‹ Le château de la MuetteChapitre 48 sur 181 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

sans parler si haut, ne parla pas moins fermer » Elle dut se soumettre, tout au moins en apparence.

Le Régent, d’ailleurs, n’avait cessé d’aimer de plus en plus sa fille : « il la craignait aussi et elle, qui sentait cet

ascendant qu’elle avait, en abusait continuellement

M. le duc de Berry se laissait aller souvent contre ce qu’il pensait et voulait et, s’il osait la contredire, il en essuyait les plus terribles scènes.... M. le duc d’Orléans ne tenait pas plus que lui devant elle et, si elle pensait lui faire entendre raison, les injures ne lui coûtaient rien, elle le traitait comme un nègre, tellement qu’il ne songeait après qu’à l’apaiser et à en obtenir son pardon, qu’elle lui faisait bien acheter ^ »

Les mœurs de la Princesse n’étaient malheureusement pas meilleures que son caractère. « Elle voulut à toute force se faire enlever, au milieu de la Cour, par La Haye, écuyer de M. le duc de Berry, qu’elle avait fait son chambellan. Les lettres les plus passionnées et les plus folles de ce projet ont été surprises et d’un tel projet le Roi, son père et son mari pleins de vie, on peut juger de la tète qui l’avait enfanté et qui ne cessait d’en presser l’exécution L »

« La Haye était un grand homme sec, à taille contrainte, à visage écorché, l’air sot et fat, peu d’esprit et bon homme de cheval.... Les lor‘2:neries dans le salon de Marly étaient aperçues de tout ce qui y était et nul présence ne les contenait. Lorsqu’elle lui parla d’enlèvement,

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