Lettres missives de Henri IV, vol. V, p
2. « Pluvinel, qui n’était guère plus subtil que ses chevaux, dit à M. de Souvray : « Ne vous disais-je pas bien que cette méchante femme « nous dirait quelque injure! » M. de Souvray lui-même n’était guère plus habile. On avait fait des vers où l’on disait de lui qu’il n’avait de Ghiron que le train de derrière. » {Tallemant de Réaux, I, p. 165.)
CHARLES IX ET MARGUERITE DE VALOIS
Héroard raconte, dans son Journal, qu’il a vu Marguerite, à genoux devant le lit de Marie de Médicis, Henri IV étant assis sur le lit, près du Dauphin qui jouait avec un petit chien.
Marguerite n’habitait pas habituellement la Muette. Elle s’installa d’abord à l’hôtel de Sens, au faubourg Saint- Germain, puis dans un palais situé sur l’emplacement des rues de Seine et des Saints-Pères et dont la chapelle existe encore à l’Ecole des Beaux-Arts. Elle témoignait une grande affection à un gentilhomme nommé Saint- Julien. Celui-ci ayant été assassiné, elle exigea le supplice du meurtrier et voulut y assister, d’une de ses fenêtres. 11 est vrai qu’elle s’évanouit. Elle s’intéressa ensuite à un musicien du nom de Villars, qui avait toujours, disent les Mémoires^ c< des chausses troussées et des bas d’attache, quoique personne n’en portât plus. Gela n’empêchait point que la bonne Reine ne fût bien dévote et bien craignant Dieu ». D’ailleurs, dit Tallemant des Réaux : « Hors la folie de l’amour, elle était fort raisonnable. Elle avait l’esprit fort souple et savait s’accommoder au temps. »
Marguerite aimait à recevoir les artistes et les savants et elle les réunissait souvent à sa table. Elle regardait fort peu à la dépense. « Elle était, dit Hardouin de Péréfîxe, libérale jusqu’à la prodigalité, pompeuse et magnifique, mais ne savait pas ce que c’était de payer ses dettes », et lorsque « son frère » Henri IV lui recommandait de « se montrer plus ménagère » elle répondait que « la prodigalité est un vice de famille ». Le Roi assistait, d’ailleurs, aux fêtes qu’elle aimait à donner; en retour il exigea