‹ Le château de la MuetteChapitre 156 sur 181 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

çaise, et qui fut joué à la fin de 1819 fut lui-même accueilli assez froidement; les représentations, en furent, d’ailleurs, interrompues, à la suite de l’assassinat du duc de Berry, qui assistait, le 20 janvier 1820, à l’une des représentations. Le théâtre de l’Opéra fut fermé et la salle bientôt après démolie. En revanche, à l’étranger et notamment en Allemagne, Olympie obtint un succès éclatant : Weber et les grands artistes de Berlin le considéraient comme un ouvrage de premier ordre.

Le Roi de Prusse, Frédéric-Guillaume III, qui avait, pour le talent de Spontini, la plus grande admiration, lui offrit alors le titre de surintendant de sa musique, de maître de sa chapelle et de directeur de son opéra. Pendant vingt ans, de 1820 à 1840, l’illustre compositeur demeura à Berlin. Il y donna plusieurs opéras, notamment Nurmahal, en 1824, Alcidor, en 1825 et Agnès de Hohenstaufen en 1829: ce dernier réussit particulièrement; il « marque le plus haut degré de la carrière musicale de l’auteur, par les honneurs extraordinaires qu’un peuple enthousiaste lui rendit, en cette soirée mémorable ». Malheureusement ces opéras allemands n’ont pas été joués en France.

Ce fut pendant son séjour à Berlin que Spontini connut Chateaubriand, qui semble avoir été aussi frappé par la musique du Maestro que par la conversation de son épouse ; c( Mme Spontini, dit-il, était agréable, mais elle semblait expier la volubilité du langage des femmes, par la lenteur qu’elle mettait à parler : chaque mot, divisé en syllabes, expirait sur ses lèvres; si elle avait voulu dire : Je vous aimey l’amour d’un Français aurait pu s’envoler, entre le commencement et la fin de ces trois mots. Elle ne pouvait

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pas linir mon nom et elle n’arrivait pas au bout sans une certaine grAce*. »

Le 15 juin 1839, Spontiiii qui était, depuisle 2 avril 1831, correspondant de l’Institut, eu fut élu membre titulaire, dans la section de composition musicale de l’académie des lleaux-Arts. Il quitta délinitivement la Ib’usse et vint habiter Paris.

Tels étaient donc, au moment où Pierre Erard s’installa délinitivement à la Muette, les habitants de cette grande demeure : d’abord les représentants d’une autre génération, c’est-à-dire les trois tantes non mariées, trois bonnes et honnêtes créatures. Alsaciennes do goûts, d’idées et surtoutd’accent, mais Alsaciennes aussi de sentiments, c’est-àdire profondément françaises, puis la génération nouvelle : à coté de Mme Erard, M, et Mme Spontini. Spontini attirait naturellement ses confrères do l’Institut : Auber, Halévy, Adolphe Adam, Ingres, Horace Vernet, Paul Delaroche, Hersent, Pradier ^ etc.

Erard aimait, en outre, à réunir les célèbres artistes, non seulement les pianistes les plus éminents tels que Listz et Thalberg, mais aussi les cantatrices et les chanteurs les plus renommés : la Grisi, l’Alboni, la Erezzolini, iMario, Lablache, etc.

Tout en goûtant les joies du foyer, Erard continuait à travailler assidûment. L’exposition qui eut lieu à Paris, en 1839, lui valut la médaille d’or, accompagnée d’un rapport très élogieux du Jury; à celle de 1819, ayant épuisé toutes

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