CHAPITRE IX
à Florence, à Venise, au bruit de tous les échos de la renommée, de toutes les jouissances de la gloire ^ » Deux opéras-bouffes, la fuga in maschera et la Finta filosofa furent joués à Naples en 1799. Le Roi Ferdinand ayant été obligé de fuir en Sicile, Spontini le suivit à Palerme, où il passa deux années, pendant lesquelles il donna plusieurs opéras, qui furent reçus avec les mêmes applaudissements. Après un nouveau séjour en Italie, le jeune compositeur se décida à partir pour la France.
Il n’avait pas encore trente ans, lorsqu’il arriva à Paris en 1803, précédé d’une véritable réputation. Le théâtre italien de Favart monta, de suite, la Finta filosofa, qui retrouva un succès égal à celui de Naples. L’Impératrice Joséphine, qui assistait à la première représentation, fut charmée et elle nomma Spontini son compositeur et directeur de sa musique. Un nouvel opéra, Milton, joué en 1804, réussit également, mais, en 1805, la Petite Maison fut accueillie par un tel tumulte que la représentation n’en put pas s’achever. Une violente cabale avait été montée contre le compositeur étranger, mais celui-ci ne se découragea pas et se remit avec ardeur au travail. En 1806, il présenta à l’Impératrice, la partition de la Vestale : l’Académie impériale de musique refusa de jouer l’opéra; Joséphine obtint cependant qu’on le mit en répétition, mais l’orchestre se révolta. L’Empereur fît alors exécuter aux Tuileries une partie de la partition. « Votre ouvrage, dit-il à l’auteur, abonde en motifs nouveaux, la déclamation en est vraie, et s’accorde avec le sentiment musical,
1. Éloge prononcé à l’Institut par le secrétaire perpétuel Raoul Rochette.
LES TROIS ÉlURD.
il y a de beaux airs, des idées d’un effet sûr, un final entraînant. La marche du supplice me paraît admirable. »
Enfin, la Vestale fut représentée à l’Opéra, le 15 décembre 1807, le succès fut extraordinaire. En peu de temps, il y eut à Paris trois cents représentations, et l’opéra fut constamment joué à Naples, pendant trois années, puis, en 1811, à Berlin, enfin il obtint le grand prix décennal institué par Napoléon.
A la suite du succès de la Vestale, l’Empereur demanda à Spontini de composer un opéra sur Oreste, puis, se ravisant, il lui indiqua pour sujet : Fernand Cortez : on était en 1808 et la guerre d’Espagne commençait. Esménard et Jouy écrivirent le poème. La première représentation eut lieu le 2 décembre 1809 et ce fut un triomphe. « L’effet de tant de beautés neuves, brillantes et hardies, fut aussi vif, aussi rapide, aussi général qu’il pouvait l’être. Fernand Cortez parcourut l’Europe entière h »
L’année suivante (1810), Spontini était nommé directeur de l’Opéra italien de Paris. Ce fut peu après qu’il épousa Céleste Erard. Le mariage fut célébré le 25 juillet 1811.
L’année suivante, Spontini quitta la direction de l’Opéra, mais il resta à Paris, auprès de son beau-père J. -B. Erard et, le 19 novembre 1817, il obtint des lettres de grande naturalisation. Les ouvrages qu’il donna à l’Opéra, pendant la fin de l’Empire et au début de la Restauration : Pelage, la Colère d'Achille, Louis IX en Egypte n’eurent qu’un nombre assez restreint de représentations. L’opéra XOlympie, composé sur un livret de M. Briffaut, de l’Académie fran-