (2) .

(i) Voyez à la Bibliothèque nationale.

(2) Musée Condé, VU, 32. Gbuyer, les Portraits de Carmoii" telle, p. 247.

En 1779, Mme d'Épinay fut plusieurs fois en danger de mort, avec des intervalles, cependant, où elle se ranimait, et faisait bon visage au monde, jusqu'à y poursuivre des connaissances nouvelles, car c'est à cette date qu'il faut placer la visite que Mme de Genlis conte en ces termes (1) :

Parmi les compliments sans nombre que je reçus, au Palais-Royal, sur le premier volume du Théâtre et éducation [1779], j'en reçus un de Mme d'Épinay, que je ne connaissais pas du tout. C'était alors une femme de cinquante [trois] ans, très infirme, et qui ne sortait point; elle me demandait avec instance d'aller la voir. Sa lettre était aimable, je me décidai à lui faire une visite; elle me reçut si bien, que je promis d'y retourner. M. Grimm logeait chez elle, et il était toujours en tiers avec nous. Je l'avais déjà vu à Venise, et, sans le trouver aimable, sa conversation me plaisait, parce qu'il avait beaucoup voyagé, et qu'il répondait avec complaisance à toutes mes questions.

C'est une vue ouverte sur l'intérieur de la Chaussée d'Antin : Grimm y reçoit avec Mme d'Épinay, et fait les honneurs de son salon. Il écrit aussi bien, en son nom, des lettres qui sortent infiniment du cercle de leur intimité. Ainsi, il l'associe aux sentiments d'admiration et de gratitude qu'il exprime à Necker, à propos de son mémoire sur les Assemblées provinciales : Mme d'Épinay, lui dit-il, partage ma recon-

(1) Mémoires y III, 105*

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