CHAPITRE X
LE DERNIER DEMI-SIÈCLE
La mort d’Érard frappa sa veuve en plein cœur. La perte de celui qu’elle avait si uniquement, si tendrement, si passionnément chéri, fut un de ces deuils dont rien ne saurait consoler. Seule désormais dans la vie, n’ayant jamais eu d’enfants, se trouvant à la tête d’une grande industrie qu’elle ne pouvait diriger elle-même, elle fit appel au dévouement de son beau-frère M. Schaeffer. Celui-ci, qui aimait infiniment l’Alsace et qui avait, au barreau de Strasbourg dont il avait été bâtonnier, une situation excellente, ne crut cependant pas pouvoir refuser le sacrifice qui lui était demandé. Il vint donc, avec Mme Schaeffer et ses deux enfants, s’installer à Paris, dès l’automne de l’année 18fi5. Il prit la direction de la maison de Paris, tandis que M. Bruzaud était placé à la tête de celle de Londres. Ce ne fut pas sans peine qu’il se fit à cette nouvelle vie, et qu’il s’habitua à des occupations si différentes de celles d’autrefois ; il réussit cependant à se mettre au courant de sa nouvelle besogne et, grâce à son aimable caractère, à son extrême bonté, il réussit à se