‹ Le château de la MuetteChapitre 13 sur 181 · Lettre du 18 mai 1589 à la môme · texte numérisé non relu

Lettre du 18 mai 1589 à la môme

CHARLES IX ET MARGUERITE DE VALOIS

et si vilaine, comme estoit celle dont on faisoit courir le bruit, elle feroit tout le contraire et ne quitteroit rien du sien pour le voir si mal colloqué ^ »

Bientôt après, la belle Gabrielle vint à mourir et, dès lors, Marguerite se décida. « Si j’ay ci-devant usé de longueurs et interposé des doutes et difficultés, écrivitelle à Sully en 1599, vous en scavez aussi bien les causes, ne voulant voir en ma place une telle décriée bagasse que j’estimais indigne de la posséder. »

Henri IV accorda tout ce qui lui fut demandé : « Ah ! dit-il, la malheureuse sait bien que je l’ai toujours aimée et honorée et elle point moy, et que ses mauvais déportements nous ont fait séparer, il y a longtemps, l’un de l’autre ». Le mariage, vicié par divers cas de nullité, fut promptement annulé à Rome et le Roi en fit part à Marguerite, par une lettre du 20 décembre 1 604, dans laquelle il l’appelait ma sœur et non plus, comme auparavant, m'amye. « Les délégués de N. S. P. le Pape, pour juger la nullixté de nostre mariage, ayant enfin donné leur sentence à notre commun désir et contentement, je n’ay voulu différer plus longtemps à vous visiter sur telle occasion, tant pour vous en informer de ma part que pour vous renouveler les assurances de mon amitié. Si Dieu a permis que le lien de nostre conjonction ait été dissous, sa justice divine l’a faict autant pour nostre particulier repos que pour le bien public du Royaume. Je désire aussi que vous croyés que je ne veulx pas moins vous chérir et aimer pour ce qui est advenu que je faisois devant, au contraire vouloir avoir plus de soing de tout ce qui vous concerne'

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