‹ Le château de la MuetteChapitre 46 sur 181 · Saint-Simon, Mémoires, vol. XII, p · texte numérisé non relu

Saint-Simon, Mémoires, vol. XII, p

LA DUCHESSE DE BERRY

aumôniers du Roi tinrent le poêle, le Roi, les personnes royales, les princes et les princesses du sang et les bâtards présents..., les tribunes toutes magnifiquement remplies. Après la messe, le curé apporta son registre sur le prie-Dieu du Roi, où il signa et les seules personnes royales.... » Après le repas qui eut lieu ensuite, le Roi alla dans l’aile neuve de l’appartement des mariés... le cardinal de Janson fit la bénédiction du lit. Le coucher ne fut pas long. Le Roi donna la chemise à M. le duc de l^erry.... Les mariés couchés, M. de Reauvilliers et Mme de Saint- Simon tirèrent le rideau, chacun de leur côté, non sans rire un peu d’une telle fonction L »

c( La duchesse de i^erry, dit Saint-Simon, était un prodige d’esprit, d’orgueil, d’ingratitude et de folie et c’en fut un aussi de débauche et d’entêtement. A peine fut-elle huit jours mariée qu’elle commença à se développer, sur tous ces points, que la fausseté suprême qui était en elle et dont même elle se piquait comme d’un excellent talent, ne laissa pas d’envelopper un temps, quand l’humeur la laissait libre, mais qui la dominait souvent. On s’aperçut bientôt de son dépit d’être née d’une mère bâtarde et d’en avoir été contrainte, quoique avec des ménagements infinis, de son mépris pour la faiblesse de M. le duc d’Orléans et de sa confiance en l’empire qu’elle avait sur lui, de l’aversion qu’elle avait conçue contre toutes les personnes qui avaient eu part à son mariage, parce qu’elle était indignée de penser qu’elle pût avoir obligation à quelqu’un et elle eut bientôt après la folie, non seulement de l’avouer, mais de s’en vanter. Ainsi elle ne tarda pas 1. Saint-Simon, Mémoires, vol. VIII, p. 335.

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