CHAPITRE III
qu’avec quelques petits changements, c’était au fond la même chose qu’à M. le Dauphin et Mme la Dauphine. Il me le confirma, le lendemain et me dit que nul des médecins qui voyaient le Prince n’en doutait. Ces médecins en demeurèrent persuadés, dans la suite et s’en expliquèrent même assez familièrement.
« Mme la duchesse de Berry fit demander au Roi la permission de venir. La vérité est qu’elle n’avait pas plus envie de venir que M. le duc de Berry le désir de la voir, qui ne proféra jamais son nom, ni n’en parla indirectement même. » Le Roi refusa.
« Le jeudi 3 mai, le Prince reçut les sacrements, en présence du Roi, avec beaucoup de dévotion et de respect. Il expira, le vendredi 4 mai, à quatre heures du matin, en sa vingt-huitième année L »
Les médecins, au dire de Narbonne^, « lui avaient donné de l’émétique, sans connaître la cause de sa maladie. Il est inconcevable combien de princes et princesses périssent par l’ignorance de leurs médecins. » On fit circuler contre eux l’épitaphe suivante :
Cy gisent les nobles mânes De Charles duc de Berry Par le cheval a-t-il péri?
Non, c’est par quatre ânes.
Les médecins n’avaient pas été aussi ignorants qu’on le disait. « La nature du mal qui avait emporté le duc de Berry ne tarda pas, dit Saint-Simon, à devenir publique et le contre-coup en fut pareil à celui des précédentes