‹ Le château de la MuetteChapitre 139 sur 181 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

tecte Chalgrin. Le 22 septembre de la même année, Rosalie devint la femme de Filleul. Elle était, paraît-il, très jolie. « Nous ne pouvions passer dans la grande allée du Palais- Royal, Mlle Bocquet et moi, écrivait plus tard son amie, sans fixer vivement l’attention. Mlle Bocquet était fort belle. A dix-neuf ans, elle eut la petite vérole, ce qui intéressa si généralement que, de toutes les classes de la société, une foule de gens s’empressaient de venir s’informer de ses nouvelles et que l’on voyait, sans cesse, une grande quantité de voitures à sa porte. A cette époque réellement, la beauté était une illustration. Mlle Bocquet avait un talent remarquable pour la peinture*. » Rosalie se décida, dit-elle dans une lettre du 26 mai 1787 adressée au baron de Breteuil, « à épouser un mari qui avait le double de son âge, par la perspective d’exercer la place de concierge du château de la Muette, jusqu’au dernier de ses jours ». Le 14 juin 1780, un fils leur naquit, à la Muette et fut baptisé, le surlendemain, dans l’église de Passy.

Peu après, Rosalie obtint des commandes de portraits princiers et reçut le titre ambitionné de peintre de la famille royale. Plusieurs de ses tableaux, notamment un charmant portrait des ducs de Berry et d’Angoulême jouant avec un chien (n° 3908), figurent au château de Versailles.

La place de concierge était bonne; elle rapportait 14 000 livres, dont 12200 à titre d’appointements et 1 800 livres de revenant bon^. Rosalie, devenue la favorite de la

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