LK CHATEAU D£ LA CHEVRETTE
Celui-ci n'a pas craint de dire qu'il fallait faire, en elle, la part de l'auteur, c'est-à-dire du comédien; on peut ajouter qu'il ne faut pas moins distinguer celle de l'amoureuse, c'est-à-dire du comédien encore. Sa conduite avec ses enfants est une première preuve de cette fausseté; ses souvenirs arrangés nous fournissent la seconde. Elle enseignait impudemment à Emilie ce principe : « Il ne faut pas que les discours de la mère disent blanc, et que sa conduite dise noir, sans quoi la pauvre fille ne saura plus où elle en est. » A cette phrase, qu'elle met dans la bouche de sa fille, la mère ajoute : a Et sa mère l'aura exposée à suivre un mauvais exemple plutôt qu'un bon principe. » Mme d'Épinay est, on ne peut le nier, une femme à principes, mais qui transige avec la vie de son temps, et sait allier le désordre élégant des mœurs avec l'admiration pédante de la morale stoïcienne. Elle se fait écrire par Grimm : « Une des choses, ma tendre amie, qui vous rend le plus chère à mes yeux est la sévérité et la circonspection sur vous-même que vous avez, surtout en présence de vos enfants. Il faut bien se résoudre à blâmer devant eux ce qui fait le bonheur de la vie; mais c'est que la société et ses sottes institutions ont tout corrompu. [Oh ! George Sand, petite-fille de Francueil!] On ne saurait réformer, il faut donc se soumettre. Les enfants sont bien pénétrants! Ils ont l'air de jouer; ils
ont entendu, ils ont vu. Oh! combien de fois cette crainte a corrompu la douceur des moments passés près de vous ! » Notez que la mère d'Emilie fut élevée entre Francueil et Grimm. La situation de Mme d'Épinay la condamnait finalement à éloigner ses enfants. Le critique des Lundis la loue de ce que, dans ses défauts comme dans ses qualités, elle fut et resta toujours vraiment femme. Il est possible, pour la république des Lettres; mais la femme a un autre rôle à son foyer, auquel elle se déroba : ce ne fut pas une mère. Elle devint une grand'mère, quand, grâce aux longues absences de Grimm, à l'âge, à la maladie, son foyer offrit de moindres périls à rinnocence.
Goethe a donné à ses Mémoires cette épigraphe, qui définit admirablement le souvenir : « Vérité et poésie. » Mme d'Épinay, en écrivant les siens, n'a pas eu ce désintéressement de la pensée, mais, au contraire, le but précis d'embrouiller bien des choses. Elle ne s'est pas prêtée à l'illusion qui pare les lointains de l'horizon et de la vie. Dans le cadre que les événements lui ont fourni, elle a arrangé un tableau, inventé des couleurs, avec goût, avec une passion discrète, avec des délicatesses qu'on aurait tort de prendre pour des scrupules. Elle aurait pu écrire au bas^ « Vérité et roman. » Son jugement d'elle-même ne la fait guère connaître : « Vraie sans être
franche. » Elle a dit la vérité que tout le monde savait, se contentant, ailleurs, d'art et de vraisemblance, de préparer un succès à son talent, une revanche à sa vanité, de plaire pour mieux dissimuler ce que Sainte-Beuve appelle « les infidélités de son pinceau » , Challemel-Lacour a ses mensonges » .
Je repasserai encore une fois sa vie, en me gardant de Tindulgence extraordinaire avec laquelle on Ta généralement jugée. J'introduirai dans ce récit plus d'ordre qu'on n'y en a mis, des faits nouveaux, puisés souvent aux archives voisines de la Chevrette, sans oublier la philosophie qu'elle aimait, ni les règles de la critique, qui n'ont jamais été appliquées à son histoire. C'est glaner, comme on dit à la campagne, où nous serons souvent avec elle. Un dernier chapitre conduira l'histoire de sa famille et de la Chevrette jusqu'à nos jours.
On sait que Mme d'Épinay, née d'Esclavelles (1726), fut une fille pauvre, qui, après la mort de son père, gouverneur de Valenciennes, se fixa à Paris, avec sa mère, pour y vivre dans le voisinage et avec l'aide de son oncle, le riche fermier général Lalive de Bellegarde. Elle n'avait guère alors qu'une dizaine d'années : on la mit au couvent, d'où elle sortit quatre ans après, en 1740. Elle ne tarda pas à entrer en coquetterie avec l'aîné de ses cousins, Lalive d'Épinay, ce qui la fit
rabrouer par une tante qu'elle dit acariâtre, et que je croirais plutôt avisée. Jamais elle n'eût épousé le personnage, si la gênante Mme de Bellegarde, la sœur de sa mère cependant, ne fût venue à mourir de la façon la plus inattendue, à quarante-six ans. L'événement fut donc capital dans la vie de sa nièce; on l'a daté, très inexactement, de juin 1740. Les registres paroissiaux de Deuil et d'Épinay montrent qu'elle mourut sur le territoire du premier village, c'est-à-dire à la Chevrette, le 18 septembre 1743, et qu'elle fut inhumée dans l'église du second, le lendemain, en présence de ses deux fils aînés et de son frère André Prouveur, prévôt de la collégiale de Condé (1). Les amoureux, ayant le champ libre, en vinrent à leurs fins. M. de Bellegarde se laissa gagner au désespoir de son fils, aux conseils de son médecin et de son curé. Il était bon homme, un précurseur ingénu du Philosophe sans le savoir : « H faudra bien les contenter, dit-il un jour à sa belle-sœur. Allons, je donne mon consentement. Madame, parlez : nous donnez-vous
(1) En parlant des fils aînés, je fais abstraction de l'aîné véritable, qui ne parut jamais, en aucune circonstance. Le nom de cette famille a été écrit de toutes les façons possibles, et quelquefois de façons différentes dans le même acte ; Lalive, LaLive, de Lalive, de la Live, Delalive. Toutes les signatures que j'ai vues, particulièrement celles des trois fils, au bas de l'acte de décès de leur père, sont données sous la forme « Lalive » . C'est celle que les descendants actuels des Lalive d'Épinay ont adoptée, et à laquelle sûrement il faut se tenir.
le vôtre?... — Mon cher frère, s'écria Mme d'Esclavelles, que va-t-on dire? On sera fondé à croire que je ne suis venue chez vous que pour établir ma fille. — On sera fondé à croire, ma sœur, que j'ai rendu justice à son mérite. N'avez-vous point d'autre objection? n Pendant ce temps, Mlle d'Esclavelles se trouvait mal, et son cousin parlait de finir ses jours à la Trappe. On les maria, à Saint- Rocb, le 23 décembre 1745. Elle avait près de vingt ans, lui un peu plus de vingt et un; il signa pour la première fois, que je sache, Lalive d'Épinay; il prenait jusqu'alors le nom de Lalive de Preux, sa mère étant, comme sa tante, une Prouveur de Preux.
Je ne recommencerai pas l'histoire si connue du triste ménage, la première querelle, les assiduités du chevalier de Ganaples, quasi autorisées par le mari, auprès de la jeune femme, déjà grosse, car elle mit au monde son premier enfant^ Louis-Joseph, presque exactement au bout de ses neuf premiers mois de mariage (28 septembre 1746).
M. d'Épinay faisait une tournée alors; mais^ que ce fût en septembre, en août, en décembre, il n'assista jamais aux couches de sa femme ; l'acte de baptême de ses trois enfants porte invariablement la mention du « père absent » . Quand il revint, il pensa récréer sa femme en lui contant ses bonnes fortunes d'auberge, et, comme elle
s'indignait, elle entendit, pour ses relevailles, cette déclaration de principes : « Non, en vérité, ma chère amie, vous n'avez nulle idée de ce monde, ni de ses usages. Eh! qu'a de commun une créature qu'on peut avoir pour de l'argent, et qu'on laisse là quand on n'en veut plus, avec une femme qu'on estime et qu'on a choisie ! »
Onze mois après (24 août 1747), il avait une fille; il l'apprend par une lettre de son père : « Mon frère [François-Christophe Lalive, nommé et qualifié plus haut] en est le parrain. Nous venons du baptême, il n'a pu la tenir lui-même, s'étant trouvé trop incommodé pour sortir, votre frère l'a tenue en son nom ; Mme de Roncherolles est la marraine. L'enfant a été nommée Françoise-Thérèse... » Mme d'Épinay eut pour compagne assidue de sa convalescence une nouvelle amie, Mlle d'Eth (I) ; on peut mesurer quelle
(1) Elle est présentée dans les Mémoires sous le nom de Mlle d'Ette. Elle s'appelait en réalité Mnrie-Louise-Philippine Le Ducq d'Eth, et demeurait rue Plâtrière, paroisse Saint-Eustache. Elle a signé « d'Eth » l'acte de baptême de Mme de Belsunce, pour Mme de Lucé, marraine.
Voici, d'autre part, la note que j'ai trouvée à son sujet : « Marie-Louise-Philippine Le Ducq Deth, damoiselle, arrièrepetite-Blle de Jean-Charles Le Ducq de Calomez, bailly d'Emblize^ auquel S. M. le roi Philippe, roi de Castille, de Léon et d'Aragon, etc., a accordé le titre et degré de noblesse, tant pour lui que pour ses enfants et postérité, mâles et femelles, par ses lettres données en la ville de Madrid, le dernier avril 1663. » (Bibl. nat., Mss., Cabinet des titres, nouveau d'Hozier, vol. 121, DUCQ, f^ 2.) On doit supposer qu'ayant ajouté à son nom un nom qui n'est pas celui de son aïeul, elle devait lui donner la
pente elle a descendue, en un an, par les confidences échangées dans cette intimité. Elle n'est plus indig^née des infidélités de son mari : elle pleure sur sa solitude, d'autant que Francueil est à rhorizon. Elle redoute maintenant le retour de M. d'Épinay plus que ses absences : « Oui, interrompt Mlle d'Eth, votre cœur est isolé...; vous n'aimez plus votre mari, vous ne guérirez qu'en aimant quelque autre objet, plus digne de vous. »> Protestations de Mme d'Épinay ; mais l'amie : a C'est un homme de trente ans [l'âge de Francueil], raisonnable, que je voudrais; un homme en état devons conseiller, de vous conduire... — Mais où trouver un homme d'esprit, aimable, qui se contente d'être votre ami, sans pousser ses prétentions jusqu'à vouloir être votre amant? — Je ne dis pas cela non plus, reprit Mlle d'Eth : je prétends bien pour lui qu'il sera votre amant. »> Et elle lui avoue qu'elle a été séduite, après la mort de sa mère, par le chevalier de Valori, dont elle est la maîtresse depuis dix ans, ce qui ne l'empêche pas d'avoir toute l'estime du monde abusé. « Avant peu, vous trouverez ma morale toute simple : vous êtes faite pour la goûter. » Puis, les deux interlocutrices sortent ensemble, et rencontrent M. de Francueil, ce qui inspire à Mme d'Épinay le regret d'avoir plusieurs fois
forme nobiliaire, et écrire « d'Eth », ainsi qu'elle a signé, et non pas « Deth », comme ci-dessus.
manqué sa visite : « Je veux, un de ces jours que je ne sortirai pas, le lui faire dire. Il a des talents, il sait la musique; sa société m'a plu beaucoup pendant mes couches. » Et pourtant sa candeur est avertie.
On a ignoré longtemps ce qu'était devenue Françoise-Thérèse d'Épinay, faute d'interroger les archives paroissiales de la vallée de Montmorency. Il était facile d'apprendre, soit à Deuil, sait à Épinay encore, que cette enfant, morte le 2 (ou le 3) juin 1748, à la Chevrette, avait été inhumée dans l'église de ce dernier village, le 4 du même mois. Elle est dénommée Suzanne-Thérèse dans son acte de décès, — les prénoms de Mme de Roncherolles ; — mais l'âge de neuf mois qu'on indique est une preuve certaine de son identité avec Françoise-Thérèse.
Les historiens se sont fort embrouillés ici, à cause de l'ignorance de cet acte, et aussi bien des artifices de Mme d'Épinay, car elle s'est efforcée, dans ses Mémoires, de confondre sa première fille avec la seconde : Angélique-Louise-Gharlotte, la future Mme de Belsunce, née le 1" août 1749 (1).
(l) On n'a pas connu, jusqu'à ces derniers temps, la date exacte de cette naissance. Voyez les Mémoires, ï, 428, II, 474, et la Jeunesse de Madame d'Épbiay, p. 241. M. Bégis a publié pour la première fois Tacte où j'ai relevé la date ci-dessus dans V Intermédiaire y année 1894, XXX, 300. Il a donné, du mariage à la mort de M. d'Épinay, sept actes d'état civil concernant lui et ses enfants.
Elle n'a soufflé mot ni de la naissance de la cadette, ni de la mort de l'aînée, et elle a tâche de mettre, pour ainsi dire, Tune à la place de l'autre (1).
Pourquoi cette substitution de part d'un genre nouveau? C'est que, dans l'intervalle, a la morale » de Mlle d'Eth ayant porté ses fruits, les relations avec Francueil avaient commencé, et la seconde naissance pourrait éveiller des doutes sur son auteur, comme elle fit, d'ailleurs, dans l'esprit de M. d'Épinay. Quand il revint de son habituelle tournée, il trouva Francueil au chevet de sa femme, et lui prodiguant des soins dont l'assiduité ne gardait aucune prudence ; il en témoigna un vif mécontentement et des soupçons, repousses^ à la vérité, avec hauteur, mais que la suite, au moins, a singulièrement justifiés. Mme d'Épinay semble s'être accusée par ses précautions mêmes, car celle que nous avons vue n'est pas la seule : après avoir cherché à dérouter les gens par le vague et les réticences de ses prétendues confes-^ sions, elle les stupéfie par la précision d'une date^ celle de son premier abandon à Francueil. En proie aux remords de sa faute, elle s'écrie : « J'ai
(1) Elle écrivait, le 8 septembre 1748 : « Voilà trois mois que mon journal est interrompu, plutôt par Tapathie et l'indifférence que j'ai pour moi-même que par la disette des faits. « (Mémoires^ I, 111.) Voilà trois mois qu'elle avait perdu sa première fille ; c'était simple à dire, si elle avait voulu le dire, et c'en valait la peine, et il est vi«ible qu'elle a pris la peine contiaîre.
eu vingt-quatre ans, il y a un mois; j'ai vécu cinq semaines de trop ! » Pour qui sait qu'elle est née le 11 mars 1726, le calcul est simple : cette effusion documentaire fixerait l'incident au 7 mars 1750. Exactitude singulière et suspecte, et qui incite le lecteur aux objections. Elle a écrit, sous la date d'avril 1749 : «Oh! quel triomphe! Quelle satisfaction ! ... Je puis m'a vouer que j'aime Fran* cueil, que j'en suis aimée, que notre union est pure. » Une pareille situation dure-t*elle un an, quand on en accepte la pensée, le chajrme, en des rencontres quotidiennes, et que tout scrupule intérieur est tombé? On ne dira pas, ici, que deux précautions valent mieux qu'une. C'est plutôt deux raisons de douter de la légitimité d'Angélique-Louise-Gharlotte, qu'on appela, je ne sais pourquoi, Pauline, dans l'usage de la vie, comme dans les Mémoires (1) .
Un mois avant la naissance de cette enfant, le 30 juin 1749, Lalive de JuUy s'était marié avec Louise-Elisabeth Ghambon , dans la chapelle domestique du château de la Chevrette. L'union fut célébrée par le curé de Saint-Roch, M. Marduel, en présence de M. Lejolivet, curé de Deuil, toutes réserves faites en faveur des droits du pasteur rural. L'époux eut pour témoins son frère cadet de la Briche, âgé de quatorze ans, pension-
(1) On trouvera plus loin la preuve de cet usage, continué juscju'à la fin tle sa vie.
naire du collège du Plessis, et son oncle André Prouveur, prévôt de la collégiale de Gondé. On sait que Mlle Chambon. u fille mineure de défunt Honoré Chambon, » un ancien fermier général de très basse extraction, avait féru le naïf JuUy de telle façon, qu'il passa outre à toutes les objections et à tous les pressentiments, et qu'il arracha à son père un consentement accompagné de cette parole mélancolique et prophétique : « J'aime mieux qu'il choisisse son malheur que de le faire moi-même. » Et Mme d'Épinay, qui avait été la négociatrice, de renchérir : « J'ai grand'peur que le pauvre Jully ne fasse une sotte affaire. » Elle n'assista pas au mariage, trop fière de sa taille, à l'ordinaire, pour la montrer si déformée. Inutile de dire que M. d'Épinay était en voyage.
Dès le 14 mai de la même année 1749, à la suite d'une équipée de son mari, qui avait été arrêté par la police, en la compagnie d'une des demoiselles Verrière déguisée en homme, son beau-père l'avait fait séparer de biens. Puis, le 22 juin, il lui fit une donation de 13,000 livres de rente viagère, qui courrait après sa mort, afin, dit-il, de donner à sa bru « des marques de la tendre affection qu'il a toujours eue pour elle, et de la mettre en état d'avoir, à tous événements, les moyens de subsister et de s'entretenir honnêtement » • Mais celle-ci, séparée de biens, ne le fut pas de corps, et mal lui en prit, et aussi bien
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ET MADAME D'ÉPINAY 6l
à Francueil. La scandaleuse confidence en est faite au public, moitié par une lettre de Francueil : « Votre mari est un monstre, et vous une adorable créature; mais la sécurité où vous êtes sur votre santé m'effraye pour vous; w moitié par une lettre de Mlle d'Eth au chevalier de Valori : a Elle [Mme d'Épinay] me regarda fixement; puis, baissant la voix : « Il est malade! » me dit-elle, tf Comment? w lui dis-je. Elle se taisait, sa respiration était précipitée ; elle se tordait les mains : « Vous ne pouvez deviner, continua-t-elle d'un « ton sinistre, l'horreur de ma situation. » Et me secouant le bras fortement : « Oui, il est « malade! » Alors seulement je compris quel devait être son désespoir. »
On nous apprend que ce désespoir se changea en mélancolie profonde. La pauvre âme fut assaillie de remords : «Ah! je crois bien qu'il n'y a pas de bonheur parfait avec une conscience troublée. Que je suis en peine! » C'est le gémissement d'une vierge, tombée dans un abîme plus caché à ses yeux et plus profond. Francueil, auteur et victime de la crise, s'ingénia pour en conjurer les suites. Rempli de grâce et d'attentions, il avait séduit tout le monde, à la Chevrette, même Mme d'Esclavelles et M. de Bellegarde; il persuada facilement à ce dernier que, pour guérir sa belle-fille, il fallait chercher lés moyens de lui donner quelque dissipation, l'en-