‹ Le château de la MuetteChapitre 29 sur 181 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Et d’une promptitude habile Gagna les remparts de la ville

Bref d’Arras se sauva belle erre En un pareil jour que saint Pierre Qui tient les clés du Paradis Se sauva de Rome jadis ^

Mme de Schulemberg, échappant aux troupes que son mari avait envoyées à sa poursuite, parvint à gagner Bruxelles, où le prince de Ligne lui donna asile, jusqu’à la mort du Maréchal. Devenue veuve, elle rentra en France et s’installa en Picardie, où elle mourut le 26 janvier 1675.

Quant au cruel époux, sa scandaleuse conduite envers sa femme ne l’avait pas empêché d’obtenir de nouvelles faveurs. Il fut nommé gouverneur de l’Artois et chevalier des ordres : ce fut à cette époque qu’il changea de nom et prit celui de comte de Schulemberg. La paix des Pyrénées, conclue en 1659, mit fin à sa carrière militaire. Il vint alors à Paris et acheta, de Saint-Ange, la capitainerie de Madrid et de la Muette. Sur ces entrefaites, l’abbé de Saint-Éloy, Le Boy, ayant dénoncé tous les abus dont il avait été témoin, une enquête fut faite par Courtin, qui devint depuis intendant de Flandre et d’Artois. Le résultat fut que l’on retira à Schulemberg le gouvernement de l’Artois; il est vrai qu’on lui donna, en compensation, celui du Berry. Dès lors, le Maréchal s’enferma presque constamment àMontdejeux. Ce fut là qu’il mourut, en 1671 , à l’âge de soixante-treize ans, absolument ruiné par ses folies et par la banqueroute d’un sieur de Bar, auquel il avait confié presque toute sa fortune.

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