Ibid., VIII, p
LA DUCHESSE DE BERUY
La Haye pensa mourir d’effroi de la proposition qu’elle lui en fît elle-même et elle de la fureur où la mirent ses représentations. Des conjurations les plus pressantes, elle en vint à toutes les injures que la rage pouvait lui suggérer et que les torrents de larmes lui purent laisser prononcer. La Haye n’en fut pas quitte pour une attaque tantôt tendre, tantôt furieuse. Il était dans le plus mortel embarras... à la fin, elle cessa ses poursuites, mais la passion continua jusqu’après la mort de M. le duc de Berry ^ »
Si épris qu’il ait été au début de son union, si grande qu’ait été sa patience, le duc de Berry finit par se révolter. c< Les particuliers journaliers et sans fin de la Princesse avec M. le duc d’Orléans, le mettaient hors des gonds. Il y eut entre eux des scènes violentes et redoublées. La dernière, qui se passa à Rambouillet, attira un coup de pied dans le c... à jime la duchesse de Berry et la menace de l’enfermer dans un couvent, pour le reste de sa vie et le Prince en était, quand il tomba malade, à tourner son chapeau autour du Roi, comme un enfant, pour lui déclarer toutes ses peines et lui demander de le délivrer de Mme la duchesse de Berry ^ » Cette délivrance, ce fut la mort qui la lui apporta.
« Le lundi 30 avril 1714, le Roi prit médecine; sur les six heures du soir, il entra chez M. le duc de Berry qui avait eu la fièvre, toute la nuit. Il fut saigné, le Roi dans sa chambre, et le sang fut trouvé très mauvais.... Dès ce jour-là, je sus qu’en croire. Bouldeu, apothicaire du Roi me glissa à l’oreille qu’il n’en reviendrait pas et