‹ Le château de la MuetteChapitre 115 sur 181 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

de ce qu’on pouvait faire pour lui n’avait droit d’intéresser le public. Quelle leçon pour les Rois!... Nous jugeons à la rigueur leurs actions et nous nous vengeons de leur autorité, par le plus profond mépris, quand leur conduite n’a pas pour but notre bien, et, en vérité, il n’était pas besoin de rigueur pour juger le Roi comme il l’était par tout son royaume. »

Louis XV mourut le 10 mai 1774 : on ne put pas exposer son corps, ainsi qu’il était d’usage. Trois voitures de chasse partirent pour Saint-Denis : l’une contenait la dépouille mortelle du Roi entourée de chaux vive, enfermée dans trois cercueils, tant l’infection était grande.

Triste fin d’un triste règne. « La nation, dit M. de Carné, ballottée, trente ans durant, par des idées politiques disparates et contradictoires qui, n’ayant rien de commun que leur impuissance, la détachèrent de son Roi, sans la rattacher à rien ni à personne.... La mobilité qui affaiblit la France au dedans, la déshonore au dehors.... LTnde et l’Amérique nous échappent, la Pologne est partagée, mais en présence de traités tels qu’on n’en avait pas vu signer, depuis les jours du roi Jean, le pays se sent à peine humilié, tant le dédain est devenu profond et le divorce irrémédiable. Ainsi se consomme, au bruit des sifflets, cette scission entre la Cour et Paris, entre la royauté et la France, qui fut l’œuvre et le châtiment du règne. »

LOUIS XVI, par Van Loo.

(Musée de Versailles. )

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