LE CHATEAU DE LA CHEVBETTE
ikiaîson de campagne dans la vallée de Montmorency : la Chevrette, rendez-vous célèbre un moment par la réunion d'une société d'hommes de lettres et de femmes d'esprit. On ne manqua pas de dire que Camus avait acheté une belle terre; on ignorait que cette propriété était bornée à Tenceinte des jardins devenus potagers, et que le château, démoli, avait déjà été remplacé par rhabitation qui servait à l'exploitation des terres. Si l'on en était réduit à défendre la probité de Camus, on en donnerait pour preuve la fortune qu'il a laissée à partager à ses enfants, et cet héritage n'est pas d'un revenu de mille livres pour chacun d'eux; mais c'est assez l'usage de l'humeur, elle conteste de préférence à l'objet de son a nimad version les vertus dont il fut le plus jaloux.
Camus avait atteint le but qu'il semblait s'être proposé par ses travaux : otium cum dignitate. Sa place fixe lui assurait l'aisance et l'indépendance; il vivait libre et content, au milieu de sa famille. Au retour d'une de ces promenades aux champs qu'il se plaisait à faire avec elle, marchant sur un chemin uni, la clarté douteuse de la lune le trompa sur l'élévation d'un pli de terrain qu'il fallait franchir; il la crut plus haute qu'elle n'était, et, posant le pied, il se cassa la jambe : il était seul^ en avant, avec la plus jeune de ses filles... Il donna, du plus grand sang- froid, les ordres pour être transporté à Paris...; le lendemain matin, il recevait ses amis, et suivait le travail journalier des archives.
Il mourut « le matin du trente-huitième jour après cet accident » — 2 novembre 1804 — « de la mort que désirait César, la plus prompte et la moins prévue » . Sa chute avait eu lieu, par conséquent, le 25 septembre, en plein temps des vacances, qu'il passait à la Chevrette.
Sa femme, Charlotte-Marie de Vitry, était morte
avant lui. Il laissa six enfants, dont quatre au moins eurent, dans leur héritage, une part de la propriété de Deuil : un fils, Pierre-Charles, chef de bureau aux Archives du royaume, et trois filles, Charlotte, célibataire, et Mmes Bonneau et Delastre. Les 30 janvier, 21 mai, 1*' août 1822 et 2,1 août 1833, M. André-Jean Le Roux, agent de change du Trésor, leur acheta une trentaine d'hectares, qui reconstituèrent entre ses mains, à peu près intégralement, Tancien parc de la Chevrette; excepté les médiocres bâtiments que la démolition ou la ruine avait laiasés debout. Après sa mort, les belles possessions territoriales qu'il avait réunies à Deuil, Montmorency, Épinay, ' Sain t-Gra tien, Argenteuil, furent vendues par ses enfants, M. Eugène-Louis- André Le Roux et la marquise de Massa. La vente du 21 août 1843 divisa la Chevrette entre soixante acquéreurs; ce fut le morcellement irrémédiable. Cependant Mme Delastre avait retenu, de l'héritage de Camus, les bâtiments dont je parlais, et un lot de terrain àTentour (1 hect. 86 a. 66 c), qui furent cédés après elle, le 19 décembre 1854, à M. et à^Mme Thierry. Ceux-ci y firent quelque adjonction; propriété deux fois vendue depuis — le 30 mai 1879 et le 10 juillet 1893 —r et ainsi désignée en dernier lieu : «une propriété appelée le château de la Chevrette, sise à la Barre, commune de Beuil, dai^s l'ancien parc de la Chevrette,